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Le commissaire à l'éthique enquêtera sur les allégations concernant SNC-Lavalin

Justin Trudeau dit avoir l'Ontario à l'oeil.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le Commissariat fédéral aux conflits d'intérêts et à l'éthique fera enquête sur les allégations voulant que le gouvernement libéral a fait pression sur le ministère de la Justice pour aider la firme d'ingénierie SNC-Lavalin dans le cadre des poursuites intentées contre l'entreprise.

Cette demande d'enquête, présentée par les députés néo-démocrates Charlie Angus et Nathan Cullen, sera traitée par le commissaire Mario Dion, indique un courriel transmis à Radio-Canada.

Dans une lettre transmise aux deux députés, M. Dion a précisé que son enquête viserait à déterminer si le premier ministre avait personnellement contrevenu à la section 9 de la Loi sur les conflits d'intérêts.

Cette section de la loi interdit « à tout titulaire de charge publique de se prévaloir de ses fonctions officielles pour tenter d’influencer la décision d’une autre personne dans le but de favoriser son intérêt personnel ou celui d’un parent ou d’un ami ou de favoriser de façon irrégulière celui de toute autre personne ».

Voilà plusieurs jours que le gouvernement libéral et le premier ministre sont sous pression pour indiquer si Justin Trudeau a bel et bien demandé à la ministre de la Justice d'alors, Jody Wilson-Raybould, de négocier une entente entre SNC-Lavalin et la Couronne, plutôt que d'aller de l'avant avec un procès pour fraude et corruption.

En point de presse à Vancouver, M. Trudeau a dit « accueillir favorablement l'enquête du Commissariat à l'éthique ».

C'est un dossier qui a fait l'objet de nombreuses discussions au cours des derniers jours, et je pense qu'il est important que les Canadiens continuent de faire confiance au système.

Le premier ministre Justin Trudeau

M. Trudeau a par ailleurs indiqué avoir rencontré la ministre Wilson-Raybould à deux reprises depuis son arrivée à Vancouver, dimanche. Cette dernière lui aurait rappelé une conversation tenue à l'automne, où M. Trudeau aurait assuré à Mme Wilson-Raybould que toute décision importante concernant la directrice des poursuites pénales appartenait justement à celle qui était alors la ministre de la Justice.

« J'ai toujours confiance envers la ministre Wilson-Raybould », a soutenu le premier ministre.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh, qui se trouvait lundi dans la circonscription britanno-colombienne de Burnaby-Sud, a jugé que le feu vert donné à la demande d'enquête du Commissariat à l'éthique « confirme ce que nous savons déjà : qu'il y a raison de croire que M. Trudeau et le gouvernement travaillent pour favoriser les intérêts d'une multinationale cherchant à faire annuler des accusations criminelles, plutôt que de travailler pour les Canadiens ».

Entrevue avec Alain Rayes, lieutenant politique du Parti conservateur pour le Québec

Démenti formel des libéraux

M. Trudeau a nié à plusieurs reprises ces allégations d'ingérence. Quant à la ministre Wilson-Raybould, qui a hérité du portefeuille des Anciens Combattants lors d'un remaniement ministériel, il y a un mois, elle invoque le secret professionnel et refuse de fournir davantage d'informations sur cette affaire.

Les différents partis d'opposition à Ottawa réclament que les libéraux fassent la lumière sur cette affaire. Outre la demande d'enquête déposée par le Nouveau Parti démocratique, les conservateurs exigent que le premier ministre renonce au secret professionnel dans ce dossier, ce qui permettrait à Mme Wilson-Raybould de s'exprimer librement à ce sujet. Jagmeet Singh a emboîté le pas au chef conservateur Andrew Scheer, lundi, en réclamant lui aussi que soit levé le secret professionnel. C'est aussi ce qu'a exigé le lieutenant politique des conservateurs au Québec, Alain Rayes.

« On veut aller au bout du dossier. Les allégations dans le Globe and Mail sont extrêmement graves. S'il se révèle qu'elles sont vraies, on parle d'un acte criminel », a lancé ce dernier en entrevue au Téléjournal Montréal.

Si le premier ministre n’a rien à cacher, il n’a qu’à lever l’accord de confidentialité de l’ex-ministre de la Justice pour qu’elle puisse s’exprimer librement dans ce dossier.

Alain Rayes, lieutenant politique québécois du Parti conservateur

Toujours en point de presse, lundi, M. Trudeau a jugé que la question du secret professionnel était délicate, et a demandé au nouveau ministre de la Justice, David Lametti, d'examiner le tout et de lui fournir des recommandations.

M. Lametti a pour sa part déjà estimé que les allégations, d'abord rapportées par le Globe and Mail, n'avaient pas été corroborées et que le démenti de Justin Trudeau était donc suffisant.

Dimanche, le Toronto Star a rapporté que le chef conservateur Andrew Scheer avait rencontré la direction de SNC-Lavalin, en mai dernier, pour discuter d'un possible accord permettant d'éviter un procès.

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