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Que respire-t-on à un feu rouge?

Que respire-t-on à un feu rouge?
Maxime Denis

Vous êtes-vous déjà demandé ce que vous respirez lorsque vous êtes pris dans la congestion routière ou encore lorsque vous attendez à un feu rouge? Le Dr Pierre Gosselin, de l'Institut de la santé publique du Québec (INSPQ), répond à nos questions.

L’automobiliste

À un feu rouge, un automobiliste peut respirer de 20 à 30 microgrammes par mètre cube de polluants se dégageant des véhicules autour de lui.

Les bouches d’aération, étant situées à l’avant du véhicule, font entrer plus facilement l’air pollué du tuyau d’échappement de la voiture de devant.

Il s’agit d’un mélange d’oxydants et d’acides qui attaquent directement le système cardiovasculaire, le système sanguin et les poumons.

« Pour chaque heure d’exposition, on peut doser dans le sang des réactifs qui vont durer six heures », a précisé M. Gosselin. Ils peuvent notamment augmenter la pression artérielle ou les problèmes cardiaques durant les heures suivant l’exposition au trafic routier.

Le piéton

Heureusement, il ne se trouve pas à la hauteur de la sortie du tuyau d’échappement des voitures.

Le piéton peut également utiliser de plus petites rues pour éviter d’être exposé à la pollution des grands boulevards.

Le cycliste

Les cyclistes se retrouvent à respirer beaucoup de polluants en raison de leur proximité avec les voitures. Ils sont exposés aux mêmes niveaux que les automobilistes, selon Pierre Gosselin.

Ils peuvent aussi utiliser d’autres routes.

Par contre, puisque l’activité physique est bénéfique pour la santé, cela vient contrebalancer l’exposition à la pollution.

Une étude de l’Université Surrey, au Royaume-Uni, révélait en 2015 que s'arrêter à un feu rouge fait augmenter de 25 % notre exposition aux particules fines. Le simple fait de ralentir à l’approche d’une intersection puis d'accélérer rapidement augmente de 29 fois l’exposition aux particules polluantes, selon les conclusions de l’étude.

« Cette pollution extérieure ne reste pas à l’extérieur! » lance le docteur. Elle rentre dans les maisons et contamine les habitants.

Il affirme que certaines analyses à Montréal ont permis de constater qu’il y a 30 % plus de crises d’asthme chez les gens vivant à 200 mètres ou moins d’un boulevard urbain à haute densité de trafic.

À Québec, on compte 300 morts prématurées par année en raison de la pollution de l’air, selon M. Gosselin.

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