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Près d'une centaine d'avocats demandent au gouvernement de traiter les 18 000 dossiers d’immigration

Le ministre parle derrière un lutrin.

Dans leur lettre ouverte adressée à Simon Jolin-Barrette, ministre québécois de l'Immigration, les 94 signataires rappellent que la décision du gouvernement caquiste touche au moins 50 000 personnes.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Radio-Canada

L'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration s'oppose à la volonté du gouvernement Legault de mettre à la poubelle plus de 18 000 demandes de Certificat de sélection du Québec (CSQ) et l'exhorte à rassurer ces candidats à l'immigration qui demeurent « sans réponse ».

Dans une lettre ouverte adressée au ministre québécois de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, les 94 signataires rappellent que la décision du gouvernement touche « au moins 50 000 personnes dont le rêve et le projet phare se matérialisaient par une intégration et un établissement » dans la province. Ils soulignent par la même occasion l’urgence d’agir.

« Il est temps de rassurer ces milliers de personnes et de prévoir des modifications au projet de loi 9 », peut-on y lire.

Au coeur de cette affaire : plus de 18 000 dossiers présentés par des candidats au Programme régulier des travailleurs qualifiés (PRTQ). Ces demandes s'empilent sur les bureaux des fonctionnaires du ministère de l'Immigration, selon le gouvernement Legault, qui estime qu'il faudrait environ trois ans pour traiter tous ces dossiers.

Les avocats rappellent que le nouveau système Arrima, par lequel les candidats à l'immigration peuvent déposer une déclaration d’intérêt, est « un projet nécessaire » pour « un meilleur arrimage entre le marché du travail et les immigrants sélectionnés ». Toutefois, ce projet n’est toujours pas en place, déplorent-ils, soulignant « plusieurs aléas » et une « mise en œuvre rapide [qui] s’avère illusoire ».

Dans une déclaration d’intérêt, le candidat fournit une série d'informations (formation, scolarité, compétences linguistiques, expériences de travail) au ministère de l'Immigration. Ce dernier offre ensuite un certificat de sélection du Québec à ceux et celles qui répondent le mieux aux besoins du marché du travail.

Rappelant au ministre que le Québec fait face à une pénurie de main-d’œuvre, les avocats plaident pour que le gouvernement mette en œuvre tous les efforts nécessaires pour attirer les candidats « les plus intéressants et qualifiés » de la province.

« 18 000 dossiers sont prêts, ils sont complets et n’attendent que le sceau de votre ministère pour répondre aux besoins de nos entreprises », écrivent-ils.

La réputation du Québec à l’international en prend un sérieux coup et les effets d’une telle mesure perdureront longtemps.

Extrait de la lettre de l’Association québécoise des avocats et avocates en droit de l’immigration

Les signataires reprennent la proposition déjà exprimée par l’opposition : traiter les dossiers au lieu de payer pour le remboursement des frais encourus.

« Plutôt que de payer 19 millions de dollars et les frais administratifs nécessaires pour se débarrasser de milliers de dossiers, ne serait-il pas plus judicieux d’investir ce même montant pour les étudier rapidement », demandent-ils.

« Dans le meilleur intérêt de tous, concluent les avocats, nous vous demandons officiellement de traiter ces dossiers, de rassurer la population, et ce, tout en travaillant ensemble à parfaire le nouveau système sans préjudicier nos candidats actuels. Qu’on en prenne plus ou qu’on en prenne moins, avant toute chose, l’important c’est d’en prendre soin. »

À l’instar de l’Association, l’opposition a dénoncé la réforme du gouvernement Legault, jugeant le projet de loi 9 « inhumain » et inacceptable ».

Supprimer ces 18 000 dossiers représente un « grave manque de considération » pour les immigrants qui s’étaient pliés au processus et qui se voient pénalisés, ont plaidé le Parti libéral, le Parti québécois et Québec solidaire.

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