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Jody Wilson-Raybould a été victime de racisme et de sexisme, disent des Autochtones

Une femme dans la quarantaine en veste rouge avec une feuille d'érable donne des feuilles rouges à des enfants et des adultes dans une rue lors d'un défilé.
La députée libérale de Vancouver-Granville, Jody Wilson-Raybould, lors du défilé du Nouvel An lunaire, à Vancouver, le 10 février. Photo: Twitter / @Puglaas
Fanny Bédard

La veille de la démission de Jody Wilson-Raybould de ses fonctions ministérielles, l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique (UBCIC) a demandé au premier ministre Justin Trudeau de condamner « des insinuations racistes et sexistes » à l'égard de la députée britanno-colombienne.

L'élue est au coeur d'une tourmente politique après la parution d'un article au sujet d'allégations d'ingérence du cabinet Trudeau dans les poursuites contre SNC-Lavalin

Dans un communiqué, l’UBCIC fait référence à des commentaires peu flatteurs rapportés dans un article de La Presse canadienne de la part de sources anonymes. Ces dernières affirment notamment que la politicienne « rabaisse ouvertement ses collègues » et qu’elle ne « fait les choses que pour elle-même en quelque sorte » et que « tout est très centré sur elle ».

« Ces commentaires hypocrites sont des coups bas lâches qui visent à discréditer l’éthique de travail solide de la ministre Wilson-Raybould. Ils perpétuent les stéréotypes sexistes de l’époque coloniale selon lesquelles les femmes autochtones ne peuvent pas être puissantes, franches et fermes lorsqu'elles occupent des fonctions importantes, mais qu’elles sont plutôt agressives, interventionnistes et égoïstes », est-il écrit.

Ces commentaires de la part de ces employés doivent être reconnus pour ce qu’ils sont : du sexisme flagrant.

UBCIC dans un communiqué

Le groupe félicite la députée libérale Celina Caesar-Chavannes d’avoir pris la défense de sa consoeur en la décrivant comme « acharnée, intelligente et sans complexes ».

Une démission pas si surprise

L’UBCIC ne s'étonne pas de la démission de Mme Wilson-Raybould mardi. Son vice-président, Bob Chamberlain, estime qu’elle a été traitée injustement.

« Je veux vraiment que les Canadiens se souviennent du traitement réservé à cette femme qui est autochtone et qui a toutes les compétences et les prérequis pour être au poste de ministre de la Justice », a déclaré en entrevue M. Chamblerlain.

Le père de Jody Wilson-Raybould, Bill Wilson, n’a pas été surpris, lui non plus, par la démission de sa fille.

« Je pensais qu’elle aurait pu le faire plus tôt. Elle a vraiment pris un coup dans les dents par Trudeau qui l’a rétrogradée », a-t-il déclaré.

« La garder dans le cabinet et non pas l’expulser a peut-être été une façon de la faire taire. J’ai passé beaucoup de temps à Ottawa et je sais comment la politique marche », lance Bill Wilson.

Une politicienne au coeur de la tourmente

Jody Wilson-Raybould se trouve au centre d'une controverse rapportée par le Globe and Mail selon laquelle le premier ministre ou de proches collaborateurs auraient fait pression sur elle afin qu'elle négocie une entente pour éviter un procès dans le dossier de fraude et de corruption de SNC-Lavalin. Justin Trudeau a démenti ces informations.

Toutefois, le Commissariat fédéral aux conflits d’intérêts a annoncé lundi qu’il lancerait une enquête.

Un ancien juge de la Cour suprême comme conseiller

Dans sa lettre de démission, la députée vancouvéroise souligne qu'elle est consciente que les Canadiens aimeraient qu’elle en dise davantage sur des sujets qui se sont retrouvés dans des médias. Elle ajoute avoir fait appel à un ancien juge de la Cour suprême, Thomas Albert Cromwell, pour qu’il lui porte conseil afin de savoir ce que la loi lui permet de dire publiquement dans cette affaire. M. Cromwell a décliné une demande d’entrevue.

Des messages de soutien

La soeur de Jody Wilson-Raybould a publié sur Twitter, mardi, un message évoquant de la fierté pour sa plus jeune soeur. « Tout ce qu'on a, c'est notre intégrité. Peu importe le prix à payer, personne ne doit se compromettre. Il faut rendre hommage à nos ancêtres qui se sont battus et qui se sont sacrifiés pour bâtir un Canada meilleur », écrit-elle.

Sur la page Facebook de l'élue, des centaines de personnes ont publié des messages d'appui et ont souligné l'intégrité de l'ancienne ministre.

Un texte inscrit en anglais félicite la ministre Jody Wilson-Raybould pour avoir eu le courage de démissioner. Des centaines de personnes ont écrit des commentaires de remerciements à la suite de la publication de la lettre de démission de la députée libérale Jody Wilson-Raybould sur sa page Facebook publique. Photo : Radio-Canada

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