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Santé Canada évaluera la sécurité des implants mammaires après 22 nouveaux cas de cancer

Des milliers de femmes ont fait retirer leurs implants à cause de problèmes divers.
Santé Canada avait précédemment déclaré qu'il n'était pas nécessaire de reprendre son examen de l'innocuité des implants mammaires. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Santé Canada a annoncé qu'elle procéderait à une mise à jour pour évaluer la sécurité des implants mammaires après l'identification de 22 cas confirmés de personnes présentant des symptômes d'un lymphome rare.

Le ministère a indiqué avoir reçu le 1er janvier 2019 des rapports faisant état de 22 cas confirmés et de 22 autres cas présumés de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires (LAGC-AIM), un type rare de lymphome non hodgkinien qui attaque le système immunitaire.

Santé Canada encourage les femmes qui ont des implants à consulter un médecin si elles remarquent des changements à leurs seins, une douleur, un gonflement soudain ou une masse. Les professionnels de la santé sont également tenus de fournir des détails sur tous les cas de LAGC-AIM.

Le ministère entend consulter la Société canadienne des chirurgiens plasticiens et la Société canadienne de chirurgie plastique esthétique afin d'étudier les risques. Les conclusions de cette mise à jour devraient être divulguées dès le printemps.

Implants interdits en France

L’annonce de Santé Canada survient une semaine après que la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis eut envoyé des lettres à la communauté médicale pour l'avertir des risques du LAGC-AIM.

La FDA a révisé ses chiffres et a déclaré qu'elle avait trouvé un total de 660 rapports pouvant établir un lien entre les implants mammaires et les cas de LAGC-AIM aux États-Unis et dans le monde au cours de la dernière décennie, dont neuf cas où les patientes sont décédées. Il s'agit d'une augmentation de 246 cas par rapport à l'an dernier.

L'agence américaine a été la première au monde à identifier un lien entre les implants mammaires et le cancer en 2011.

La FDA, de concert avec Santé Canada et d'autres organismes de réglementation européens, a assisté à des audiences publiques la semaine dernière en France sur l'utilisation et la sécurité des implants mammaires.

À l'issue de ces rencontres, le gouvernement français a annoncé l'interdiction des implants mammaires à texture qui sont liés à un risque accru de cancer.

Contrairement aux implants à surface lisse, les implants texturés ont une surface floue qui ressemble à du papier de verre très fin – ce qui permettrait une meilleure adhésion aux tissus de la poitrine et augmenterait la stabilité.

Une étude publiée en 2018 par deux médecins canadiens a également sonné l'alarme au sujet des mêmes implants texturés Biocell. Ils ont découvert que le dispositif avait une durée de vie plus courte et qu'il devait être retiré plus tôt que les implants à base de solution saline ou de gel lisse.

Revirement à Santé Canada

Santé Canada avait précédemment déclaré qu'il n'était pas nécessaire de revoir son examen sur l'innocuité des implants mammaires. Le ministère avait ainsi réagi à une enquête menée conjointement par CBC News, Radio-Canada et le Toronto Star, en collaboration avec l'International Consortium of Investigative Journalists de Washington.

On apprenait alors que les décès et les blessures graves potentiellement liés aux implants mammaires et à d'autres instruments médicaux étaient sous-déclarés dans de nombreux pays, dont le Canada. De nombreux patients avaient déclaré à CBC souffrir de graves problèmes médicaux en raison de leurs implants.

L'enquête a également révélé que trois chirurgiens plasticiens de la région de Toronto n'avertissaient pas les femmes du lien possible entre le LAGC-AIM et les implants mammaires texturés.

Terri est hospitaliséeTerri McGregor lors de ses traitements Photo : Courtoisie de Terri McGregor

En entrevue à CBC, Terri McGregor, originaire de North Bay, avait confié avoir appris qu'elle avait le LAGC-AIM à 50 ans. Le cancer rare s'était propagé de son sein aux ganglions lymphatiques, à l'intestin et à l'abdomen.

C'était surréaliste, mes implants mammaires allaient me tuer… J'ai commencé à mettre de l'ordre dans mes affaires, pour me préparer à mourir.

Terri McGregor

En novembre, Santé Canada a déclaré à CBC que les femmes disposaient déjà de suffisamment d'informations sur le type rare de lymphome et qu'aucun autre avis de sécurité n'était nécessaire.

À l'époque, seulement cinq cas canadiens de LAGC-AIM avaient été officiellement signalés à l'agence par les fabricants au cours des dix dernières années.

Mais selon deux chirurgiens plasticiens canadiens, cette situation s'attribuait alors à des cas mal documentés. Peter Lennox et Mitchell Brown avaient compilé des données qui montraient qu'au moins 25 femmes au Canada présentaient un LAGC-AIM, soit trois de plus que le nombre identifié désormais par Santé Canada comme des « cas confirmés ».

L'augmentation mammaire est la chirurgie esthétique la plus populaire au monde, environ 10 millions de femmes dans le monde ayant opté pour des implants mammaires au cours de la dernière décennie seulement.

La plupart ne font pas état de problèmes de santé et certaines études rapportent des taux de satisfaction élevés. Les fabricants soutiennent que de nombreuses études au fil des ans ont démontré que leurs produits sont sécuritaires.

Avec les informations de Vik Adhopia, CBC

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