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Les femmes autochtones ont été victimes d’un « génocide tout court », avance la commissaire Audette

Michèle Audette, commissaire, Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Michèle Audette, commissaire, Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les femmes autochtones ont été victimes d'un génocide au Canada, soutient la commissaire Michèle Audette, qui entend délaisser le terme « génocide culturel », largement employé depuis la Commission vérité et réconciliation, dans le rapport très attendu de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA).

Si la Commission a reconnu que le Canada s’était rendu responsable d’un « génocide culturel », la commissaire Michèle Audette compte désormais utiliser le terme « génocide », tel que le conçoivent les Nations unies.

« On parle [maintenant] d’un génocide tout court. On va beaucoup plus loin », a assuré la commissaire en entrevue au Téléjournal avec Céline Galipeau, mercredi soir.

En décembre 2015, lors du dépôt de son rapport, la Commission vérité et réconciliation admettait que le gouvernement avait « détruit » et s’était « approprié » ce qui permettait alors aux peuples autochtones d’exister – « ses institutions, son territoire, sa langue et sa culture, sa vie spirituelle ou sa religion et ses familles ». Par définition, il s’agissait alors d’un génocide culturel, pouvait-on y lire.

« Mais lorsqu’on regarde la définition des Nations unies, il est très clair que [la situation des femmes autochtones au Canada] répond aux cinq points qui expliquent ce qu’est un génocide », affirme Mme Audette.

« C’est triste à dire, mais les femmes autochtones ont été affectées par une ou plusieurs formes de génocides, ici, au Canada », assure-t-elle.

Le génocide, selon les Nations unies, se manifeste par :

  • le meurtre de membres du groupe visé;
  • l’atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale des membres du groupe;
  • la soumission intentionnelle du groupe à des conditions de vie entraînant sa destruction physique totale ou partielle;
  • des mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
  • le transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. 

Source : Nations Unies, Convention de 1948

Après avoir entendu des milliers de témoignages, les commissaires de l’ENFFADA doivent rendre leur rapport final et formuler des recommandations le 30 avril prochain.

Saluant le courage de celles qui ont osé venir partager leur histoire, Michèle Audette confie que l’expérience l’a laissée « très amère ».

« On voit que le fait d’être femme et de donner vie à une fille, c’est déjà hypothéquer son présent et son avenir. [Surtout s’il s’agit d’une] fille autochtone », ajoute-t-elle.

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