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Utiliser les médias sociaux pour enseigner sa langue autochtone

Un homme écrit sur un tableau blanc.

James Vukelich enseigne la langue ojibwéE sur Facebook tous les jeudis à 21 h 30.

Photo : James Vukelich

Radio-Canada

De plus en plus de personnes se tournent vers les médias sociaux pour apprendre les langues autochtones. Deux locuteurs ojibwés utilisent Facebook pour établir un contact avec des gens à travers le Canada.

Tous les jeudis, à 21 h 30, James Vukelich, donne un cours d’environ 15 minutes. Chaque vidéo débute avec une salutation en langue traditionnelle ojibwé et donne un « mot du jour ».

« À mon avis, mettre des contenus sur les médias sociaux est un moyen d’offrir gratuitement du matériel linguistique », raconte M. Vukelich.

Ce dernier est un membre de la réserve Turtle Mountain, dans l'État du Minnesota. Il indique que sa mère, sa grand-mère, son grand-père et ses oncles ont tous été placés dans des pensionnats autochtones aux États-Unis. Dans la famille, personne n’a parlé l'ojibwé pendant deux générations.

« Je n'ai pas entendu la langue avant l'âge de 24 ans », raconte-t-il.

À l'origine, il voulait devenir professeur de français. Il est donc allé étudier la langue de Molière à l'Université du Québec à Trois-Rivières. Cependant, afin d'obtenir de l’aide financière pour ses études, il a dû suivre un cours à la maison et a décidé de s'inscrire à un cours d’ojibwé.

« C’était le cours de langue le plus fascinant de ma vie. Je n’ai jamais regretté [ma décision] », affirme-t-il.

Au cours des 10 dernières années, il a travaillé en tant que spécialiste de langues autochtones. Il a aidé à élaborer le programme d’enseignement de l'ojibwé et à former des professeurs de cette langue.

Dans ses vidéos, il décompose différentes parties du « mot du jour » et aborde la philosophie et les enseignements associés au mot. Il emprunte son style d'enseignement à Tobasonakwut Kinew, un aîné anichinabé qui a enseigné au Manitoba et au Minnesota.

« Au cours de ma dernière année d'université, j'ai pu étudier la linguistique sous-tendant son approche scientifique. Tobasonakwut Kinew expliquait le vrai sens du mot quand on le décomposait », raconte-t-il.

Il fait les vidéos depuis deux ans et aime la réaction des apprenants de la langue ojibwée en Amérique du Nord.

L'apprentissage des langues est une affaire de famille

Roy Tom utilise également Facebook pour enseigner l’ojibwé, sauf qu'il n'utilise pas l'anglais dans ses vidéos.

Il a grandi avec cette langue, encore parlée par certains des habitants de sa communauté de Big Grassy First Nation, à environ 100 km au sud de Kenora, en Ontario.

Quelques mois après avoir suivi un atelier, en mai 2018, durant lequel un aîné cri disait qu'il était de la responsabilité de tous d'enseigner les langues autochtones, Roy Tom a eu l’idée de publier des vidéos sur Facebook.

M. Tom a publié environ 50 vidéos. Il utilise des combinaisons de mots aux utilisations pratiques, comme gruau, lait et cassonade.

Il fait également participer ses petits-enfants à ses vidéos.

Récemment, Roy Tom a commencé à organiser des soirées linguistiques hebdomadaires. Le lundi soir, ses enfants, ses petits-enfants et ses amis se réunissent pour enseigner aux enfants des mots courants.

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