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Une Première Nation propose un cercle de médiation en réponse à des propos racistes

La réserve de la nation crie Opaskwayak se situe tout près de la ville de The Pas, dans le nord-ouest du Manitoba.
La Première Nation crie d'Opaskwayak veut permettre, via le processus de justice réparatrice, de faire comprendre les sept enseignements sacrés. Photo: Radio-Canada

La Première Nation crie d'Opaskwayak recommande que deux femmes du Manitoba passent la prochaine année à étudier les cultures autochtones et leurs histoires en suivant des actions de réconciliation afin de se racheter de messages à caractères racistes qu'elles ont partagés sur les réseaux sociaux.

Dans un message publié mercredi, la Première Nation explique que « sachant que ce serait le premier cercle de médiation de ce type au Canada, nous voyons là une façon de transformer une situation grave en une occasion d’enseignement et de réconciliation ».

Ce cercle de médiation unique a été proposé après que deux femmes non autochtones de Flin Flon au Manitoba, ainsi qu’une troisième de Denare Beach en Saskatchewan, ont été accusées de publication de commentaires racistes en juillet dernier.

Elles proposaient alors de créer une « journée du tir sur les Indiens » ou faisaient appel à une « une purge de 24 heures ». Ces commentaires sont survenus après qu’un véhicule appartenant à l’une des femmes ait fait l'objet d'un acte de vandalisme.

Après une enquête et une consultation avec l’avocat général du Manitoba, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a proposé de transférer les dossiers des deux femmes manitobaines à un processus de justice réparatrice.

« C’est une opportunité historique d’appliquer une justice réparatrice depuis une perspective de Première Nation, nous permettant d’y inclure des conditions basées sur les sept enseignements sacrés », explique le chef Christian Sinclair de la Première Nation crie d'Opaskwayak.

Le cercle de médiation recommande que les femmes accomplissent plusieurs tâches, basées sur les enseignements sacrés de la culture crie : le courage, le respect, la vérité, l'honnêteté, l’amour, la sagesse et l’humilité.

Des ateliers pédagogiques

Les femmes devront s'inscrire à des ateliers sur la gestion de la colère, la violence domestique ainsi qu’un camp sur les pensionnats autochtones, organisés par des équipes de la Première Nation d'Opaskwayak.

Elles seront également suivies par des thérapeutes en santé mentale et devront écrire des lettres d’excuses qui seront distribuées aux médias par l’entremise de la GRC.

Elles devront effectuer 80 heures de services communautaires pour une Première Nation et écrire un essai ou un article de recherche sur une problématique autochtone.

Les deux femmes ne pourront pas utiliser les réseaux sociaux tels que Facebook ou Twitter.

Dans la mesure où les limites du modèle de justice réparatrice sont fixées à quatre mois, la Première Nation d'Opaskwayak recommande de les étendre à un an.

Si les femmes refusent ces conditions, leur cas sera transféré au système de justice criminelle.

Le cercle de médiation s’est tenu le 19 janvier. Il était mené par l’aînée Irene Young, qui travaille dans le système de justice réparatrice avec Manitoba Keewatinowi Okimakanak.

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