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Allégations d’agression sexuelle contre un ex-médecin de la GRC : pas assez de preuves, juge la police

Photo d'archive en noir et blanc du Dr. Macdougall
Cette photo du Dr John A. Macdougall a été prise lors de sa collation des grades à l'Université de Toronto en 1963 Photo: Université de Toronto

La police de Toronto affirme qu'il ne serait « pas fondé » de porter des accusations criminelles contre un ancien médecin de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC), John A. Macdougall, malgré les plaintes de 30 femmes l'accusant de les avoir agressées au cours d'examens médicaux.

Le service de police de Toronto ne dispute pas le fait que ces femmes se sont senties (et continuent de se sentir) agressées sexuellement, écrit une porte-parole de la police, Meaghan Gray, dans un courriel envoyé le 12 février.

Elle ajoute toutefois que les enquêteurs ont examiné les normes médicales à l’époque et ont conclu à un manque de preuves pour prouver qu’il y avait un objectif sexuel dans les examens du médecin, requis pour obtenir un emploi ou une promotion dans les années 1980 et 1990.

Les plaignantes sous le choc

Vicki Gravelle, l'une des plaignantes, se dit sous le choc.

Ça n'a aucun sens.

Vicki Gravelle, plaignante

Avec Helen Henderson et Sylvie Corriveau, deux autres femmes ayant dénoncé le comportement du médecin, Mme Gravelle s’était confiée à CBC News le mois dernier.

Trois femmesHelen Henderson, à gauche, Vicki Gravelle, au centre, et Sylvie Corriveau, à droite Photo : CBC/Rachel Houlihan

Toutes trois avaient alors avancé que le médecin, à l’époque, avait passé beaucoup de temps à scruter leurs seins et à pincer leurs mamelons. Elles se souviennent aussi qu’il leur caressait les jambes et le dos et effectuait des examens vaginaux, leur laissant l’impression d’avoir été violées.

Sylvie Corriveau se dit désillusionnée par la décision de la police de Toronto. C’est absolument consternant, après tous nos efforts, a déclaré Mme Henderson.

Nouvelle plainte

Mme Henderson a déposé une plainte officielle auprès du Bureau du directeur indépendant de l’examen de la police pour lui demander de passer en revue l’enquête menée par la police de Toronto.

Il s'agit d'un nouveau recours dans cette affaire qui dure depuis 1989, date à laquelle les trois femmes ont fait des déclarations détaillées à la police de Toronto. Les patrons masculins de la GRC sont intervenus un mois plus tard et ont annoncé qu’il n’y avait aucun fondement pour des accusations criminelles et que le dossier du Dr Macdougall serait traité à l’interne.

Les pratiques du médecin sont conformes aux directives de la GRC, leur avait alors répondu le surintendant de la GRC. Malgré cela, la direction de la GRC de faire parvenir une directive en 1990 ordonnant l’arrêt de tous les examens internes et invitant les médecins employés par la GRC à se fier plutôt aux rapports médicaux des gynécologues des patientes.

Les trois femmes à l'origine de la première plainte se sont ensuite adressées à l’Ordre des médecins et chirurgiens de l’Ontario (OMCO), qui a enquêté et ordonné au Dr Macdougall de comparaître lors d'une audience disciplinaire en juin 1992, avant que l’affaire ne soit mystérieusement annulée.

En réaction aux pressions exercées par les trois femmes et aux manchettes du mouvement #MoiAussi, la police de Toronto a rouvert son enquête en 2018 et a depuis interrogé des dizaines de plaignants supplémentaires.

Maintenant octogénaire

Dans sa défense dans l'enquête de l'OMCO, John A. Macdougall avait dit que lors des examens des recrues, il enseignait ce qu’il appelait la technique d’auto-examen des seins.

Le médecin accusé a quitté la GRC en 1992, mais a continué à pratiquer jusqu’en 2001. Il a aujourd’hui plus de 80 ans et vit dans une maison de retraite à l’ouest de Toronto.

Selon son avocat, il est atteint de démence, a récemment souffert d’une pneumonie qui a failli l’emporter et vit avec des soins 24 heures sur 24. Sa famille a refusé de commenter l'affaire.

Avec les informations de CBC News

Toronto

Inconduite sexuelle