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Allaitement et maladies inflammatoires de l’intestin ne font pas bon ménage

Une mère allaite un bébé.
Les chercheurs de l'Université de l'Alberta ont étudié la composition du lait maternel des femmes atteintes de maladies inflammatoires de l'intestin. Photo: iStock / tatyana_tomsickova

Le lait des mères atteintes de maladies inflammatoires de l'intestin telles que la maladie de Crohn comporte des éléments inquiétants pour leur nouveau-né, révèle une étude de l'Université de l'Alberta.

L’équipe de chercheurs a comparé la composition du lait maternel de 72 femmes atteintes de la maladie de Crohn et de colites à trois mois et à six mois post-partum avec celui d’une vingtaine de mères en bonne santé.

La maladie de Crohn est une maladie caractérisée par une inflammation chronique du système gastro-intestinal. Les symptômes sont des douleurs abdominales et des diarrhées. La plupart des cas sont diagnostiqués avant l’âge de 30 ans.

L’étude révèle que le lait des femmes malades comporte des niveaux élevés d’acide succinique, une molécule associée à une inflammation et à la croissance de cellules cancéreuses, selon le professeur associé d’immunologie à l’Université de l’Alberta Shokrollah Elahi.

C’est mon inquiétude principale, souligne-t-il.

Le chercheur ne sait pas d’où ces molécules proviennent, si elles sont secrétées par les glandes mammaires de la mère ou si elles sont produites par les bactéries endommagées de son intestin. De plus amples recherches sont requises.

De même, Shokrollah Elahi ne sait pas comment le corps du nouveau-né réagit à l’ingestion de ce taux élevé d’acide succinique. Ce sera la prochaine étape de sa recherche.

Moins de nutrition

Autre différence inquiétante observée dans le lait maternel : la présence de marqueurs d’inflammation. Selon le professeur Elahi, la présence dans le corps de la mère de ces marqueurs n’est pas surprenante, puisque les syndromes provoquent une inflammation du système digestif.

Toute la question est cependant de déterminer si leur transfert aux bébés par le lait maternel peut provoquer une inflammation et un risque plus élevé de maladie de Crohn et de colite, ou l’inverse.

L’étude révèle également que le lait maternel de ces femmes a moins de qualités nutritionnelles, contenant moins d’anticorps et moins de lactose.

Promouvoir l'allaitement

Malgré ces résultats, Shokrollah Elahi croit qu’il est trop tôt pour recommander une suspension de l’allaitement chez les mères qui souffrent de ces maladies.

L’allaitement a beaucoup de bénéfices. Il faut mesurer les risques et les bénéfices, ce que nous ne pouvons pas encore faire, explique M. Elahi.

L’étude a été publiée dans le Journal of Crohn’s and Colitis.

Alberta

Recherche médicale