•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Crise linguistique : la solution passe-t-elle par un sommet des langues officielles?

Carte du Canada avec les drapeaux des différentes communautés francophones du pays.

Carte du Canada avec les drapeaux des différentes communautés francophones du pays.

Photo : Radio-Canada / Philippe Duclos

Angie Bonenfant

Des compressions budgétaires qui briment les acquis des francophones en Ontario. Un gouvernement qui fonctionne avec l'appui d'un parti hostile au bilinguisme au Nouveau-Brunswick. La francophonie quelque peu malmenée au Manitoba et en Saskatchewan. À quand un sommet fédéral sur les langues officielles?

L’idée a été lancée au Comité permanent des langues officielles, jeudi dernier, par le député fédéral de Drummond, le néo-démocrate François Choquette. Mais elle a déjà fait son petit bonhomme de chemin chez plusieurs autres grands ténors des droits linguistiques.

On dirait qu’il y a un recul, de manière générale, de la défense des langues officielles partout au pays.

François Choquette, député fédéral de Drummond

Le commissaire des langues officielles, Raymond Théberge, et le président de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Jean Johnson, ont tous les deux demandé la tenue d’un tel sommet. L’idée est de réunir autour d’une même table les représentants du fédéral, des provinces et des territoires pour qu’ils discutent des enjeux liés à la dualité linguistique.

Il est temps, à mon avis, que le gouvernement fédéral prenne les mesures nécessaires pour établir un dialogue avec les provinces et les territoires pour [...] ultimement trouver des solutions concrètes et durables, a déclaré M. Théberge lors d'une allocution prononcée dans le cadre de la table ronde de l’Institut franco-ontarien, au début du mois.

Le député Choquette veut pousser la réflexion plus loin. Il a déposé un avis de motion qui convoque devant les membres du comité la FCFA, le Quebec Community Groups Network (QCGN), le commissaire aux langues officielles et la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Mélanie Joly.

On a peut-être besoin de mettre en place un forum pour ramener le leadership du bilinguisme canadien, a-t-il dit. On le sait, la Saskatchewan a des ennuis, la Colombie-Britannique, également, avec ses écoles. Au Nouveau-Brunswick, on n’a pas besoin d’en dire plus avec tout ce qui se passe présentement, c’est inquiétant. Au Québec, on a des inquiétudes avec les commissions scolaires.

François Choquette soutient que le pays est mûr pour un tel dialogue, d’autant plus que celui-ci se ferait dans le cadre du 50e anniversaire de la Loi sur les langues officielles.

Stéphanie Chouinard dans les studios de Radio-Canada à Sudbury

Stéphanie Chouinard, politologue au Collège militaire royal du Canada, à Kingston

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

Voué à l'échec?

L’idée semble plaire à bien des élus au niveau fédéral, mais elle soulève quelques doutes chez Stéphanie Chouinard, professeur adjointe au Département de science politique et d'économie au Collège militaire royal du Canada.

Les droits linguistiques reposent sur la bonne foi des personnes à la table. Et, ce que l'on voit depuis les derniers mois, dans les relations entre le gouvernement fédéral et le gouvernement de l'Ontario, en ce qui a trait aux services en français dans cette province, c'est qu'il y a un manque de dialogue total, a-t-elle souligné.

S'il y a un manque de volonté politique, ce forum-là risque d'avoir un impact assez limité.

Stéphanie Chouinard, professeur adjointe, département de Science politique et d'économie au Collège militaire royal du Canada

C'est justement une question que l'on se pose : qui serait invité à ce sommet? Est-ce que ce serait les ministres responsables des langues officielles ou des affaires francophones ou est-ce que ce serait les premiers ministres provinciaux?, a-t-elle demandé. Selon les personnes qui sont intéressées, ça peut amener différentes avancées, mais aussi différents conflits. Par exemple, on sait très bien que le premier ministre de l'Ontario n'est pas le plus grand fan du premier ministre du Canada Justin Trudeau.

Il n'y a pas de recettes miracles, a rappelé Mme Chouinard. Il faut que les acteurs qui se présenteraient à cette table-là soient de bonne foi. Sinon, un tel sommet serait voué à l'échec.

Ottawa-Gatineau

Francophonie