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Venezuela : appel à manifester pour permettre l'entrée de l'aide humanitaire

Juan Guaido

Le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido s'adresse à la foule après une célébration religieuse le 10 février 2019.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Radio-Canada

Au Venezuela, l'opposition s'apprête à prendre la rue à nouveau, aujourd'hui, répondant ainsi à l'appel du président de l'Assemblée nationale, Juan Guaido, reconnu par une cinquantaine de pays comme le président vénézuélien par intérim. Leur principale revendication concerne l'aide humanitaire bloquée à la frontière.

L’opposition souhaite aussi faire de la mobilisation un hommage aux personnes tuées – une quarantaine, selon l’ONU – depuis le début des mouvements de protestation contre le gouvernement, le 21 janvier.

« Nous allons nous mobiliser dans tout le pays pour obtenir l’entrée de l’aide humanitaire qui permettra de répondre à la crise », a déclaré Juan Guaido.

Lundi, lors d'une intervention à la télévision, le président par intérim a fait savoir que la première livraison d'aide humanitaire était arrivée au pays, malgré la présence de l'armée à la frontière.

« Aujourd'hui, nous avons livré les premiers dons, la première cargaison d'aide humanitaire, à petite échelle parce que, comme vous le savez, ils ont bloqué la frontière pour le moment », a-t-il déclaré.

Sans préciser la provenance de cette aide, M. Guaido, qui publié sur Twitter une photo le montrant entouré de boîtes de vitamines et de compléments alimentaires, indique que les premiers camions sont arrivés jeudi dernier à la ville frontalière colombienne de Cucuta et attendent toujours le feu vert du gouvernement pour passer au Venezuela.

Une photo, publiée sur Twitter par Juan Guaido, le montre avec un lot de médicaments et de suppléments alimentaires présentés comme une aide humanitaire que son équipe aurait acheminés au Venezuela.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une photo, publiée sur Twitter par Juan Guaido, le montre avec un lot de médicaments et de suppléments alimentaires présentés comme une aide humanitaire que son équipe aurait acheminés au Venezuela.

Photo : Compte Twitter de Juan Guaido

Le politicien de 35 ans s’est autoproclamé président par intérim le 23 janvier en invoquant la Constitution, après que le Parlement eut déclaré Nicolas Maduro « usurpateur » en raison de sa réélection contestée, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.

Depuis plusieurs jours, son bras de fer avec le chef de l’État pour obtenir la mise en place d’un « gouvernement de transition » et l’organisation « d’élections libres » se concentre sur la livraison de l’aide d’urgence.

Aide bloquée en Colombie

Depuis jeudi dernier, plusieurs tonnes de médicaments, de nourriture et de produits de première nécessité s’empilent à Cucuta, en Colombie, dans des entrepôts de la ville frontalière. Des militaires vénézuéliens qui ont bloqué le pont transfrontalier de Tienditas, avec deux conteneurs et une citerne, en empêchent la livraison.

Un bénévole transporte un sac d'aide humanitaire dans un entrepôt.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des milliers de sacs d'aide humanitaire destinés aux Vénézuéliens attendent dans des entrepôts de Cucuta en Colombie.

Photo : AFP/Getty Images / RAUL ARBOLEDA

Le président en exercice Nicolas Maduro dément l’existence d’une « crise humanitaire » et refuse l’entrée de cette aide. Il considère qu’il s’agirait d’un premier pas vers une intervention militaire des États-Unis.

Nicolas Maduro rejette la responsabilité des pénuries de médicaments et de vivres sur les sanctions américaines. Il a dénoncé vendredi le double jeu de Washington qui maintient des sanctions économiques contre le Venezuela tout en envoyant de l’aide humanitaire.

« Ils nous étranglent pour mieux nous faire mendier des miettes », déclarait-il.

Selon des médias locaux, le gouvernement a fait envoyer des unités des forces spéciales à Tachira, l’État frontalier avec la Colombie.

Nouveau centre d’aide au Brésil

Le Brésil ouvrira un deuxième centre pour stocker à sa frontière l’aide humanitaire fournie par les États-Unis, le gouvernement d’extrême droite du Brésil ainsi que des entreprises privées de plusieurs pays, a annoncé lundi Maria Teresa Belandria, une émissaire de l’opposition vénézuélienne reçue à Brasilia en tant qu’ambassadrice officielle de son pays.

Maria Teresa BelandriaAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

« Nous n'avons pas besoin d'un bâtiment pour être une ambassade », affirme Maria Teresa Belandria, nommée ambassadrice au Brésil par le président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido.

Photo : AFP/Getty Images / SERGIO LIMA

Plusieurs agences gouvernementales brésiliennes seront impliquées dans cette opération, qui permettra l’ouverture d’une nouvelle route pour la livraison de denrées et de médicaments au Venezuela, en plus de la route colombienne, a-t-elle déclaré à des journalistes.

À ses côtés, Lester Toledo, coordonnateur de l’aide humanitaire internationale et député de l’opposition vénézuélienne, s’est dit certain que l’armée de son pays ne s’opposerait pas à la livraison de cette aide « qui est destinée aux enfants ».

Des policiers colombiens derrière une barrière sur un pont.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Agents de la police colombienne sur le pont transfrontalier de Tienditas qui relie la Colombie et le Venezuela.

Photo : AFP/Getty Images / LUIS ROBAYO

Selon l’ONU, 2,3 millions de Vénézuéliens ont quitté le pays depuis 2015, fuyant la plus grave crise économique de l’histoire récente du pays pétrolier.

Une crise qui divise le monde

Les États-Unis, le Canada, une vingtaine de pays européens et de nombreux pays d’Amérique latine ont reconnu Juan Guaido, autoproclamé « président » par intérim, l’appelant à organiser des élections au plus vite. Le chef de l’État en exercice, Nicolas Maduro, peut aussi compter sur des soutiens internationaux, notamment la Chine et la Russie.

Une deuxième enquête vise le président autoproclamé

Juan Guaido fait l’objet d’une enquête administrative pour financement illicite. Il est soupçonné d’avoir « reçu de l’argent provenant d’instances internationales et nationales sans aucune sorte de justification », a affirmé Elvis Amoroso, le fonctionnaire à la tête du Bureau du contrôleur financier du Venezula qui supervise la conduite des fonctionnaires de l’État et a le pouvoir de leur infliger des amendes ou de les rendre inaptes à exercer une fonction publique.

L’organisme a reçu plusieurs plaintes contre le président autoproclamé, a affirmé M. Amoroso, sans préciser leur origine, ce qui a motivé le lancement de l’enquête.

« La Constitution [...] établit que les députés de l’Assemblée nationale sont des députés à plein temps, ne pouvant recevoir aucune rémunération pour d’autres emplois publics ou privés », a-t-il déclaré.

Si l’une des irrégularités présumées est reconnue comme un délit, le Bureau du contrôleur pourra transmettre le dossier au parquet général pour l’ouverture d’une enquête pénale, selon un avocat.

Une autre enquête pour « usurpation » des fonctions du chef de l’État a été lancée le 29 janvier par la Cour suprême, acquise au pouvoir. La Cour a aussi imposé à Juan Guaido une interdiction de sortir du pays et le gel de ses comptes bancaires.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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