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La nouvelle politique de ventes de Ben Deshaies inquiète des restaurateurs de la région

La devanture d'un restaurant nommé La Sandwicherie.

Le restaurant La Sandwicherie, de Val-d'Or, craint de manquer de place pour entreposer ses aliments.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Jean-Marc Belzile

La nouvelle politique de vente du grossiste en alimentation Ben Deshaies inquiète les propriétaires de petits restaurants. La commande minimale est passée de 400 à 650 $. Ces établissements doivent donc obligatoirement commander davantage.

Au restaurant Chez Eugène, à Ville-Marie, on assure que cette modification, entrée en vigueur le 4 février dernier, aura des conséquences.

On n'a pas l'espace pour entreposer tout ce dont on a besoin pour faire une grosse commande de 650 $, assure Marie-Jo Morin, propriétaire du restaurant.

Elle affirme que cette nouvelle politique pourrait l'obliger à faire affaire avec un autre grossiste.

Le problème, c'est qu'il lui serait impossible de recevoir plusieurs produits régionaux. Une situation loin d'être idéale pour son commerce, qui prône l'achat local.

Ça ne me plaît pas de penser que je vais acheter du côté de l'Ontario ou des États-Unis, ça ne va pas avec mes valeurs. Dans cet environnement-là, qui est de plus en plus vert, écoresponsable, on essaie que ce soit le plus à proximité possible.

Marie-Jo Morin, propriétaire de Chez Eugène

La Sandwicherie, à Val-d'Or, doit aussi revoir ses façons de faire. La copropriétaire, Véronique Bolduc, affirme avoir augmenté ses commandes, mais elle craint de manquer de place pour entreposer les aliments à long terme.

Présentement, ce que je fais, c'est que je commande un petit peu plus de stock pour me faire des réserves. Je suis vraiment en réflexion pour vérifier avec d'autres compagnies de grossistes alimentaires, comme Sysco ou Gordon, fait-elle valoir.

Pas seulement les restaurants

Cette nouvelle politique ne touche pas seulement les restaurants. Au Centre de la petite enfance (CPE) Bout D'chou de La Sarre, Macamic et Ste-Germaine-Boulé, les fruits et légumes seront maintenant achetés à l'épicerie, selon l'adjointe administrative, Jocelyne Gagnon.

On va être obligé de condenser. À la place de commander aux deux semaines, on va commander aux trois semaines pour atteindre 650 $ puis on va faire plus des achats non périssables, parce que commander des fruits et légumes trois semaines d'avance, ils ne seront pas beaux après trois semaines, affirme-t-elle.

Une autre conséquence de la pénurie de main-d'oeuvre

Le directeur des ventes chez Ben Deshaies, Richard Deshaies, affirme avoir été forcé de prendre cette décision en raison d'un manque de main-d'oeuvre. Le fait d'augmenter le montant des commandes fait en sorte qu'il y a moins de commandes à préparer et moins de livraisons à effectuer.

On n'a pas fait ça de gaieté de coeur.

Richard Deshaies, directeur des ventes chez Ben Deshaies

Si on était en situation inverse de surplus de main-d'oeuvre, on ne serait probablement pas en train de se parler, mais comme bien des entreprises, il y en a qui ont fermé le lundi, les IGA ont réduit leurs heures d'ouverture, il y a des restaurants qui ne font plus de déjeuner. Nous on ne peut pas dire "je ferme les lundis ou je ferme un territoire", alors malheureusement, à la fin, quand on a éliminé toutes les options possibles, ce qui restait c'était d'augmenter le minimum de livraison, explique-t-il.

Richard Deshaies estime avoir besoin d'environ 20 à 25 employés supplémentaires à l'entrepôt de l'entreprise, situé à Amos.

Abitibi–Témiscamingue

Industrie alimentaire