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La guitare du Festival du Voyageur est franco-manitobaine de la tête au chevalet

Radio-Canada

Le luthier manitobain Christian Dupont a fini la construction de la guitare commémorative de l'anniversaire du Festival du Voyageur. L'instrument est de facture 100 % manitobaine et renferme l'esprit franco-manitobain dans les plus subtils détails.

Posée sur son établi, Christian Dupont le reconnaît, cette guitare est comme son bébé. « Ça m’a pris près de neuf mois de travail pour la construire », dit-il avec un sourire.

Fabriquer un instrument à l’image du Festival, c’était l’idée de son ami, le directeur artistique de la fête, Julien Desaulniers.

« Il m’a proposé le projet l’an dernier, se rappelle-t-il. Il y avait un énorme arbre qui avait été coupé près du fort Gibraltar, et ils se sont dit qu’une guitare pourrait être construite avec ce bois-là. »

Dans les faits, ce bois n’était pas la meilleure essence pour construire un instrument de musique.

Christian Dupont a alors choisi le frêne, un bois peu courant dans l’industrie de la guitare. « Je voulais travailler avec un bois local. Le frêne, tu le vois partout au Manitoba, c’était sur le parcours des voyageurs », explique-t-il.

Dans les moindres détails

Pour sa huitième guitare, Christian Dupont a travaillé l’identité de cette dernière à tous les niveaux.

Très influencé par la lutherie classique, l'artisan a tout d’abord suivi un patron de marqueterie traditionnelle espagnole autour de la rosace, mais avec un soupçon de personnalité manitobaine.

« La rosace, c’est l’endroit où tu peux mettre ta touche personnelle. J’y ai incrusté un motif de ceinture fléchée », souligne-t-il.

La marqueterie autour de la rosace avec un motif de ceinture fléchée.La marqueterie autour de la rosace de la guitare nécessite l'agence de nombreuses petites pièces de bois. Photo : Radio-Canada

D’autres tuiles de bois ont également été incrustées sur la touche de l’instrument, au milieu du manche, pour afficher un « 50 », rappelant ainsi l'âge du Festival.

La tête a quant à elle été découpée de manière à évoquer la forme du Manitoba.

Le chevalet, qui relie les cordes au corps de la guitare, reprend la forme d’un canot de voyageurs.

D’autres détails plus subtils ont été ajoutés. Les sillets sont en os de bison, et les clés arborent des bouts de l’écorce de l’arbre abattu près du fort Gibraltar.

Pour les plus curieux, en jetant un œil dans la rosace, il est possible de voir des signatures d’anciens Voyageurs officiels. Ces derniers avaient ainsi posé leur marque l’an dernier sur le dos de la guitare, lors des premiers pas du projet.

Un bout de bois à faire vivre

La guitare est maintenant dans les mains du Festival du Voyageur, et Christian Dupont n’attend qu’une chose : que quelqu'un en joue.

« Après l’avoir construite, c’est excitant de voir des gens en jouer. Quand je joue, j’entends un son, mais c’est autre chose lorsqu’on est face à l’instrument », affirme-t-il.

Il espère qu’elle sera mise entre les mains de guitaristes du Festival du Voyageur.

« C’est une guitare qui appartient à la communauté franco-manitobaine », conclut-il.

Avec des informations de Pierre Verrière

Notre dossier sur le Festival du Voyageur 2019

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