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Disparition de David Fortin : un drame qui a fait avancer la lutte contre l’intimidation

David Fortin au  moment de sa disparition et un portrait-robot de lui avec les traits plus vieux.
David Fortin avait 14 ans lorsqu'il a disparu, en 2009. Il en aurait 24 aujourd'hui. Photo: Radio-Canada

Dix ans ont passé depuis la disparition de David Fortin à Alma. L'événement avait alors secoué tout le milieu scolaire, puisque l'adolescent était victime d'intimidation. Depuis, la prévention a fait des pas de géant.

En 2012, la loi sur l'instruction publique a notamment été modifiée pour obliger les écoles à mettre en oeuvre des plans de lutte contre l'intimidation.

Il y a 10 ans, essentiellement, 80 % des écoles n'avaient pas tracé leur plan d'intervention. On intervenait sans avoir de diagnostic. On n'évaluait pas ce qu'on mettait en place. Maintenant, on a l’obligation de tracer un portrait de la situation, de mettre en place des protocoles d’intervention. Ensuite, de revoir les plans d’action aux deux ans, explique Jasmin Roy, qui a mis sur pied une fondation de lutte contre l’intimidation qui porte son nom.

Le psychologue Louis Legault travaillait au ministère de l'Éducation au moment où David Fortin a disparu.

Il croit lui aussi que les écoles sont mieux outillées pour contrer le phénomène, mais que l'intimidation est toujours bien présente.

Selon l'Institut de la statistique du Québec, en 2016-2017, encore le tiers des jeunes du secondaire disaient avoir fait l'objet d'au moins un geste d'intimidation dans leur parcours.

À partir du moment où on a un groupe, on a toujours un potentiel d'avoir un intimidateur, on a toujours le potentiel d'avoir une belle victime. Habituellement, les intimidateurs choisissent toujours une personne qui a plus de difficulté à se défendre, explique Louis Legault.

Avec le développement de nouveaux outils technologiques, l'intimidation peut désormais se transporter en dehors des heures de classe.

Avant, quand le jeune partait de l'école, l'intimidation était terminée. Là, c'est comme s'il n'y avait pas de porte à ça. L'enfant revient de chez eux et là sur Facebook, Instagram, Snapchat, tous les réseaux sociaux que vous voulez, les jeunes continuent à s'intimider, souligne Jacinthe Dion, professeure en psychologie à l’Université du Québec à Chicoutimi.

Jasmin Roy croit qu'il faut maintenant travailler sur les saines habitudes de vie émotionnelles et relationnelles des adolescents afin d'agir à la source du problème.

Pour sa part, la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean a préféré ne pas commenter le triste anniversaire de la disparition de l'un de ses élèves.

Saguenay–Lac-St-Jean

Société