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Une représentante démocrate s'excuse pour des propos jugés antisémites

Une politicienne portant le foulard devant des micros

La représentante démocrate n'en serait pas à sa première « incartade » sur les réseaux sociaux.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Agence France-Presse

Une élue musulmane démocrate au Congrès américain a présenté des excuses lundi pour avoir affirmé que le soutien américain à Israël était alimenté par des financements de l'AIPAC, le principal lobby pro-israélien aux États-Unis. Ses déclarations ont été considérées comme antisémites et dénoncées jusque dans son propre camp.

« L'antisémitisme est réel et je suis reconnaissante à mes alliés et collègues juifs qui me donnent une leçon sur cette histoire douloureuse de rhétorique antisémite », a affirmé Ilhan Omar, qui siège à la Chambre des représentants depuis début janvier, dans un communiqué.

« Mon intention n'était pas d'offenser mes administrés ou les juifs américains. Il faut toujours être prêt à reculer et à réfléchir aux critiques, comme j'attends des gens qu'ils m'écoutent quand on m'attaque à cause de mon identité », a-t-elle ajouté en présentant des « excuses sans équivoque ».

Mme Omar, fille de réfugiés somaliens, a provoqué un tollé dimanche soir en répondant « l'AIPAC! » à un message sur Twitter lui demandant « qui paie les responsables politiques américains pour être pro-Israël ».

Elle avait déclaré auparavant que la controverse avait grandi « à cause des Benjamin », en référence au visage de Benjamin Franklin qui figure sur les billets de 100 $ US.

Dans son message d'excuses, Ilhan Omar a toutefois insisté sur « le rôle problématique des lobbyistes dans [le] système politique [américain], que ce soit l'AIPAC, la NRA [le lobby proarmes, NDLR] ou l'industrie des énergies fossiles ».

« Ça dure depuis trop longtemps et on doit être prêt à le régler », a-t-elle ajouté.

Critiques de son propre parti

Les dirigeants démocrates à la Chambre des représentants, sa présidente, Nancy Pelosi, en tête, avaient condamné lundi l'usage par Ilhan Omar d'« une rhétorique antisémite et [d']accusations préjudiciables envers les partisans d'Israël ».

Au moins une dizaine d'élus, républicains comme démocrates, avaient demandé que Mme Omar soit sanctionnée pour ses propos.

Eliot Engel, président démocrate de la puissante commission des Affaires étrangères de la Chambre, estimait « choquant qu'un membre du Congrès évoque la rhétorique antisémite de "l'argent juif" ».

La démocrate Debbie Wasserman Schultz, également élue à la Chambre, a dénoncé « des tweets impliquant que le soutien américain à Israël est mené par l'argent plutôt que par des intérêts et des valeurs partagées », et a qualifié ces messages d'« alarmants, offensants et dérangeants ».

Ilhan Omar, seule élue à porter le voile islamique, est au centre d'une controverse depuis qu'elle a annoncé son soutien au mouvement BDS (Boycottage, Désinvestissement, Sanctions), qui appelle au boycottage économique, culturel ou scientifique d'Israël pour protester contre l'occupation des territoires palestiniens. Mais certains partisans d'Israël accusent le BDS d'être une forme d'antisémitisme.

Le soutien à la campagne BDS de Mme Omar et de Rashida Tlaib, l'autre élue musulmane au Congrès, embarrasse le Parti démocrate. La poussée de l'aile gauche aux élections de novembre pourrait rebuter l'électorat modéré, notamment les juifs libéraux, dans l'optique de la présidentielle de 2020.

Selon un sondage publié en mars 2018 par l'institut Gallup sur le conflit israélo-palestinien, 64 % des Américains se disaient proches des Israéliens, contre 19 % pour les Palestiniens.

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