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Les mauvaises surprises des réductions d'impôts de Donald Trump

Donald Trump parle au micro derrière un podium portant le sceau présidentiel.
Les règles ont changé avec la réforme de décembre 2017 du code fiscal par Donald Trump, censée profiter à la classe moyenne. Photo: Associated Press / Evan Vucci
Agence France-Presse

De nombreux contribuables américains ont eu la mauvaise surprise de découvrir que leurs remboursements d'impôts ne sont pas aussi garnis que ce que leur avait promis Donald Trump en faisant voter « la plus grosse réduction d'impôts de l'histoire ».

Des milliers d'entre eux ont déversé leur mécontentement ces derniers jours sur Twitter autour de mots-clics comme #GOPTaxscam, certains menaçant même de ne plus voter pour Donald Trump.

« Le pire remboursement d'impôts jamais vu depuis dix ans! J'ai voté pour @realDonaldTrump, mais il vient officiellement de perdre ma voix pour 2020 », lance une électrice.

Aux États-Unis, où l'impôt est retenu à la source, les contribuables aiment avoir recours à une forme d'épargne forcée en déclarant moins de parts ou de déductions, ce qui entraîne une rémunération mensuelle un peu plus faible, mais une jolie somme de trop-perçu à la fin de l'année. Ce remboursement est versé entre février et mi-avril de l'année suivante.

Pas moins des trois quarts des quelque 130 millions de foyers fiscaux américains choisissent cette formule, attendant chaque année le fameux remboursement qui leur permet de faire un achat important ou de payer des emprunts.

De nouvelles règles

Mais les règles ont changé avec la réforme de décembre 2017 du code fiscal par Donald Trump, censée profiter à la classe moyenne.

« Le remboursement est inférieur à ce que les contribuables attendaient, mais ce n'est pas la même chose que la somme dont ils sont redevables. Les gens ont tendance à confondre les deux », explique Mark Mazur, ancien secrétaire adjoint au Trésor de l'administration Obama.

« Certains ont, dans un sens, déjà touché leur réduction d'impôts sous forme d'une augmentation sur leur fiche de paie », qu'ils ont à peine remarquée, ajoute-t-il.

L'IRS, ou fisc américain, a reconnu qu'en ce début de saison des déclarations d'impôts, le remboursement moyen accordé aux contribuables avait baissé de 8,4 %, à 1865 $ au lieu de 2035 $ l'année dernière, selon des chiffres provisoires.

Pour d'autres, la chute est encore plus violente, certains devant payer une forte somme en fin d'année alors qu'ils espéraient un retour.

La facture fiscale

Néanmoins, si 80 % des contribuables américains vont payer moins d'impôts, 5 % vont en effet en acquitter davantage.

« Cinq pour cent, cela fait 7,5 millions de personnes, c'est beaucoup et il semble qu'ils ne soient pas contents », affirme M. Mazur, vice-président de l'Urban Institute, un centre d'études sur la politique budgétaire.

La réforme a par exemple limité les déductions du revenu imposable d'autres impôts des États, comme l'impôt foncier.

Il en résulte que de nombreux foyers de la classe moyenne propriétaire, dans des États où les impôts sont importants, comme les États démocrates, voient leur facture fiscale s'alourdir.

« Les gens sont en colère, déçus, se sentent trahis », dit à l'AFP Neil Frankel, un comptable fiscal de New York. Il ne cache pas « avoir droit à de longues diatribes [de ses clients] sur leur haine du gouvernement ».

Une question de perception

L'administration Trump aurait-elle manqué de communiquer suffisamment sur les arcanes de sa réforme? Sur la pointe des pieds durant l'année, Steven Mnuchin, secrétaire au Trésor, avait invité les contribuables à simuler leur feuille d'impôts sur un « calculateur » sur Internet afin d'éventuellement modifier leurs retenues à la source.

Le Trésor en tout cas a contesté lundi sur Twitter « les informations trompeuses » sur les diminutions de remboursements, relevant qu'il est encore trop tôt dans la saison pour tirer des conclusions alors que seulement 10 % des contribuables ont effectué jusqu'ici leur déclaration.

Comme le rappelle Mark Mazur, tout est dans la perception.

Quand l'administration de George W. Bush avait décidé un rabais d'impôts en 2001, elle avait envoyé un chèque à tous les contribuables et « tous s'en souviennent ».

En revanche, lorsque sous Barack Obama une réduction des taxes, lissée sur les paies au cours de l'année, avait aussi été offerte, « la plupart des Américains pensaient ne pas avoir eu de ristourne d'impôts », reconnaît cet ancien de l'administration Obama.

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