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La réalité virtuelle pour soigner le stress post-traumatique des militaires

La capitaine Anna Harpe marche sur un tapis roulant alors que l'image d'un hélicoptère atterrissant dans un nuage de poussière est projettée devant elle. Le colonnel Jetly est debout près d'elle et lui parle.
En tout, 45 militaires d'Edmonton souffrant de choc post-traumatique testeront une thérapie par réalité virtuelle, dans le cadre d'un projet de recherche mené par le Consortium de recherche Heroes in Mind. Photo: Radio-Canada / Mirna Djukic
Radio-Canada

Plus d'un militaire canadien sur dix souffrira d'un trouble de stress post-traumatique (TSPT) au cours de sa vie, selon Statistique Canada. Un consortium de recherche albertain teste un traitement novateur pour les aider grâce à la réalité virtuelle.

Un texte de Mirna Djukic

Il s'agit de la thérapie multimodale de désensibilisation et de reconditionnement de la mémoire par le mouvement, ou 3MDR.

Le patient prend place sur un tapis roulant. Devant lui, des images qui lui rappellent une expérience traumatisante sont projetées sur un énorme écran en demi-lune, au son d’une musique calme. Un psychiatre à ses côtés le guide à travers six scénarios courtsqui lui permettent d’apprendre à gérer les émotions que ces stimuli suscitent.

La capitaine Anna Harpe a fait le test. Même si elle ne souffre pas du TSPT, elle a immédiatement constaté des effets positifs de cette expérience.

« J'ai été surprise de voir à quel point j’étais [...] tendue et stressée, et chaque fois que j’avançais vers une photo ou [un stimulus], je commençais à me sentir plus à l’aise. Je voyais une différence en moi-même », raconte-t-elle. « Donc, pour quelqu’un qui a un vrai traumatisme qui le suit partout, ça va être extraordinaire, parce qu’il va être capable de faire face à ses inquiétudes et à ses anxiétés […] dans un environnement sécuritaire ».

Ce traitement est encore expérimental, mais il suscite beaucoup d’espoir, notamment dans l’Armée canadienne. Celle-ci a investi des centaines de milliers de dollars dans un projet de recherche piloté par le consortium Heroes in Mind, de l’Université de l’Alberta, pour tester son efficacité.

Pendant la première phase du projet, les chercheurs vont recruter 45 soldats de la base militaire d’Edmonton qui sont atteints de troubles post-traumatiques et pour qui les traitements traditionnels n’ont pas fonctionné.

S’ils obtiennent de bons résultats au bout de deux ans, ils entameront des études à plus grande échelle.

C’est le deuxième projet du genre au Canada, après le premier qui a commencé en 2015, à l’Hôpital d’Ottawa.

Rakesh Jetly parle à la capitaine, une jeune femme blonde, qui porte un uniforme militaire et un harnais.Le psychiatre militaire Rakesh Jetly prépare la capitaine Anna Harpe à participer à une démonstration de la thérapie par réalité virtuelle 3MDR, à l'Hôpital Glenrose, d'Edmonton. Photo : Radio-Canada

Un traitement qui sort des sentiers battus

Le 3MDR a été mis au point par l’armée néerlandaise il y a quelques années. Plusieurs projets pilotes sont en cours dans différents pays, et leurs premiers résultats devraient être publiés ce printemps.

Le colonel Eric Vermetten, directeur de la recherche militaire aux Pays-Bas, est un des créateurs de ce traitement. Il assure que les résultats seront positifs.

Selon lui, le 3MDR permet aux patients de se sentir beaucoup plus impliqués dans leur traitement. Ce sont eux qui choisissent les stimuli auxquels ils seront exposés et qui choisissent de marcher dans leur direction pendant la simulation.

« [« Le médecin] peut agir comme un guide et dire : "On va faire ça ensemble, je vais vous aider." », explique-t-il. « Le but c’est que les patients [...] puissent se dire : "Non, ce n’est pas vous qui m’avez guéri, je l’ai fait moi-même. " »

Le 3MDR exige cependant un appareil de simulation virtuel particulier qui coûte plus de 1 million de dollars. Seuls deux hôpitaux, un à Edmonton et l’autre à Ottawa, ont l’expertise et l’équipement nécessaires pour offrir ce traitement.

Le Consortium de recherche Heroes in Mind et l’armée canadienne étudient cependant des options moins coûteuses et plus légères.

Alberta

Santé mentale