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Le N.-B. songe à laisser les écoles ouvertes même quand les autobus ne circulent pas

Le N.-B. songe à laisser les écoles ouvertes même quand les autobus ne circulent pas
Pierre-Philippe LeBlanc

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick réfléchit à la possibilité de laisser les écoles ouvertes lorsque les autobus scolaires ne circulent pas, même certains jours de mauvais temps, mais l'idée est mal accueillie par les professeurs et les parents.

C’est absolument quelque chose qu’on regarde parce qu’avec les changements climatiques on est en train de perdre plus de journées d’enseignement chaque année, affirme le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance, Dominic Cardy.

Le ministre Cardy ne remet pas en question la fermeture des écoles lors d’une forte tempête comme celle qui paralyse les Maritimes mercredi. Il croit toutefois que la fermeture d’écoles pour d’autres raisons peut être évitée.

Un enfant marche dans la rue enneigée avec sa mère et son chien à Moncton. Les écoles du Nouveau-Brunswick étaient toutes fermées mercredi, alors qu'une tempête. Photo : Radio-Canada / Michèle Brideau

Mais il y a d’autres cas où c’est seulement les écoles qui sont fermées à cause du fait que les autobus ne sont pas sur les routes, mais tous les autres emplois sont ouverts, le gouvernement est ouvert, les garderies sont ouvertes, explique-t-il.

Des familles seraient défavorisées, croient les parents

Les familles n’ont pas toutes accès à un moyen de transport de rechange lorsque les autobus scolaires sont immobilisés, souligne Chantal Varin, directrice générale de l’Association francophone des parents du Nouveau-Brunswick

Il y a des parents qui seront défavorisés d’entrée de jeu parce que tout le monde n’a pas une voiture au Nouveau-Brunswick. Donc, il y a un certain nombre de parents qui seront dans l’impossibilité d’amener leurs enfants [à l’école] même s’ils le souhaiteraient. D’autre part, je questionne ce qui va se passer lors de ces journées, sachant très bien que la moitié sinon plus des élèves seront quand même absents, affirme Chantal Varin.

Le ministre Cardy croit le contraire. Au Nouveau-Brunswick, avoir une voiture privée, c’est presque universel, dit-il en rappelant que les résidents de certaines municipalités ont aussi accès au transport en commun.

La chose qui est claire, si on manque des semaines et des semaines d’enseignement, c’est quelque chose qui va avoir absolument un impact sur tous les élèves.

Dominic Cardy, ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance
Dominic Cardy, ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, en entrevueLe ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick avait déjà soulevé son mécontentement avec le nombre de jours d'école perdus par les enfants du Nouveau-Brunswick, en décembre. Photo : Radio-Canada / Radio-Canada/Antoine Trépanier

La directrice générale du District scolaire francophone Sud-Est, Monique Boudreau, n'est pas contre l'idée d'ouvrir la discussion, mais rappelle que cela pourrait être compliqué, notamment pour les régions rurales, où les distances sont plus grandes à parcourir.

Je suis ouverte à discuter et essayer de voir d'autres moyens de s'y prendre, dit-elle. C'est important de s'asseoir avec tous les représentants de l'éducation et étudier la question en profondeur. Il y a beaucoup de zones grises dans cette situation. 

Une idée inquiétante, selon l'association des enseignants

Les propos du ministre étonnent et inquiètent Lucie Martin, présidente de l’Association des enseignants et des enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick.

Nos districts scolaires font un excellent travail à juger selon les conditions locales du besoin de fermer ou non une école, et la sécurité devrait toujours primer.

Lucie Martin, présidente de l’Association des enseignants et des enseignantes francophones du Nouveau-Brunswick

L‘idée lancée par M. Cardy fait craindre la perte d’un pouvoir de décision des districts scolaires.

Nous, on voit ses propos comme de l’ingérence politique. On veut enlever la [prise de] décision des autorités scolaires. Le gouvernement prétend vouloir s’éloigner de l’ingérence politique, mais si on avance avec ses propos c’est une décision purement politique, déplore Lucie Martin.

Dominic Cardy assure qu’il n’est pas question d’enlever ce pouvoir de décision aux districts scolaires. Non, non. Si on regarde aujourd’hui, c’est clair que les écoles devraient être fermées, dit-il.

Lucie Martin croit que le ministre devrait plutôt chercher des moyens d’améliorer l’assiduité des élèves pour réduire le nombre de jours de classe perdus.

Lucie Martin le 2 février 2019.Lucie Martin, présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants francophones du Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada / Wildinette Paul

Il cherche des données par rapport aux fermetures, mais qu’on cherche des données par rapport à l’assiduité de nos élèves! Là, on va aller voir le vrai problème, ce qui a une vraie influence sur la réussite scolaire de nos élèves. On va aussi aller voir à des solutions qui pourraient aider nos jeunes, conclut Lucie Martin.

Avec des renseignements de Margaud Castadère et de Wildinette Paul

Nouveau-Brunswick

Politique provinciale