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Manger des légumes locaux durant l’hiver au Bas-Saint-Laurent

Des légumes de conservations
Paniers de légumes de conservation de Saveurs Mitis Photo: Radio-Canada / Isabelle Damphousse

La ferme maraîchère biologique Saveurs Mitis offre depuis 2015 des paniers de légumes de conservation durant l'hiver, aux résidents de la région de Rimouski. Grâce au bouche-à-oreille, la ferme approvisionne maintenant 265 familles ainsi que des marchés d'alimentation et des restaurants.

Un texte d’Isabelle Damphousse

C’est le climat tempéré bas-laurentien qui a donné l’idée à Guillaume Venne et sa conjointe, Corine Pelletier, tous deux agronomes, de produire des légumes de conservation. Un marché de niche jusqu’ici inexploité dans la région.

Le climat est ici est quand même assez particulier, c’est assez froid au printemps et l’automne est assez doux. C’est un climat tempéré, ce qui fait que ça se prête bien aux légumes de conservation.

Guillaume Venne, propriétaire, Saveurs Mitis

De fil en aiguille, avec l’aide de la Financière agricole du Québec, la ferme Saveur Mitis voit le jour.

Un entrepôt de 270 mètres carrés prend place sur les six acres où poussent, du mois de mai à la mi-novembre, une trentaine de légumes. C’est dans cet entrepôt, où la température et l'humidité sont contrôlées, que les légumes sont conservés.

Toutes les étapes de la production sont orientées vers la conservation des légumes : du choix des semences à la récolte, et des travaux du sol jusqu’au nettoyage des légumes.

Un modèle qui permet à Guillaume Venne de répartir la charge de travail sur les douze mois de l’année. Seul bémol, l’entreposage et la livraison, qui demandent plus de manutention. « C’est comme un train », dit-il. « On doit manipuler deux fois la plupart des légumes et il peut y avoir des pertes à l’entreposage, même dans des super bonnes conditions. Un maraîcher d’été n’a pas cette étape-là. »

Peu d’impact environnemental

Ce mode de production a peu d'impact sur l'environnement, selon Guillaume Venne, puisqu’il nécessite très peu d’énergie.

C'est quand même un modèle qui est dur à battre, dans le sens où la production se fait quand la lumière est abondante et l'entreposage se fait quand il fait plus froid.

Guillame Venne, propriétaire, Saveurs Mitis

Du chou kale, des carottes et d’autres variétés moins connues comme le radis daikon ou le persil racine poussent dans la terre noire, qui caractérise le sol de la ferme.

Il serait impossible d’offrir une telle diversité si la ferme n’était pas certifiée biologique, selon son propriétaire. « Le fait de produire biologique comme ça et d’avoir un revenu qui est plus élevé par légume que les producteurs conventionnels, ça nous permet de faire de la diversité », explique-t-il.

Toutefois, Guillame Venne consent que ses clients doivent modifier leurs habitudes alimentaires. « Quelqu'un qui veut continuer à consommer comme l'été en hiver, c'est sûr qu'il ne retrouvera pas chez nous ce qui va combler ses besoins », tout en mentionnant qu'il cultive des carottes mauves, qui sont aussi riches en antioxydants que des bleuets.

Livraison des paniers de légumes de Saveurs Mitis à Rimouski. 2000 kilos de légumes sont livrés toutes les deux semaines au point de livraison à Rimouski. Les clients disent cuisiner plus depuis qu’ils sont abonnés aux paniers d’hiver de Saveur Mitis. Photo : Radio-Canada / Isabelle Damphousse

La ferme Saveurs Mitis s’inscrit dans la tendance vers l’alimentation locale. Une tendance qui émerge aussi au Bas-Saint-Laurent, selon le directeur général de la Coop Alina à Rimouski, Olivier Riopel.

Les légumes de conservations de Saveurs Mitis permettent à la coopérative d’étendre la saison des produits locaux, sans faire de compromis sur la fraîcheur. « Nous quand ça été livré, on dirait que ça été récolté hier ou dans la journée », renchérit-il.

Olivier Riopel croit que le modèle d’affaires de Saveurs Mitis est un créneau porteur. « C’est un modèle qu’on pourrait exporter dans d’autres régions du Québec », dit celui qui croit que l’agriculture nordique a un avenir sur nos tablettes d’épicerie, même durant les longs mois d’hiver.

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