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Sensibiliser les organisations qui offrent des services dits « genrés »

Cathy Gélinas, présidente de la Coalition d'aide à la communauté LGBT en Abitibi-Témiscamingue
Cathy Gélinas, présidente de la Coalition d'aide à la communauté LGBT en Abitibi-Témiscamingue Photo: ICI Radio-Canada / Joël Côté
Émilie Parent Bouchard

La Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue vient de recevoir 35 000 $ du ministère de la Justice du Québec pour sensibiliser les organisations qui offrent des services considérés comme « genrés » aux questions d'identité de genre.

Par exemple des ressources d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. Ces ressources se retrouvent un peu démunies quand vient le temps d'accueillir une femme transgenre. Comment les autres résidentes vont réagir? Comment on peut accueillir cette personne qui parfois a encore une apparence très masculine? Ça soulève beaucoup de questions sur l'adaptation des services, sur ce qu'on a le droit de faire et ce qu'on n'a pas le droit de faire, explique la présidente de la Coalition, Cathy Gélinas.

Dans l'air du temps

La gestionnaire d'Alternatives pour elles de Rouyn-Noranda, Cathy Allen, confirme que le questionnement fait déjà beaucoup jaser parmi les ressources de la région, mais aussi au sein du Regroupement des maisons d'hébergement du Québec.

Il y a des demandes qui peuvent être plus complexes que d'autres à évaluer et il y a des maisons d'hébergement qui ont demandé du soutien là-dedans, témoigne Mme Allen. Ce n'est pas impossible qu'on refuse l'hébergement d'une femme trans si la problématique première qu'elle vit, ce n'est pas de la violence conjugale. [Mais] il y a des maisons qui sentaient le besoin d'aller chercher du soutien face à certaines demandes qu'on pouvait recevoir, face à la crainte de d'autres résidentes aussi. Il y en a qui se positionnaient que s'il n'y avait pas eu de changement de sexe, on ne pouvait pas accueillir la personne. Nous ce qu'on se dit ici, c'est qu'on n'a pas besoin de savoir ce qu'il y a dans les pantalons de la personne pour l'accueillir.

On a beaucoup de services genrés au Québec, renchérit Cathy Gélinas, aussi psychoéducatrice et qui a développé au fil des ans un intérêt marqué pour les questions d'identité de genre. On pense par exemple au milieu de détention. Ce n'est pas toutes les personnes trans qui ont subi les chirurgies de réassignation de sexe. Donc, une personne pourrait avoir changé ses papiers d'identité, vient le moment de faire une fouille et on se rend compte qu'au niveau de l'appareil génital, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait. Est-on dans l'obligation d'informer sur ce qu'il y a dans son pantalon pour ne pas créer la surprise? Si elle crée la surprise, comment les intervenants peuvent-ils agir adéquatement? Ce sont toutes des questions auxquelles on ne pense pas avant que ça arrive.

Un élément de réponse à la pénurie de main-d'oeuvre?

Cathy Gélinas insiste sur le fait que les outils de formation développés dans le cadre du projet « J'ai mes droits » pourront aussi être déployés dans les milieux privés. Elle croit d'ailleurs que certains milieux typiquement masculins, par exemple les industries minières et forestières, auraient avantage à afficher leur ouverture par rapport à la diversité sexuelle.

On parle souvent de pénurie de main-d'oeuvre ces temps-ci, mais il y a toute une richesse dans la communauté LGBT, estime-t-elle. Il y a des gens qui souhaitent travailler qui n'iront parfois pas dans certains milieux en particulier par peur de vivre de la transphobie. Donc, si le milieu de travail, l'entreprise affiche son ouverture à la diversité sexuelle, on ouvre le bassin de recrutement. Ce n'est pas parce qu'on ne tient pas de propos homophobes qu'on n'est pas présumé homophobe, si l'on ne se positionne pas ouvertement. C'est le temps de déconstruire ces idées préconçues sur les milieux qu'on considère comme typiquement plus masculins.

D'ailleurs à l'occasion de la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, le 17 mai prochain, la Coalition souhaite inviter les entreprises à afficher leurs couleurs. On souhaite créer un mouvement où les entreprises vont montrer leur soutien par exemple en affichant un drapeau de la fierté, on veut créer cet environnement inclusif, indique Cathy Gélinas. On aimerait que la région soit arc-en-ciel!

On peut obtenir davantage d'informations sur ces deux initiatives en contactant la Coalition d'aide à la diversité sexuelle de l'Abitibi-Témiscamingue.

Abitibi–Témiscamingue

Société