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Une centaine de Québécois coincés à Port-au-Prince sur fond de violences en Haïti

Des citoyens crient devant le corps d'un des leurs durant une manifestation contre le gouvernement à Port-au-Prince.
Réactions de citoyens devant le corps d'un des leurs durant une manifestation contre le gouvernement à Port-au-Prince. Photo: Reuters / Jeanty Junior Augustin
Radio-Canada

Les violentes manifestations qui secouent Haïti depuis plusieurs jours incitent Ottawa à demander à ses citoyens d'« éviter tout voyage non essentiel dans ce pays ». Cet avertissement survient alors qu'une centaine de Québécois sont coincés à Port-au-Prince et ne peuvent quitter le pays.

Il s'agit de deux groupes de touristes qui avaient acheté un forfait tout inclus auprès d'Air Transat. L'un des groupes devait prendre l'avion dimanche dernier, l'autre mercredi.

Mais dans les deux cas, les transferts de l'Hôtel Royal Decameron à l'aéroport n'ont pu se faire à cause de la présence de barricades sur les routes. Les touristes ont dû réintégrer leur hôtel à Port-au-Prince.

Ces voyageurs se plaignent de ne pas arriver à communiquer avec leur représentant. Ils affirment que l'information leur arrive au compte-gouttes.

Un avion d’Air Transat.Air Transat dit chercher à déployer un convoi qui soit sécuritaire et sans entrave sur toute la longueur de son trajet. Photo : AFP / Joël Saget

« On voit qu’il y a des embâcles sur différentes routes dans le pays. Il y a des embâcles aussi qui sont mis à différents moments. Donc, ça peut bouger aussi selon les protestations de citoyens. L’objectif, c’est vraiment de pouvoir déployer un convoi, donc un transfert qui soit sécuritaire tout le long et soit accompagné d’une surveillance policière », a expliqué une porte-parole d'Air Transat, Debbie Cabana.

Une dizaine de clients d’un autre voyagiste ont été transportés en hélicoptère de l’hôtel à l’aéroport.

Deux des clients de l'agente de voyage Nancy Trépanier sont coincés à l’hôtel. « Je crois qu’Air Transat prend très au sérieux la situation, dit-elle. Moi, de mon côté, je veux ramener mes clients ici, en sécurité, et je me dis : “pourquoi les autres compagnies ont réussi à les sortir [leurs clients] et qu’Air Transat ne les sort pas?” »

Une autre journée de violence

À quelques mètres des bureaux présidentiels, les confrontations entre les forces de l'ordre et les jeunes, majoritairement issus des quartiers populaires, ont été intenses encore une fois mercredi.

Un jeune homme a été tué en après-midi, selon l'AFP, et un journaliste local a été blessé par balle dans une rue du centre de la capitale, au cours d'une fusillade qui a éclaté entre les policiers et un groupe de manifestants.

De part et d'autre, les deux groupes se sont longuement envoyé et relancé pierres et grenades lacrymogènes.

« C'est une insurrection populaire : les Haïtiens occupent les rues, donc il est clair que Jovenel [Moïse, le président, NDLR] n'a d'autre choix que de remettre sa démission », a déclaré Prophète Hilaire, l'un des protestataires, alors que le cortège défilait encore dans un calme relatif dans la capitale.

Un gouvernement qui ne peut pas donner de la nourriture et de l'eau à son peuple doit démissionner, mais il faut aussi que la bourgeoisie se décide à ne plus accaparer toutes les richesses, car nous, nous sommes plus nombreux du côté des quartiers populaires.

Prophète Hilaire, un protestataire à Port-au-Prince

Au moins 7 morts depuis une semaine

Haïti est plongé depuis le 7 février dans une crise politique profonde : les activités du pays sont paralysées par des manifestations populaires dans les principales villes.

Le nombre de victimes a été porté à au moins sept personnes depuis le début du soulèvement, jeudi dernier.

Mardi, les 78 détenus d'une prison d'une petite ville du sud du pays se sont évadés, à la faveur d'une manifestation contre le pouvoir qui se déroulait à proximité, selon des témoins.

La colère populaire se cristallise autour de la personne de Jovenel Moïse, au pouvoir depuis deux ans.

Se voyant reprocher par les manifestants de ne pas avoir tenu ses promesses et d'avoir contribué à l'aggravation de la pauvreté, le président haïtien reste muré dans son silence.

Avec les informations de Normand Grondin

Avec les informations de Agence France-Presse

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