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Coincées à Haïti, des infirmières des Maritimes secourues par le « SWAT  »

Des milliers de personnes manifestent dans les rues en Haïti
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince le 6 février dernier pour dénoncer l'inflation galopante et demander le départ du président Jovenel Moïse. Photo: Reuters / Jeanty Junior Augustin
Jean-Philippe Hughes

En mission pour offrir des soins de santé aux Haïtiens, deux infirmières et une médecin sont incapables de regagner le Nouveau-Brunswick. Des révoltes contre le président haïtien font rage depuis la semaine dernière et perturbent la sécurité sur les routes et dans les aéroports. Un groupe tactique d'intervention (SWAT) les a sorties d'ennui in extremis.

Rachel Blaquiere en est à sa deuxième mission humanitaire à Haïti avec l’organisation G.E.A.C.H.. L’infirmière au IWK Health Centre d’Halifax travaille dans une clinique à Haïti avec une autre infirmière et une médecin, tous originaires de Woodstock au Nouveau-Brunswick. Leur séjour vient de prendre une tournure inattendue.

Nous sommes partis du Nouveau-Brunswick le 25 janvier et nous étions censés retourner hier dans notre province, raconte Mme Blaquiere.

Haïti est la proie de violentes manifestations depuis la grande mobilisation nationale du 7 février, sur fonds de corruption politique. Au moins six décès sont recensés à présent, dont quatre par balles. Le mouvement ne semble pas prêt de s’essouffler.

Il y a beaucoup de manifestations dans les grandes villes où les aéroports se trouvent et c’est très dangereux pour nous d’y aller, explique l’infirmière.

De nombreux blocages routiers sont recensés et la grande majorité des écoles, commerces et administrations publiques ont suspendu leur service.

Nous ne pouvons pas quitter l’endroit où nous nous trouvons.

Rachel Blaquiere

Opération de sauvetage

Il y a quelques jours, la petite équipe de soignants tente un déplacement pour rejoindre une autre clinique gérée par l’organisation. Leur conducteur assure la sécurité des coopérants.

[Le conducteur] est membre d’une équipe de sécurité alors nous étions en sécurité, il avait une arme juste au cas où quelque chose se produit, explique-t-elle.

Sur le chemin du retour, la situation se gâte. Ils se retrouvent coincés face à une foule de manifestants. Et alors le conducteur a appelé son ami sur une SWAT team et ils sont venus, relate l’infirmière. Nous ne savions pas que ça allait se produire.

L’intervention a été rapide et le groupe s’en sort indemne. L'irruption des manifestants leur fait réaliser que leur présence n’est peut-être plus sécuritaire dans le pays en proie aux violences politiques.

C’était un peu épeurant. Nous sommes ici depuis les deux derniers jours et nous ne pouvons pas partir parce que ce n’est pas sécuritaire.

Rachel Blaquiere

Les infirmières comptent regagner le Nouveau-Brunswick dès que possible, mais elles ne savent pas quand les liaisons aériennes seront rétablies. Qu'à cela ne tienne, Rachel Blaquiere a l'intention de faire d'autres missions en Haïti. Selon elle, la situation actuelle est exceptionnelle.

Nouveau-Brunswick

Santé