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Beaucoup trop d'animaux meurent écrasés entre Québec et Saguenay

Un renard sur la route

Un renard sur la route

Photo : Courtoisie Université Concordia

Jean-François Nadeau

Les passages souterrains pour la petite faune aménagés sous la route 175 sont efficaces, mais pas suffisamment pour épargner un nombre beaucoup trop élevé de petits animaux qui meurent après avoir été heurtés par des véhicules entre Québec et Saguenay, dans la Réserve faunique des Laurentides.

Quand la route 175 a été élargie, 33 passages ont été aménagés pour la petite et moyenne faune sous la chaussée. Il s'agissait d'une première initiative du genre au Québec.

Des chercheurs de l'Université Concordia et de l'Université Laval ont donc mesuré leur efficacité. Ils ont parcouru presque quotidiennement un tronçon de 68 kilomètres, aller-retour, durant les étés 2012 à 2015, pour repérer les animaux morts en bordure de la route.

Ils en ont dénombré 900 en trois étés, tous morts en bordure de la route.

« Le nombre d'animaux qu'on a découvert est assez impressionnant. Il y a certains animaux que je ne croyais jamais voir morts sur la bord de la route. Par exemple, on a trouvé deux lynx », raconte une des auteurs de l'étude,la biologiste Judith Plante.

Un renard emprunte un passage faunique pour traverser une route.

Jochen Jaeger affirme que l’implantation de passages fauniques réduit la mortalité routière pour toutes les espèces de mammifères confondues.

Photo : Université Concordia

Beaucoup plus de décès

Ce nombre est élevé, mais ne représente que la pointe de l'iceberg.

Les chercheurs évaluent que les équipes de repérage étaient en mesure d'apercevoir seulement 82 % des animaux de taille moyenne.

Pour les petits animaux, le taux de détection chutait à 17 %.

« L'oeil humain est capable d'en détecter une partie, mais les charognards vont aussi en retirer une autre partie. Les animaux peuvent aussi être frappés, mais aller mourir plus loin que sur le bord de la route », explique Judith Plante.

Clôtures trop courtes

Autre constat, les auteurs de l'étude ont découvert que la mortalité routière était plus importante aux extrémités des clôtures. Ces clôtures installées en bordure de la route servent à diriger les animaux vers les passages sous-terrains.

« Certains des animaux s’éloignent des passages à faune et longent la clôture pour chercher une sortie. Lorsqu’ils la trouvent, ils essaient de traverser la route et se font tuer », affirme le superviseur de l'étude, Jochen Jaeger.

Les chercheurs recommandent donc que les clôtures soient allongées. En ce moment, elles mesurent 100 mètres de chaque côté des passages.

« Si on allonge les clôtures, il y a des chances que l'animal se tanne ou ne se rende pas jusqu'au bout pour traverser sur la route. Il y a aussi d'autres designs envisageables. Il y a des clôtures qui sont placées en angle, qui ramènent l'animal vers la forêt », souligne Judith Plante.

Un porc-épic s'accroche sur un arbre

Un porc-épic avait un très mauvais lundi avant de reçevoir de l'aide.

Photo : Gracieuseté d'Andrea Magee

Porcs-épics menacés

Il semble également que les passages fonctionnent moins bien pour les porcs-épics.

« On le voit très peu dans les passages et on continue de voir beaucoup de mortalité sur la route. Ça peut être dû à son comportement. Le porc-épic n'a pas tendance à aller sous terre. Il ne va pas fuir, il va s'immobiliser quand il a peur. Il devient une cible plus facile pour les voitures », explique Judith Plante.

Pour le professeur Jaeger, il y a tellement de porcs-épics tués le long de la route 175 qu’il craint que leur population en soit affectée de manière permanente.

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