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La témérité d’un pilote a mené à l’écrasement aux Bergeronnes il y a trois ans

Le lac Long

L'hydravion était parti du lac Long, à 8 kilomètres de Tadoussac.

Photo : Radio-Canada

Catherine Paradis

Le coroner Arnaud Samson confirme les conclusions du Bureau de la sécurité des transports (BST). Il réitère que le pilote originaire de Saint-David-de-Falardeau Romain Desrosiers a fait des manœuvres trop risquées avant l'écrasement d'un appareil de type Beaver le 23 août 2015.

Romain Desrosiers fait partie des six victimes qui ont péri lors d’un vol touristique alors que leur avion a été emporté dans une vrille accidentelle.

Le pilote était pourtant un professionnel expérimenté qui avait effectué au moins 20 vols similaires dans les six jours précédant l’accident.

Selon les données, le C-FKRJ a suivi pratiquement la même trajectoire que celle des vols précédents […] Les enquêteurs concluent qu’il est possible que son expérience de pilote de brousse ait souvent conduit à manœuvrer près du sol, soit il acceptait le risque, soit il l’ignorait, écrit le coroner Arnaud Samson.

M. Desrosiers volait régulièrement à basse vitesse lors de virages à basse altitude. Par conséquent, il est raisonnable de conclure qu’avec le temps, la limite personnelle du pilote s’était approchée de la limite absolue des performances de l’appareil.

Arnaud Samson, coroner

L’entreprise Air Saguenay ignorait que son pilote y allait de manœuvres aussi risquées.

Air Saguenay n’avait instauré aucune norme particulière pour encadrer les pilotes qui effectuaient les vols touristiques et n’était pas tenue de le faire, peut-on lire dans le rapport du coroner.

Système d’alerte

Sans formuler de recommandation précise, le coroner fait écho au BST qui avait recommandé en 2017 d’obliger les entreprises à installer des systèmes d’avertissement de décrochage dans les appareils.

Selon le coroner Samson, un tel système aurait pu doter M. Desrosiers d'un dernier moyen de défense contre la perte de la maîtrise de son avion. Transports Canada n’a toutefois encore émis aucune réglementation en ce sens pour les entreprises d'aviation.

Comme il le maintenait en 2017, le président d’Air Saguenay, Jean Tremblay, réitère qu’il est plus avantageux de sensibiliser les pilotes aux bonnes conduites d’aviation.

D’ailleurs, son entreprise a imposé des niveaux d’altitude minimale et des inclinaisons maximales à tous ses pilotes depuis l’accident.

Aussi, les heures de vols sont mieux consignées dans le but d’assurer un meilleur suivi du travail des pilotes et des horaires d’inspection des appareils.

Saguenay–Lac-St-Jean

Accidents et catastrophes