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Le président Trump lors d’une rencontre avec des shérifs à la Maison-Blanche à Washington le 11 février 2019.

Donald Trump exige toujours le déblocage de quelque 5 milliards de dollars pour la construction du mur.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Agence France-Presse

Donald Trump retrouve les estrades de campagne lundi à El Paso, ville frontalière avec le Mexique, pour vanter le mur qu'il réclame à cor et à cri, avec un oeil sur les négociations au Congrès et un autre sur la présidentielle de 2020.

« Nous avons besoin d'un mur. Sans un mur, cela ne fonctionnera pas », a lancé le président américain avant de quitter Washington pour sa première réunion de 2019.

Affaibli par la perte de la Chambre des représentants en novembre et par son recul fin janvier dans le bras de fer qu'il a engagé avec les démocrates sur l'immigration, Donald Trump exige toujours le déblocage de quelque 5 milliards de dollars pour la construction de l'ouvrage controversé.

« Nous allons avoir une foule fantastique », a-t-il prédit, assurant que 75 000 personnes s'étaient inscrites pour venir l'écouter, mais que l'El Paso County Coliseum, d'où il doit s'exprimer, ne contenait que 8000 places.

Deux heures avant son entrée en scène, à quelques centaines de mètres de là, Beto O'Rourke, qui pourrait bien être l'un des acteurs centraux des primaires démocrates, et donc son possible adversaire, participera, lui, à une « marche pour la vérité ».

« Ce soir, depuis la frontière entre les États-Unis et le Mexique, nous répondrons aux mensonges et à la haine par la vérité et une vision ambitieuse et positive pour l'avenir », a tweeté ce quadragénaire parfois comparé à Barack Obama.

« Tout le monde est le bienvenu », a ajouté celui qui a promis de se prononcer sur ses éventuelles ambitions présidentielles d'ici la fin du mois de février.

« Ils vont essayer de faire croire qu'ils ont plus de gens que nous, mais ce ne sera pas le cas », a lancé Donald Trump quelques heures avant cet affrontement à distance.

La manifestation, organisée par plusieurs ONG, vise à dénoncer « l'obsession de Trump pour le mur frontalier et le prisme déformant avec lequel il décrit la vie à El Paso ».

La semaine dernière, lors de son discours annuel devant le Congrès, le locataire de la Maison-Blanche a en effet cité la ville en exemple. Mais ses arguments n'ont pas plu à tous ses habitants, tant s'en faut.

« Elle avait un taux extrêmement élevé de crimes violents et était considérée comme l'une des villes les plus dangereuses du pays, a-t-il affirmé. Depuis qu'une puissante barrière a été mise en place, El Paso est devenue une des villes les plus sûres du pays. »

Conclusion présidentielle? « Les murs fonctionnent, les murs sauvent des vies. »

Sauf que cette description de cette ville texane située à plus de 3000 kilomètres de Washington ne résiste pas à l'analyse des chiffres.

Donald Trump, président des États-Unis

La construction d'une barrière a bien eu lieu sur place en 2008-2009. Or, au cours des 30 dernières années, le pic de la criminalité se situe au milieu des années 1990, avec une baisse d'environ un tiers des crimes violents de 1993 à 2006.

« El Paso est l'une des communautés les plus sûres des États-Unis, et ce, depuis bien avant que le mur soit construit », a souligné l'élue démocrate Veronica Escobar, qui estime que le président américain doit des excuses aux habitants. « Cette désinformation fait des dégâts », a-t-elle ajouté.

À quatre jours d'un possible nouveau « shutdown » (paralysie des administrations fédérales), les deux rassemblements seront scrutés avec attention.

Au Congrès, où les démocrates refusent de débloquer des fonds pour un mur qu'ils jugent inefficace et « immoral », les négociations sont dans l'impasse.

Après 35 jours de blocage, un record dans l'histoire des États-Unis, Donald Trump avait finalement cédé à la fin janvier, signant une loi budgétaire permettant de payer les salaires de quelque 800 000 fonctionnaires fédéraux.

Mais le répit n'a été que temporaire, et la nouvelle échéance, fixée au 15 février, est déjà là.

Depuis plusieurs semaines, la Maison-Blanche brandit la menace d'un recours à une procédure d'urgence exceptionnelle pour débloquer les fonds nécessaires sans passer par le Congrès.

Une loi de 1976, la Loi sur les urgences nationales, autorise en effet le président des États-Unis à invoquer une « urgence » nationale pour activer des pouvoirs extraordinaires.

Conscient qu'une telle initiative, qui ne fait pas l'unanimité dans son camp, ne manquerait pas de déclencher une féroce bataille politico-judiciaire, Donald Trump s'est jusqu'ici gardé de franchir le pas.

Mais la donne pourrait changer dans les jours qui viennent.

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