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Des médecins canadiens se mobilisent contre la violence armée

Un ruban jaune de scène de crime et une autopatrouille au loin.

Des médecins canadiens se mobilisent contre la violence armée, qu'ils considèrent comme une crise de santé publique.

Photo : La Presse canadienne / Graeme Roy

Rozenn Nicolle

Une nouvelle organisation rassemblant des médecins d'un peu partout au Canada dénonce le manque de contrôle des armes à feu et évoque une crise de santé publique. Elle souhaite que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour l'enrayer. Celui-ci devra bientôt se prononcer sur le controversé projet de loi C-71.

Une crise de santé publique évitable, c’est dans ces termes que la coprésidente de Canadian Doctors for Protection from Guns (CDPG), la Dre Najma Ahmed, décrit la situation.

La Dre Najma Ahmed en blouse de médecin dans une salle de consultation.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La Dr. Najma Ahmed est chirurgienne au département de traumatologie à l'hôpital St. Michael's de Toronto

Photo :  CBC / Albert Leung

Selon la chirurgienne du centre de traumatologie de l’Hôpital St. Michael , à Toronto, il était temps pour les professionnels de la santé de faire entendre leur voix, et c’est ce qui a motivé la création de CDPG. Un geste qui survient alors que Toronto a connu en 2018 un nombre record de fusillades et d’homicides.

Le 18 février prochain, l’organisation sera entendue par le Comité sénatorial permanent de la sécurité nationale et de la défense, à Ottawa, dans le cadre de l’étude du projet de loi C-71.

Ce projet de loi vise à encadrer plus strictement la commercialisation et la possession d’armes à feu au Canada. Il propose, entre autres, des mesures comme la vérification plus complète des antécédents d’une personne qui demande un permis d’arme à feu ou encore l’obligation pour les commerçants qui vendent des armes de chasse de conserver des dossiers de ces transactions.

Légitimité et contrepoids

Selon Tracey Wilson, vice-présidente chargée des relations publiques pour la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu, la perspective de ces professionnels de la santé n’a pas de légitimité dans ce débat.

Ils ne sont pas des experts en politiques sur les armes à feu, ni des politiciens, ni des avocats, ni des experts en droit criminel.

Tracey Wilson, vice-présidente chargée des relations publiques pour la Coalition canadienne pour le droit aux armes à feu

Elle pense également que la Dre Najma Ahmed, qui a notamment soigné les victimes de la fusillade de l’avenue Danforth, se trompe de combat.

Tracey Wilson aux côtés d'un homme devant un micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tracey Wilson (à droite) est la vice-présidente de la Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu et croit que les médecins n'ont pas de légitimité dans le débat sur le contrôle des armes à feu.

Photo : Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu

C’est une héroïne pour les vies qu’elle a sauvées, mais pas pour être devenue une sorte de porte-parole du contrôle des armes à feu et pour prendre pour cible des millions de Canadiens qui n’ont rien fait de mal, a commenté Mme Wilson.

Les médecins ont toujours été engagés dans les questions de santé publique, rétorque la Dre Najma Ahmed, citant les exemples du tabagisme, des droits reproductifs (avortement) ou encore de la vaccination. « Ce sont des problèmes que les médecins ont signalés grâce à notre unique perspective », a-t-elle avancé.

La raison pour laquelle nous avons des ceintures de sécurité dans les voitures, c’est grâce à l’expertise que les médecins ont apportée.

Dre Najma Ahmed, co-présidente de Canadian Doctors for Protection from Guns (CDPG)

Pour le sénateur André Pratte, parrain de la loi C-71, les médecins sont en première ligne face aux victimes de la violence par armes à feu.

Ils sont ceux qui soignent les blessés, qui constatent les décès, qui rencontrent les familles, mais aussi ceux qui font face aux problèmes de santé mentale qui dans certains cas sont liés à la violence armée, explique le sénateur.

Il soutient que leur perspective ne peut qu’enrichir le débat. Les gens qui s’opposent à toute mesure de contrôle d’arme à feu sont très mobilisés, donc de voir que les gens qui, eux, sont en faveur d’un contrôle serré des armes à feu, se mobilisent eux aussi, je pense que c’est une excellente chose, a-t-il déclaré.

Lancée officiellement le 11 février, l'organisation CDPG appelle à une journée de mobilisation pour plus de contrôle des armes à feu à travers le pays le 3 avril prochain.

Toronto

Santé publique