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Augmentation des activités sismiques à la mine LaRonde

La mine LaRonde, d'Agnico Eagle, est située à Preissac, en Abitibi.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Piel Côté

Les événements sismiques liés à l'activité minière sont en hausse en Abitibi-Témiscamingue depuis les dernières années. La sismicité est un défi de tous les instants pour les entreprises comme Agnico Eagle, qui doivent exploiter des gisements de plus en plus profonds.

À la mine LaRonde, les secousses d'une magnitude 2 et 3 ont doublé entre 2017 et 2018. De plus, les secousses de magnitude 3 et 4 survenues en janvier 2019 égalent déjà le nombre de secousses survenues sur toute l'année précédente.

Un tableau indique le nombre de secousses sismiques, par année et pas magnitude, à la mine LaRonde.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ce tableau indique le nombre de secousses sismiques à la mine LaRonde, d'Agnico Eagle, entre 2015 et 2019.

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Cette situation est attribuable à l'exploitation d'un gisement de plus en plus profond, admet le directeur général de la mine LaRonde, Christian Goulet. Quand il est question de profondeur, cela signifie qu'on a plus de pression dans le massif rocheux et davantage de contraintes, explique-t-il. Les mines d'aujourd'hui sont plus sujettes à avoir de l'activité sismique.

Un homme portant un manteau d'Agnico Eagle accorde une entrevue à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Christian Goulet, directeur général de la mine LaRonde

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Une affirmation appuyée par le surintendant en ingénierie de l'endroit, Pascal Turcotte. C'est quelque chose qui était prévisible, parce qu'on s'en va en profondeur, précise celui qui est aussi ingénieur en mécanique des roches.

Une situation normale

Les chantiers de minage sont nombreux à LaRonde et cela oblige la direction à planifier avec rigueur leur exploitation. Pascal Turcotte explique qu'il faut respecter la séquence où l'on opère ces chantiers.

Cet ordre-là est décidé pour minimiser l'impact de la modification du massif rocheux. Chaque mois, on vérifie une séquence de trois mois d'activités pour s'assurer que c'est bien fait et que l'on suit les règles de l'art, soutient-il.

Un homme portant un chandail d'Agnico Eagle accorde une entrevue à la caméra.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Pascal Turcotte, surintendant en ingénierie

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

À LaRonde, une équipe de sept personnes gère la sismicité. Ce groupe analyse les données obtenues par 100 capteurs installés sur le site.

La clé de la sécurité

Les ingénieurs portent aussi une attention particulière à la façon de remblayer les galeries minées, puisque c'est ce qui leur permet de résister à la pression du massif rocheux.

On s'assure tous les jours de bien suivre les plans et devis, dans les secteurs normaux tout comme dans les secteurs sismiques. On effectue un suivi de formation géologique avec nos travailleurs qui se fait aussi au quotidien, ajoute le superviseur général mine développement chez Agnico Eagle, Alain Bordeleau.

La science démontre aussi que cette façon de faire est présentement la meilleure, selon le professeur titulaire de l'Institut de recherche en mines et en environnement de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), Tikou Belem. Auparavant, les minières laissaient des poutres naturelles soutenir les galeries, mais désormais, elles excavent et remblaient au complet, ce qui assure un meilleur support au massif.

Un homme portant de l'équipement de protection dans une usine accorde une entrevue au micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tikou Belem, professeur titulaire de l'Institut de recherche en mines et en environnement de l'UQAT

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Les mines provoquent les secousses sismiques

Tikou Belem croit que l'extraction minière perturbe l'environnement. L'extraction cause un stress sur le massif rocheux et peut générer du mouvement souterrain. La façon la plus facile pour libérer l'énergie est là où il y a du vide, affirme le professeur.

La science et la recherche prouvent que les mines sont majoritairement responsables de leurs activités sismiques.

Quand on fait une omelette, êtes-vous responsable d'avoir cassé les oeufs? Eh bien oui.

Tikou Belem, professeur titulaire Institut de recherche en mines et en environnement à l'UQAT

Les risques du métier

Pour les mineurs, les risques font partie du métier. La grande majorité de ces travailleurs parviennent toutefois à oublier le danger, qui est pourtant omniprésent.

On n'est plus en 1930 et on vit avec, on s'habitue. Personnellement, je crois que la route 117 est plus meurtrière que l'industrie minière, lance un travailleur d'Agnico Eagle, Éric Gilbert.

Un mineur portant un casque avec une lampe frontale écoute la question d'un journaliste hors-champ.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Éric Gilbert, employé de la mine LaRonde

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

Le directeur général de la mine, Christian Goulet, croit cependant que la meilleure façon de rassurer les mineurs est d'être transparent.

C'est important qu'ils comprennent ce qui se passe dans leur environnement de travail, dit-il. Ce n'est pas qu'en publiant un mémo que l'on peut avoir un échange avec eux.

Preissac peu importunée

La municipalité de Preissac est à proximité de deux des plus grandes mines de la région, soit LaRonde et Westwood. Des citoyens ont posé des questions au cours de la dernière année, mais le maire de l'endroit, Stéphan Lavoie, n'a toutefois pas vu de conséquence importante à l'augmentation des activités sismiques minières.

Stéphan Lavoie accorde une entrevue au micro.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Stéphan Lavoie, maire de Preissac

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

À l'heure actuelle, les minières ont très bien répondu aux citoyens et des réponses ont été données à tout le monde, explique le maire.

Abitibi–Témiscamingue

Ressources naturelles