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Des survivants de la rafle des années 60 s’informent sur les compensations financières d’Ottawa

Une jeune femme autochtone dans un centre communautaire autochtone.

Shelby La Rose, 25 ans, participe à la session d'information organisée par Collectiva et plusieurs membres des Premières Nations à Saskatoon.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Proulx

Gabrielle Proulx

Des victimes saskatchewanaise de la rafle des années 60, ces Autochtones enlevés de leurs parents et placés dans une famille d'accueil non autochtone, seront en mesure de savoir s'ils sont éligibles aux compensations financières du gouvernement fédéral. Plusieurs dizaines de survivants ont participé mardi à une séance d'information au Centre d'amitié autochtone de Saskatoon.

Shelby La Rose, 25 ans, est venue assister à la séance d'information au nom de ses parents qui ont vécu la rafle des années 60.

Ses parents, aux prises avec des troubles de dépendance, sont encore hantés par le traumatisme d'avoir été contraints de changer de famille lorsqu'ils étaient petits, souligne-t-elle.

Mes parents ne connaissent pas leurs traditions (...). Mon père ne parle pas sa langue.

Shelby La Rose

Pour l’étudiante de deuxième année à l’Université des Premières Nations, la compensation financière d’Ottawa constitue une « première étape » vers la guérison. La rafle des années 60 est publique et les gens sont désormais au courant, dit-elle.

Des documents difficiles à retrouver

En mai, Ottawa a entériné l’entente de règlement de 875 millions de dollars à l’échelle nationale pour les victimes. Chaque survivant aurait droit à une indemnité allant de 25 000 $ à 50 000 $.

Pour obtenir une compensation, les requérants doivent remplir d’ici le 30 août un formulaire de réclamation. Ils doivent également présenter divers documents comme des papiers d’adoption ou des certificats de changement de nom légal.

Comme de nombreux survivants n’ont plus de liens avec leur famille d’adoption, la procédure peut être complexe.

Dans certains cas, nous avons entendu dire que certains dossiers avaient été perdus.

Patricia Whitebear, membre de la Société Sixties Scoop de la Saskatchewan

Avant que le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, présente ses excuses officielles aux victimes de la rafle des années 60 le 7 janvier 2019, la Société Sixties Scoop de la Saskatchewan avait recommandé de mettre sur pied un groupe d’intervention pour soutenir les survivants dans la quête de leur compensation financière.

Pour être admissible aux dommages-intérêts, le requérant doit être un Indien inscrit au sens de la loi ou un Inuit ayant été adopté et confié à des parents adoptifs non autochtones au Canada entre le 1er janvier 1951 et le 31 décembre  1991. À noter que les Métis et les « Indiens non inscrits » ne sont pas inclus dans l’entente.

Environ 20 000 enfants autochtones ont été enlevés à leurs parents entre les années 1960 et 1980. Ils ont perdu leurs liens familiaux, leur culture et, dans certains cas, ont subi des violences physiques et sexuelles.

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