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Le président Trump lors d’une rencontre avec des shérifs à la Maison-Blanche à Washington le 11 février 2019.

Le président Trump lors d’une rencontre avec des shérifs à la Maison-Blanche à Washington le 11 février 2019.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Christian Latreille

Le président Trump aura beau tourner la question dans tous les sens, il a perdu la bataille de la construction du mur à la frontière avec le Mexique. Des 25 milliards qu'il réclamait il y a deux ans, il ne recevra finalement que 1,3 milliard. À peine assez d'argent pour bâtir une clôture de métal sur 88 kilomètres au lieu d'un « beau et grand » mur en béton s'étendant sur plus de 3000 km, de la Californie au Texas.

Cette obsession de muraille pour empêcher les clandestins latino-américains d’entrer aux États-Unis a meublé la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. Cette promesse est devenue un chant (build the wall) et un cri de ralliement que déclament encore ses partisans lors des grands rassemblements qu’affectionne le chef de la Maison-Blanche.

Mais il devient difficile pour le président de convaincre ses électeurs que le fameux mur sera un jour construit. L’entente de principe conclue cette semaine par les démocrates et les républicains ressemble à une gifle pour Donald Trump. « Non, je ne suis pas content, mais le mur se construit quand même pendant que je vous parle », a-t-il déclaré, mardi, après avoir compris qu’il n’aurait même pas les 5,7 milliards qu’il souhaitait.

Donald Trump est donc parti de la promesse de faire payer le mur par les Mexicains, ce qu’ils ont carrément refusé. Ensuite, il comptait sur l’appui du Congrès pour obtenir 25 milliards. Même les républicains ont refusé cette option. Puis, sont venues la demande de 5,7 milliards et la paralysie partielle du gouvernement. Et, enfin, ce maigre 1,3 milliard annonce une cuisante défaite pour Trump.

Le président des États-Unis ne pourra pas construire son mur comme prévu, même en allant chercher quelques milliards non dépensés dans différentes agences et différents départements gouvernementaux, qui verraient leur budget amputé pour une promesse politique. Une solution qui se discute présentement à la Maison-Blanche pour éviter à Donald Trump de déclarer l’état d’urgence. Cet état d’urgence lui permettrait, par exemple, d’utiliser de l’argent du ministère de la Défense.

Mise à jour 14 février

La Maison-Blanche annonce que le président Trump déclarera une situation d'urgence nationale pour contourner le Congrès et pouvoir ainsi financer le mur.

La frontière entre le Mexique et les États-Unis est longue de 3110 kilomètres, le mur existant est de 1052 kilomètres. Il manque donc 2058 kilomètres de mur à construire pour protéger les Américains contre ce que le président appelle « l’invasion de clandestins ». Une tâche gigantesque et impossible à réaliser avec la somme proposée par les démocrates et les républicains, lundi.

Une véritable farce, selon plusieurs commentateurs de la droite conservatrice qui considèrent toute cette question entourant le financement du mur de moins en moins drôle. L’animateur à Fox News Sean Hannity, un des plus fervents partisans du président Trump, a qualifié cette semaine la proposition du Congrès de « déchet ». Le républicain et leader du « freedom caucus », Mark Meadows, affirmait pour sa part qu’il n’y a qu’à Washington où l’on peut voir une demande de 25 milliards pour la sécurité à la frontière fondre à 1,3 milliard.

Le président Trump va continuer de claironner que le mur est en train de se construire et qu’il tient sa promesse. C’est ce qu’il répétait lundi soir à ses partisans, réunis à El Paso, une ville texane frontalière du sud. Mais dans la réalité, le temps manque et le mur devient un engagement électoral auquel de moins en moins d’Américains croient.

La dernière trouvaille des républicains : financer la construction du mur à l’aide des revenus de la vente de drogue du trafiquant Joaquin Guzman, reconnu coupable à New York cette semaine. Le sénateur du Texas, Ted Cruz, a proposé cette solution mardi sur son compte Twitter. Les autorités américaines cherchent 14 milliards provenant du trafic de drogue d’El Chapo.

Une idée qualifiée d’intéressante par Donald Trump, qui semble prêt à tout pour éviter de perdre complètement la face devant ce mur qui ressemble de plus en plus à un obstacle infranchissable.

Donald Trump, président des États-Unis

Christian Latreille est correspondant à Washington pour Radio-Canada

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