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  • Un retrait soviétique qui n'a rien réglé en Afghanistan

    Des soldats soviétiques saluent  d'un blindé qui traverse le pont de l'Amitié entre l'Afghanistan et l'Union soviétique.
    Le retrait des troupes soviétiques d'Afghanistan est achevé le 15 février 1989. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    Le 15 février 1989, l'armée de l'Union soviétique achevait son retrait de l'Afghanistan qu'elle occupait depuis presque 10 ans. Nos journalistes ont constaté à quel point ce retrait était bien vu des Soviétiques. Mais il n'a malheureusement pas contribué à ramener la paix.

    Un retrait qui laisse un goût amer...

    C’était une guerre inutile, insensée, tant de jeunes hommes sont morts. Cette guerre a été criminelle.

    Une citoyenne de Moscou
    Téléjournal, 15 février 1989

    Le 15 février 1989, le correspondant de Radio-Canada à Moscou, Don Murray, assiste au retrait du dernier convoi de soldats soviétiques d’Afghanistan.

    Il présente l’événement dans un reportage diffusé au Téléjournal ce jour-là et qu’anime Bernard Derome.

    Le correspondant Don Murray constate que les militaires soviétiques sont contents, voire soulagés, de quitter le sol afghan.

    Le commandant des forces soviétiques, le général Gromov, affirme à des journalistes soviétiques venus assister à l’événement qu’il est heureux de rentrer dans la mère patrie et qu’il « ne regarde pas en arrière ».

    Pour la petite histoire, le général Gromov aurait copieusement insulté la presse en traversant la frontière soviéto-afghane.

    L'officier affirmera par la suite que ces insultes s'adressaient aux dirigeants soviétiques qui avaient ordonné d’envahir l’Afghanistan en 1979.

    Ils avaient ainsi plongé ses soldats dans un épouvantable bourbier.

    En Union soviétique, et dans la capitale Moscou, le retour des soldats suscite des commentaires critiques.

    L’opinion publique a depuis longtemps condamné la décision du gouvernement soviétique qui a provoqué une guerre inutile et honteuse.

    Le correspondant de Radio-Canada conclut son reportage dans un cimetière moscovite. Il rappelle que 15 000 combattants soviétiques sont morts en Afghanistan depuis 1979, mais seulement 2000 entre le début de l’année 1988 et celui de 1989.

    ... et qui ne ramène pas la paix

    L’animateur Bernard Derome présente à la suite du reportage de Don Murray un portrait sombre de l’Afghanistan qui fait comprendre que le retrait soviétique ne peut apporter la paix.

    Moscou, en quittant l’Afghanistan, a armé le régime communiste resté sur place.

    Les résistants afghans, connus sous le nom de moudjahidines, sont déterminés à renverser le vassal de Moscou.

    Ces moudjahidines sont eux aussi armés jusqu’aux dents par les gouvernements américains et pakistanais.

    Cela laisse peu d'espoir pour un éventuel retour des cinq millions d'Afghans réfugiés dans les pays voisins.

    Une catastrophe annoncée dès 1979

    Le retrait de l’Afghanistan a conclu une campagne militaire désastreuse pour l’Union soviétique.

    Le Point, 11 avril 1988

    L’animateur Simon Durivage nous rappelle, dans un bilan présenté au Point le 11 avril 1988, les raisons qui ont incité l’armée soviétique à quitter l’Afghanistan.

    L’occupation militaire soviétique commencée en 1979 a été dès le début un échec retentissant.

    Le Kremlin n’avait pas compté sur la résistance farouche du peuple afghan. La puissante armée soviétique se heurte à une guérilla déterminée, qui maîtrise le terrain et qui, de plus, est armée par les États-Unis.

    L’invasion de l'Afghanistan deviendra l’équivalent de la guerre du Vietnam pour les Soviétiques.

    De 1989 à 1992, les moudjahidines s’attaquent au gouvernement communiste qu’a laissé en place Moscou après le départ de ses troupes et le renversent. Quatre ans plus tard, ce sont les talibans qui s’emparent à leur tour du pouvoir et permettent à un certain Oussama ben Laden de s’installer dans le pays.

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