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Trump annonce un plan pour développer l’intelligence artificielle

Donald Trump parle au micro derrière un podium portant le sceau présidentiel.

De nombreux experts soulignent le flou qui entoure cette annonce du président américain puisqu'aucun chiffre n’a été dévoilé.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Delphine Jung

Donald Trump lance son « American AI initiative » lundi, en demandant aux agences du gouvernement fédéral de consacrer plus de ressources et d'investissements pour la recherche et la promotion de l'intelligence artificielle. Pas de quoi mettre en danger le rayonnement de Montréal et plus largement du Canada dans ce domaine, croient des experts.

L’annonce de M. Trump, qui n’a toutefois pas été accompagnée d’un budget précis, vise à faire en sorte que les États-Unis conservent leur avance sur la recherche et le développement en matière d’intelligence artificielle (IA).

Contactée par Radio-Canada, Elsa Kania, collaboratrice du Centre pour une nouvelle sécurité américaine, un groupe de réflexion sur la politique en matière de sécurité nationale et de défense, se dit très « enthousiaste » quant à la nouvelle.

J'espère que son exécution et sa mise en œuvre seront à la mesure du défi concurrentiel auquel les États-Unis sont actuellement confrontés.

Elsa Kania, collaboratrice du Centre pour une nouvelle sécurité américaine

Pour elle, il est important que les États-Unis mettent en place une réelle stratégie concernant l’IA, notamment pour ne pas se faire devancer par la Chine, qui a développé ces dernières années des compétences dans ce domaine.

La Chine est ainsi devenue « un puissant concurrent », assure Mme Kania.

« Jusqu'à cette nouvelle initiative, le gouvernement des États-Unis n'avait pas encore présenté et mis en œuvre une stratégie nationale qui s'attaquait aux défis multiformes que l'IA présente. Notre leadership en matière d’IA ne sera jamais assuré ni incontesté, mais il existe d’importantes possibilités de renforcer la compétitivité américaine par le biais de politiques qui reconnaissent et renforcent nos principaux avantages », croit l’experte.

Jean-François Gagné, professeur en science politique à l’Université de Montréal, a analysé les stratégies nationales de l’IA. Il pense que Donald Trump a dû subir quelques « pressions pour que le gouvernement appuie les différentes entreprises » qui souhaitent se développer dans le domaine de l’IA.

La place de Montréal assurée

Ces mesures n’inquiètent toutefois pas Pierre Boivin, coprésident du Comité d'orientation pour la création de la grappe québécoise en intelligence artificielle.

Pierre Boivin lors d'une entrevue à Radio-Canada

Pour Pierre Boivin, le rayonnement de Montréal dans le domaine de l’IA ne fait pas de doute,

Photo : Radio-Canada

Pour lui, le rayonnement de Montréal dans le domaine de l’IA ne fait pas de doute, même si les États-Unis sont « l’un des leaders dans le secteur ».

« Montréal ne doit pas craindre cette annonce. J’ai plus l’impression que c’est de l’opportunisme de la part de M. Trump. Il faudra voir quels seront les programmes mis en place, leur ampleur et le montant des fonds alloués, car pour le moment, il n’y a rien de concret d’annoncé. », dit-il.

En effet, de nombreux experts soulignent le flou qui entoure cette annonce, puisqu’aucun chiffre n’a été dévoilé.

Pour M. Gagné, il est important de souligner que la dynamique qui existe à Montréal est différente de celle qui prédomine dans la Silicon Valley.

Là-bas, les principaux acteurs sont des entreprises privées comme Google, Facebook, Amazon ou encore Microsoft. Ici, ce sont des universités.

Jean-François Gagné, professeur en science politique

D’ailleurs, il ne pense pas que ces entreprises aient fondamentalement besoin de financement de la part du gouvernement, mais plutôt de contrats, car c’est dans ce cadre qu’elles développent leur expertise.

Par ailleurs, l’avancée américaine en matière d’IA est en partie due à sa capacité à attirer des talents étrangers, mais les récentes annonces en matière de politique migratoire américaine peuvent changer la donne.

« Montréal, le Québec et le Canada sont des terres d’accueil plus inclusives que les États-Unis actuellement. Il y a aussi le fait que la communauté scientifique est en général très responsable. Et si on regarde l’ensemble de la politique américaine du moment, je ne suis pas certain que les valeurs des chercheurs soient en adéquation avec celle-ci », ajoute M. Boivin.

Le Canada en avance

D’après l’Institut canadien de recherches avancées (CIFAR), le Canada est devenu en mars 2017 le premier pays à diffuser et à mettre en œuvre une stratégie visant à promouvoir l’utilisation et le développement de l’IA.

Le premier ministre Justin Trudeau posant pour un égoportrait avec un jeune homme barbu. Les deux hommes portent un veston-cravate.

Le premier ministre Justin Trudeau dans les locaux d’Element AI à Montréal pour annoncer un investissement de 230 millions de dollars à la supergrappe pancanadienne des chaînes d'approvisionnement intelligentes, SCALE.AI.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Depuis, 17 autres gouvernements ont lancé des stratégies de plusieurs millions voire milliards de dollars sur l’avenir de l’IA.

Avec les informations de Reuters

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