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La construction de la ligne rose pourrait commencer en 2020… à Toronto

Le reportage de Jean-Sébastien Cloutier
Jean-Sébastien Cloutier

Toronto a son projet de ligne rose et il est déjà bien avancé. On l'appelle la Relief Line ou la ligne d'allégement. Si tout se déroule bien, son premier tronçon pourrait être inauguré en 2029.

Jeudi 7 février, 8 heures. Sur la ligne 1 du métro de Toronto, comme chaque matin de semaine, les wagons sont pleins à craquer. La ligne 1 est un peu comme la ligne orange du métro de Montréal. Tous les jours, plus de 28 000 personnes l'empruntent aux heures de pointe pour se rendre au centre-ville ou en partir.

Le métro est rempli au maximum et quand une panne ou un incident surviennent, c'est le chaos.

« C'est fou comme à l'heure de pointe on se marche sur les pieds! », indique une passagère. « Incroyable comme on est serrés, on doit souvent laisser passer deux ou trois trains avant de pouvoir monter », ajoute un autre.

L'ajout récent de six nouvelles stations et la multitude de nouveaux projets immobiliers à proximité du métro ont empiré les choses. Sur cette ligne en forme de U, la station Bloor-Yonge est un peu la Berri-UQAM de Toronto. Elle se trouve au croisement avec la ligne 2, et c'est la plus achalandée du réseau avec 205 000 passagers qui y transitent chaque jour. Des inquiétudes sur la sécurité des passagers commencent à être évoquées.

8 stations sur 6,3 kilomètres

Plan du métro de Toronto montrant les stations de la Relief LineLa première section de la Relief Line – la ligne rose de Toronto – compterait huit stations. Photo : Radio-Canada

Toronto planifie donc l'arrivée d'une nouvelle ligne de métro. Le premier tronçon de la Relief Line aura huit stations et s'étendra sur 6,3 kilomètres au sud du centre-ville. On estime qu'il permettra de réduire de 2500 passagers par heure l'affluence sur la ligne 1. La Relief Line donnera une option de plus aux usagers pour se rendre au centre-ville, tout en leur permettant d'éviter la station Bloor-Yonge.

Les travaux de la partie sud pourraient commencer dès 2020. Les études environnementales sont terminées et le dossier d'affaires est en cours de préparation.

En janvier, le maire John Tory a annoncé un investissement de 325 millions de dollars pour accélérer certaines étapes comme l'acquisition de terrains.

Nous avons peut-être 200 000 citoyens qui habitent dans le centre-ville aujourd'hui. Il y a quelques années, il y en avait seulement 10 000. C'est une explosion!

John Tory, maire de Toronto

Le maire Tory espère que sa Relief Line pourra être inaugurée dès 2029. Un objectif ambitieux, mais réaliste, selon Mathieu Goetzke, responsable du projet chez Metrolinx, l’agence régionale des transports.

La Relief Line est une priorité pour permettre de continuer notre développement [...] La quantité d'emplois créés au cœur de Toronto a déjà dépassé les prévisions de 2040.

Mathieu Goetzke, vice-président planification, Metrolinx

Un projet de six milliards de dollars

Les coûts de cette première section de la Relief Line sont évalués à 6 milliards de dollars, soit environ le même montant estimé en 2017 par Projet Montréal pour sa ligne rose. Sauf que la Relief Line aura huit stations sur une distance de six kilomètres, alors que Projet Montréal a proposé 29 stations sur 29 km entre Lachine et Montréal-Nord.

L'Autorité régionale du transport métropolitain qui, entre autres projets, se penche maintenant sur la ligne rose, devrait arriver avec une nouvelle estimation des coûts dans la prochaine année. Il semble que la promesse électorale de Projet Montréal a peut-être été annoncée avec des lunettes roses...

Un enjeu politique

Peter Kuittenbrouwer dans une rue de TorontoLe journaliste Peter Kuittenbrouwer a longtemps couvert les affaires municipales à Toronto. Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Le projet de Relief Line ne date pas d’hier, rappelle le journaliste Peter Kuittenbrouwer, qui a longtemps couvert les affaires municipales torontoises.

« La première fois qu'on a mentionné la Downtown Relief Line, c'était en 1985. Alors, pensez à Like a Virgin de Madonna, pensez à Corey Hart! », dit-il, en se demandant si Madonna sera encore vivante quand le projet verra le jour.

C'est que, à l'instar du Québec, le gouvernement provincial doit accepter de financer une bonne partie des projets majeurs d'infrastructures en transport en commun. Au moins le tiers en Ontario. Et comme François Legault, le premier ministre Doug Ford a été élu par les banlieues qui, elles aussi, veulent leurs projets. D'ici 2041, des projets en transport collectif totalisant 50 milliards de dollars ont d'ailleurs été identifiés dans le Grand Toronto.

Si Doug Ford règle la situation du transport en commun à Toronto, est-ce que ça va vraiment l'aider à gagner des élections? En plus, en ce moment, le gouvernement essaie de trouver des sous en dessous des matelas parce qu'avec les coûts de l'éducation et de la santé, ça déborde!

Peter Kuittenbrouwer, journaliste indépendant

Un consensus entre les gouvernements

John Tory devant une série de photos dans son bureauLe maire de Toronto, John Tory, compte sur l'entente conclue avec les deux autres niveaux de gouvernement pour assurer le succès de la Relief Line. Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier

Les comparatifs avec Montréal et le Québec sont donc nombreux. Sauf que bon an mal an, l'Ontario investit davantage que le Québec pour le transport en commun. Doug Ford, qui a tenté de devenir maire de Toronto en 2014, avait lui-même promis la Relief Line. John Tory, celui qui l'a battu, a bon espoir d'avoir sa nouvelle ligne de métro dans 10 ans.

« Nous avons un accord entre les trois gouvernements sur le fait que la Relief Line est le projet le plus important à Toronto, et c'est possible pour nous de l'accélérer », affirme le maire.

Il en va de la responsabilité de Toronto ou de Montréal de prévoir l'avenir de leur transport en commun, ajoute-t-il.

Je dis à Mme Plante au sujet de la ligne rose : demandez un accord avec tous les gouvernements!

John Tory, maire de Toronto

Parions que la mairesse en rêve. Convaincra-t-elle François Legault? Rien n'est moins sûr...

Transport en commun

Société