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Trump éloigne la menace d'une paralysie de l'État, sans renoncer à son mur

Donald Trump lors d'une rencontre à la Maison-Blanche le 12 février 2019.
Le président américain s'est dit insatisfait de l'accord de principe conclu lundi concernant la construction d'un mur à la frontière mexicaine. Photo: Getty Images / Chip Somodevilla
Agence France-Presse

Donald Trump a semblé désamorcer mardi la menace d'une nouvelle paralysie des administrations fédérales américaines, tout en se disant « extrêmement mécontent » d'un accord présenté par des négociateurs républicains et démocrates n'allouant qu'un quart du budget qu'il réclame pour son mur à la frontière avec le Mexique.

Sans préciser comment, le président américain a laissé entendre qu'il pourrait trouver ailleurs, sans passer par le Congrès, des fonds additionnels pour financer ce mur censé lutter contre l'immigration clandestine.

Le temps presse.

Washington a jusqu'à vendredi minuit pour éviter une nouvelle impasse qui conduirait à l'assèchement soudain des budgets, ou paralysie, de 25 % des administrations fédérales.

« Je ne pense pas que nous allons avoir un shutdown », a déclaré M. Trump.

Lundi soir, des négociateurs républicains et démocrates sont parvenus à un accord budgétaire de principe. Il prévoit 1,3 milliard de dollars, notamment pour construire environ 90 km de nouvelles barrières à la frontière avec le Mexique... loin des exigences de Donald Trump, qui réclame près de 6 milliards.

Un projet de loi partant de cet accord pourrait être présenté au Sénat dès mercredi soir.

De la Maison-Blanche, le milliardaire s'est dit « extrêmement mécontent de ce que les démocrates nous ont proposé ». Mais il n'en démord pas : « Quand on additionne ce que je pourrai ajouter, cela va marcher, nous allons construire un beau mur, grand et solide. »

Face à un Congrès divisé entre démocrates et républicains, toute loi budgétaire devra faire l'objet d'un compromis. Donald Trump a droit de veto et pourrait la bloquer, mais la pression est immense sur le président pour éviter une nouvelle paralysie.

Les États-Unis sont encore sous le choc de la plus longue impasse budgétaire partielle de leur histoire, lorsque 800 000 fonctionnaires ont été poussés au chômage forcé ou ont travaillé sans salaire pendant 35 jours, jusqu'au 25 janvier.

Après cet intense bras de fer avec les démocrates, le milliardaire avait finalement cédé en signant la loi budgétaire temporaire qui est valide jusqu'à vendredi, et qui ne comprend pas de financement pour le mur.

Une nouvelle reculade serait très embarrassante face à sa base électorale, alors qu'il vise la réélection en 2020.

« Construisez le mur! » : ce cri avait rythmé ses rassemblements de campagne présidentielle, jusqu'à sa victoire surprise, en 2016.

Devant ses partisans, lundi soir, à El Paso, ville-frontière du Texas, Donald Trump a lancé un nouveau slogan pour 2020 : « Finissez le mur! ».

Le leader républicain au Sénat Mitch McConnell a salué mardi l'accord des négociateurs comme une « bonne nouvelle ».

Il n'y a pas tout ce que le président espérait obtenir, mais c'est un pas dans la bonne direction. J'espère qu'il décidera de promulguer [la loi].

Mitch McConnell, leader de la majorité républicaine au Sénat

Ses mots sont importants, puisque M. McConnell avait refusé, pendant la longue paralysie de décembre et janvier, de soumettre toute loi à un vote sans l'assurance que Donald Trump la signerait. Il avait été échaudé par un brusque revirement du président républicain sur un premier accord budgétaire.

Un texte de compromis avait en effet été approuvé au Sénat en décembre, apparemment avec la garantie qu'il satisfaisait Donald Trump... jusqu'à ce que les voix indignées d'ultraconservateurs poussent le président à faire volte-face.

Or, ces mêmes personnalités n'apprécient pas du tout l'accord annoncé lundi soir.

Un « compromis pourri », a tancé le présentateur de Fox News Sean Hannity, qui a l'oreille du président.

Cet accord « n'est pas une tentative sérieuse de sécuriser notre frontière », a jugé l'élu de la Chambre Mark Meadows, membre influent du Tea Party.

Interrogé sur Fox News, il a cependant eu des mots conciliants pour Donald Trump, qui laissent présager que la voie de sortie apparemment choisie par le président pourrait fonctionner. « Est-ce qu'il me déçoit? Non, c'est le Congrès qui me déçoit », a-t-il déclaré.

Reste que le mystère demeure sur les hypothétiques financements additionnels évoqués par le milliardaire républicain. Et que le pétulant président est un habitué des retournements inattendus.

Depuis plusieurs semaines, Donald Trump se réserve en outre une autre option : le recours à une procédure d'urgence exceptionnelle, pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Une solution qui ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire.

Donald Trump, président des États-Unis

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