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Les appuis se multiplient en faveur de l'ex-ministre Jody Wilson-Raybould

Jody Wilson-Raybould, Jane Philpott, Seamus O'Regan, David Lametti et Bernadette Jordan sont assis côte-à-côte dans une salle de la résidence de la gouverneure générale.
L'ex-ministre Jody Wilson-Raybould, à gauche, assise à côté de la présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, lors d'un remaniement ministériel, en janvier. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
Timothé Matte-Bergeron

À la suite de sa démission, l'ex-ministre fédérale Jody Wilson-Raybould obtient l'appui de collègues au sein du caucus. Ces déclarations publiques s'ajoutent à celles faites hier par des membres de sa famille et des représentants autochtones.

La présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, souligne sur Twitter sa « fierté » d’avoir travaillé sur des dossiers majeurs avec celle qui, jusqu’au remaniement de janvier dernier, était ministre de la Justice. Elle mentionne notamment la légalisation du cannabis et le dossier de l’aide médicale à mourir.

« Tu m’as appris tant de choses, particulièrement sur l’histoire, les droits et la justice des Autochtones », écrit-elle. Jody Wilson-Raybould est la première Autochtone à avoir occupé le poste de ministre de la Justice.

Toujours au sein du caucus libéral, la députée de Whitby, Celina Caesar-Chavannes, décrit sa collègue comme « acharnée, intelligente et sans complexes ».

« Quand les femmes élèvent la voix, elles sont toujours étiquetées », écrit-elle sur Twitter, faisant allusion à des commentaires rapportés dans un article de La Presse canadienne et attribués à des sources anonymes.

Alimenter la méfiance

Aux yeux de la commissaire de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA), Michèle Audette, le départ de Jody Wilson-Raybould vient « nourrir la frustration et la hargne » que tente d’apaiser le gouvernement Trudeau, lui qui avait fait de la réconciliation l’une de ses priorités.

« Du côté autochtone, il y a une très très grande déception, déjà que la confiance est brisée depuis trop longtemps [avec les peuples autochtones]. Ça vient nourrir cette méfiance-là », a-t-elle expliqué en entrevue au Téléjournal avec Céline Galipeau.

Nous avons eu un moment d’espoir et des larmes de fierté, c’était la première fois qu’on avait une Autochtone et, en plus, une femme. On avait cette fierté de dire qu’il y avait des modèles qui existe.

Michèle Audette, commissaire de l'ENFFADA

Pour Michèle Audette, la démission de Jody Wilson-Raybould a été un choc, mais elle estime qu’elle a été motivée par « des raisons de principes ».

« J’aurais espéré qu’elle reste », a-t-elle ajouté.

Un nouveau mot-clic pour l’appuyer

Sur Twitter, un mot-clic en appui à la députée de la circonscription de Vancouver-Granville a fait son apparition, mardi : #StandwithJody (« Nous appuyons Jody »).

En Colombie-Britannique, l’ancienne conseillère municipale de Vancouver Andrea Reimer compte parmi les personnalités publiques appuyant Jody Wilson-Raybould.

Mary Ellen Turpel-Lafond, ancienne juge en Saskatchewan et ex-représentante de l'enfance et de la jeunesse de la Colombie-Britannique, désormais professeure de droit à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC), a suivi la carrière de Jody Wilson-Raybould avec attention. La juriste d’origine crie ne croit pas que la femme politique aurait démissionné pour quelque chose d'anodin.

« Mon instinct me dit qu’elle s’est tenue debout pour un système de justice impartial et une nation fondée sur l’État de droit », assure-t-elle.

Le premier ministre « déçu » et « surpris »

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit « surpris » et « déçu » de la démission de la ministre.

Celle-ci survient dans la foulée d’allégations, publiées dans le Globe and Mail, selon lesquelles le bureau du premier ministre ou de proches collaborateurs auraient fait pression sur elle afin qu’elle négocie une entente pour éviter un procès dans le dossier de fraude et de corruption de SNC-Lavalin. Justin Trudeau a démenti ces informations.

Jody Wilson-Raybould a retenu les services d’un ancien juge de la Cour suprême, Thomas Albert Cromwell, pour qu’il lui porte conseil afin de savoir ce que la loi lui permet de dire publiquement dans cette affaire.

« Elle a retenu les services d’un homme éminent, d’une grande expertise et d’une grande intégrité, dit Mary Ellen Turpel-Lafond. Cela envoie le signal qu’il y aura une certaine forme de défense de l’État de droit et de l’administration de la justice. »

Avec des informations de Jorge Barrera, CBC News

Colombie-Britannique et Yukon

Politique fédérale