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Une Première Nation sans eau potable annule le contrat de construction d’une usine de traitement d'eau

Une couverture sur des tuyaux dans une usine.

Des couvertures sont utilisées pour réchauffer des tuyaux dans l'usine qui n'est toujours pas chauffée.

Photo : CBC/Christina Jung

Miguel Lachance

Le chef de la Première Nation de Neskantaga, Wayne Moonias, a rompu le contrat signé avec l'entreprise Kingdom Construction pour la construction d'une usine de traitement d'eau. La mise en place de cette nouvelle infrastructure a déjà été reportée à plusieurs reprises.

Le chef autochtone a dit aux ouvriers de cesser immédiatement les travaux et de rentrer chez eux, sans donner plus de détails sur sa décision ni sur les prochaines étapes.

Un point de presse dans une communauté autochtone.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le chef Wayne Moonias a été avare de commentaires. Le grand chef de la Nation Nishnawbe Aski, Alvin Fiddler (deuxième à partir de la droite), était présent lors de l'annonce.

Photo : CBC/Christina Jung

De son côté, le gestionnaire de projet n’a pas voulu commenter la situation.

L’usine, dont la construction a été annoncée en 2016, doit permettre de lever l’avis d'ébullition d’eau, en vigueur depuis 1995 dans cette communauté du Nord-Ouest de l'Ontario.

La fin de la construction était prévue au printemps 2018, puis avait été repoussée à mars 2019.

Des représentants de la Nation Nishnawbe Aski et de Matawa First Nations Management se sont rendus mercredi à Neskantaga, accessible seulement par avion, en compagnie de quelques journalistes pour constater l’état des travaux.

C’est à la suite de cette visite que le chef Moonias a annoncé sa décision.

Il demande à Services aux Autochtones Canada de démanteler la station temporaire de purification par osmose inversée et de fournir de l’eau en bouteilles aux résidents tant que l’avis d’ébullition sera en vigueur.

Un purificateur d'eau.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le système temporaire installé à Neskantaga brise souvent selon le chef Moonias.

Photo : CBC/Christina Jung

Dans un courriel envoyé jeudi à Radio-Canada, le ministère des Services aux Autochtones indique se pencher sur le cas afin de déterminer l'état actuel du projet [de construction d'une usine de traitement des eaux] et établir une marche à suivre.

Retard dans les travaux

Ottawa avait prévu 8,8 millions de dollars pour l’usine, mais Kingdom Construction avait offert de la construire au coût de 5 millions de dollars.

Depuis le début du projet, l’entreprise a connu plusieurs problèmes, notamment avec une bétonnière et d’autres équipements.

Une bétonnière.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La compagnie Kingdom Construction blâme en partie cette bétonnière pour les retards.

Photo : CBC

Selon le chef de Neskantaga, Wayne Moonias, l'entreprise a perdu deux mois, en 2017, parce qu’elle n’avait pas d’équipement adéquat.

La décision de la Première Nation déçoit l'entreprise Kingdom Construction, qui espère un rétablissement du contrat.

Le gestionnaire des opérations de l'entreprise, Gordon Heslop, souligne que Neskantaga aurait été la quatrième communauté autochtone à se doter d'une usine de traitement des eaux grâce à Kingdom Construction.

Le premier ministre répète sa promesse

Justin Trudeau, qui était de passage dans le Nord de l’Ontario mercredi, a réitéré la promesse de son gouvernement d’éliminer tous les avis d’ébullition d’eau dans les communautés autochtones d’ici mai 2021.

Trois hommes à l'extérieur dans un paysage hivernal.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Justin Trudeau en compagnie des députés Marc Serre et Paul Lefebvre à Sudbury le 13 février.

Photo : CBC/Martha Dillman

On est en mesure de dire qu’on va y arriver, a-t-il déclaré lors d’un point de presse dans le Grand Sudbury.

On en a éliminé 78 et on continue de travailler sur les autres. Je suis certain que de l’eau potable dans nos communautés autochtones, ça va être une réalité d’ici la date d’échéance.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Soixante-deux communautés autochtones du pays sont toujours sans eau potable.

Avec les informations de Christina Jung et Bienvenu Senga

Autochtones

Société