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  • Archives
  • Au temps des agences de rencontre

    Formulaire à champs dans un site de rencontre en 1999.

    Depuis la fin des années 90, il est possible de se créer des profils sur différents site web ou applications de rencontre.

    Photo : Radio-Canada

    Radio-Canada

    À l'ère des médias sociaux, est-il plus aisé de trouver l'âme sœur? En cette période de la Saint-Valentin, certains célibataires se téléchargent peut-être une nouvelle application pour faciliter leur recherche. À travers nos archives, voyez à quoi ressemblaient les services de rencontre avant les Tinder, Happn et OkCupid de ce monde.

    Avez-vous connu Télé-Rencontres?

    Il y a 30 ans, ce service de rencontres était particulièrement en vogue.

    Montréal ce soir, 14 février 1989

    « Il est de plus en plus difficile de trouver le partenaire de sa vie », explique l’animateur Charles Tisseyre au Montréal ce soir du 14 février 1989. « Les bars et les discothèques ne sont plus des lieux privilégiés de rencontres et, de plus en plus, on cherche ailleurs ».

    Présenté comme « une innovation de Vidéotron » par la journaliste Martine Lanctôt, Télé-Rencontres permet de rencontrer des gens par l’intermédiaire d’une fiche descriptive avec photo diffusée à la télévision.

    Le service – qui n’existe que depuis un an – compte 2600 personnes inscrites. Pour 50 $, les clients voient leur profil affiché 14 fois en un mois.

    La journaliste Martine Lanctôt mentionne au passage l’engouement autour des cours de séduction, axés sur la communication non verbale. Un outil qui peut aider les célibataires à se démarquer à travers les services de rencontre qui sont de plus en plus populaires.

    « Pendant des générations, ce sont les familles et les amis qui servaient d’entremetteurs », explique la psychologue Diane Thibodeau. Elle observe toutefois que ce modèle a éclaté.

    Mais à quand remontent les premières agences de rencontre?

    Le Sel de la semaine, 23 novembre 1965

    Ce reportage à l’émission Le Sel de la semaine est daté du 23 novembre 1965.

    Le journaliste Jacques Keable s’intéresse au phénomène nouveau des agences matrimoniales. Il a rencontré quelques personnes qui en ont fait l’expérience.

    « Dans le monde moderne, si intriqué, il est très difficile de rencontrer une personne qui nous convient. Disons que c’est surtout les occasions qui manquent », témoigne un homme à la recherche de l’âme sœur.

    Une déclaration qui semble s’appliquer à toutes les époques. La méthode de rencontre, en contrepartie, fait moins l’unanimité.

    « Vous ne vous sentez pas mal à l’aise de réunir des gens dans l’espoir qu’ils vont se plaire? » demande le journaliste à une directrice d’agence. « Est-ce que ça n’a pas l’air d’un marché à un moment donné? »

    Cette dernière affirme simplement offrir des possibilités à ceux qui en demandent. Elle se défend de ne pas offrir de garantie de bonheur « comme quand vous achetez des meubles ».

    Un certain monsieur Meunier a mené son enquête. Il s’inquiète de voir des agences de rencontre percevoir de l’argent en échange d’un service.

    Il croit que certaines agences exploitent bassement la crédulité des gens, mais convient tout de même que d’autres puissent être bien outillées pour orienter une personne vers une autre.

    À preuve, ce jeune couple réuni par une agence matrimoniale et dont le mariage a eu lieu… trois mois après leur rencontre organisée.

    Consommateurs plus, 20 mars 1981

    Il faut être particulièrement vigilant quand on fait affaire avec une entreprise qui exploite les sentiments.

    L’animatrice Louise Arcand

    Le 20 mars 1981, l’émission Consommateurs plus analyse le fonctionnement des agences de rencontre qui apparaît encore nébuleux.

    L’animatrice Louise Arcand explique que plusieurs clients hésitent à partager leur mauvaise expérience avec une agence, car le sujet demeure socialement tabou.

    Et pourtant, les annonces d’agences de rencontre pullulent dans les pages jaunes.

    En 1981, il en coûte en moyenne 300 $ par année pour utiliser ce genre de service. Les agences les plus dispendieuses offrent également des séances avec un psychologue et des cours de personnalité.

    N’empêche, « aller dans une agence, c’est presque un constat d’échec », affirme un ancien client. « Je trouve que ça enlève tout le charme, le flirt, la cour, ça enlève tout ça », déclare une autre.

    De toute évidence, il n’est toujours pas naturel pour les célibataires de se tourner vers une tierce personne pour faciliter les rencontres.

    À travers les témoignages de ces anciens clients penauds, il se dégage quelques affirmations qui demeurent particulièrement actuelles.

    « En dehors des agences de rencontre, c’est très rare que tu vas dire à la deuxième rencontre : ça ne marche pas », souligne l'un d'eux. « Tu vas attendre, tu vas laisser aller les choses… »

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