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Prise de contrôle du métro : Toronto accepte de négocier avec la province

Des usagers montent à bord d'une rame de métro.

La province pourrait prendre en charge l'entretien des lignes existantes de métro, en plus de contrôler toute nouvelle ligne.

Photo : Radio-Canada / Marko Roy

Radio-Canada

Le gouvernement de Doug Ford annonce la signature d'un protocole d'entente avec la Ville de Toronto pour des négociations quant à la prise en charge possible du métro par la province.

Selon l'une des options qui doivent être étudiées, la province s'occuperait de l'entretien des lignes existantes de métro, en plus de devenir propriétaire de toute nouvelle ligne construite.

La Ville et la Commission de transport (CTT) continueraient, de leur côté, à s'occuper du fonctionnement quotidien du réseau, y compris la gestion des employés.

Le protocole d'entente ne précise pas si la province obtiendrait une portion ou la totalité des recettes générées par les droits de passage payés par les usagers du métro. Les pourparlers ne touchent pas les circuits d'autobus et de tramways qui demeureront sous la responsabilité de la CTT.

La deuxième option sur la table vise uniquement un transfert de propriété et de responsabilité pour les nouvelles lignes de métro, alors qu'une troisième possibilité à l'étude prévoit seulement un réalignement des responsabilités entre la Ville et le provincial concernant la mise en service de nouvelles lignes.

Le ministre ontarien des Transports, Jeff Yurek, rappelle que la prise en charge du métro (uploading en anglais) faisait partie des promesses électorales des conservateurs.

La signature [du protocole d'entente] entre la Province de l'Ontario et la Ville de Toronto signale un intérêt partagé à améliorer le service de métro, à construire plus de projets de transport en commun, d'étendre et d'intégrer le réseau régional et de faciliter les déplacements des gens, affirme-t-il.

Le premier ministre Ford est encore plus direct, semblant déjà décidé à procéder avec la prise de contrôle de l'entretien du métro et faisant fi des deux autres options sur la table.

Cela fait trop longtemps que l'on reporte l'entretien du réseau de métro et les investissements dont il a besoin. Nous attendons également depuis trop longtemps l'expansion du réseau. Depuis des années, la construction de nouvelles stations de métro est entravée par des obstacles administratifs. Il est temps de prendre les choses en main afin de faire bouger les choses.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Notre gouvernement est le mieux placé pour financer les grands projets de transport en commun, parce que les coûts peuvent être amortis à plus long terme, a affirmé le ministre des Transports dans le passé.

L'agence provinciale Metrolinx est déjà responsable de la construction de la nouvelle ligne de train léger de l'avenue Eglinton (Crosstown).

Les élus divisés à Toronto

Nombre de conseillers municipaux à Toronto s'opposent à une prise de contrôle du métro par la province, craignant que le gouvernement Ford n'empoche les revenus de ces lignes dont la CTT se sert actuellement pour financer des circuits d'autobus moins achalandés par exemple.

De son côté, le maire John Tory dit qu'il attend de voir si les discussions avec la province mèneront à une situation plus avantageuse pour les usagers et les contribuables.

Il se défend de plier l'échine face à Doug Ford, réitérant qu'il s'agit simplement de pourparlers, mais tout en admettant que la Ville n'a pas le pouvoir de s'opposer aux volontés du premier ministre, comme ça a été le cas pour la réduction unilatérale de la taille du conseil municipal l'an dernier.

[Le gouvernement provincial] a fait preuve de bonne foi jusqu'à maintenant dans ce dossier. Ils n'ont pas simplement pris le contrôle du métro en nous disant : "c'est à prendre ou à laisser".

John Tory, maire de Toronto

De son côté, le conseiller municipal Josh Matlow ne croit pas à la bonne foi du gouvernement Ford. Pour lui, les conservateurs cherchent à mettre la main sur le métro pour vendre ensuite à des promoteurs les droits territoriaux et aériens entourant les stations.

Ne nous laissons pas berner. L'objectif [de Doug Ford] n'est pas d'améliorer le service de transport en commun.

Josh Matlow, conseiller municipal à Toronto

Son collègue Gord Perks est d'accord : Ce n'est qu'une distraction. Ce dont [le réseau de transport en commun] a besoin, c'est plus d'argent [du provincial]. 

La députée néo-démocrate Jessica Bell abonde dans le même sens. Le métro de Toronto a besoin des investissements provinciaux qui lui sont dus, dit-elle, pas d'un stratagème compliqué de Doug Ford pour séparer le métro de la CTT et en enlever le contrôle des résidents de la région torontoise.

Pour sa part, le groupe de militants CodeRedTO se réjouit de la transparence du processus de négociation, mais tout en affirmant que la CTT a besoin avant tout de financement à long terme, soutenable et prévisible.

Aucun échéancier n'a été donné quant aux négociations entre la province et la Ville.

Quelle priorité?

Par ailleurs, Toronto et l'agence provinciale Metrolinx ont identifié la construction d'une nouvelle ligne de métro au centre-ville comme la priorité en matière d'expansion du réseau dans la région torontoise.

Toutefois, les conservateurs ontariens pourraient être tentés de privilégier plutôt le prolongement du métro vers le nord dans la région de York, riche en partisans potentiels pour les prochaines élections.

M. Ford a aussi affirmé durant la dernière campagne électorale que les résidents de Pickering à 40 km à l'est de Toronto pourront éventuellement monter à bord du métro pour se rendre jusqu’au centre-ville de Toronto. 

Mettre le projet de nouvelle ligne de métro au centre-ville en veilleuse pour que Ford puisse construire des métros vers la banlieue serait un désastre pour la CTT et les usagers à Toronto, selon le chef du Parti vert Mike Schreiner. Il ajoute que les Torontois ne font pas confiance au premier ministre quant à la gestion du métro.

Toronto

Politique provinciale