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Le difficile recrutement d'Autochtones à la Ville de Montréal

La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau.
La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau. Photo: Courtoisie - Ville de Montréal
Yannick Donahue

La Ville de Montréal veut augmenter le nombre d'Autochtones qu'elle emploie. Elle a créé un programme de stages qui vise ultimement à diversifier sa main-d'œuvre en donnant une première chance à des Autochtones.

Intitulé Liaison Emploi Autochtones, ce programme d’intégration à l’emploi destiné spécifiquement aux Autochtones est composé de 11 stages rémunérés d'une durée de 26 semaines qui s’adresse à des candidats diplômés, avec ou sans expérience de travail.

La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau, indique que ce programme s’inscrit dans une démarche visant à se rapprocher des Autochtones.

La Ville de Montréal a vraiment le désir et la volonté d’accroître le nombre d’employés autochtones. Une des façons de faire qu’on a trouvée, c’est de lancer un programme de stages.

Me Marie-Ève Bordeleau

La Ville de Montréal a un gros retard à combler sur le plan de la représentativité autochtone dans sa fonction publique : sur les 26 000 employés qui forment sa main-d’œuvre, 82 sont issus des premiers peuples.

Les 82 Autochtones employés par la Ville sont cadres (au nombre de huit), policiers, cols bleus et cols blancs.

« Il n’y avait pas de programme de stages pour les Autochtones avant. Donc, c’est une première. Je suis vraiment très fière qu’on soit capable d’offrir 11 stages à des Autochtones », a déclaré Mme Bordeleau.

Le projet permettra concrètement d’améliorer l’employabilité des participants par le travail, le développement de compétences et l’acquisition d’une expérience de travail qualifiante.

Les stages à pourvoir touchent divers domaines : la culture, la recherche, le développement économique, l’animation, les communications, l’aménagement, la restauration…

Il y a un accompagnement effectué dans le cadre de ce programme, où la personne n’est pas laissée à elle-même. Un mentor lui est attribué et veille sur elle.

Les diplômes exigés varient selon les postes affichés : secondaire, professionnel, collégial ou universitaire. Le taux horaire diffère également selon les postes proposés.

« Ce qui est intéressant également à propos de ces stages, c’est qu’ils sont offerts aux personnes autochtones seulement, mais pas seulement dans des domaines autochtones. Cela va permettre aux gens de développer leurs compétences et d’acquérir une expérience de travail dans un domaine autre que dans un domaine autochtone », a déclaré Mme Bordeleau.

Plus précisément, ce programme s’adresse aux personnes autochtones qui éprouvent de la difficulté à obtenir une expérience de travail dans leur domaine de formation ou qui vivent des problèmes d’intégration en emploi.

Les Autochtones intéressés par cette initiative ont jusqu'au 15 février pour soumettre leur candidature via le site Internet de la Ville de Montréal (Nouvelle fenêtre).

Les projets à venir

En entrevue à Radio-Canada, la commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal, Me Marie-Ève Bordeleau, a aussi fait le point sur les priorités de l’administration Plante pour l’année en cours en ce qui a trait aux Autochtones.

Dans le cadre du processus de réconciliation, la Ville de Montréal a organisé en 2018 une grande consultation des partenaires autochtones pour sonder leurs visions et leurs priorités des partenaires.

Le premier Sommet des Premières Nations et des municipalités s’est tenu à l’hôtel de ville de Montréal le 30 août 2018. L'initiative a abouti à plusieurs engagements, notamment sur l'emploi et la lutte contre la discrimination.

Suivant la consultation des partenaires autochtones, on est en train de développer une grande stratégie de réconciliation qu’on va être capable de déployer au cours de l’année 2019.

Me Marie-Ève Bordeleau

La Ville s’affaire en même temps à appliquer certaines mesures qui relèvent de cette stratégie.

« Par exemple, le 21 juin dernier, la mairesse a annoncé que la Ville de Montréal s’engageait dans un processus de rapatriement de sépultures autochtones. En ce moment, on est en train de travailler avec un comité autochtone à développer des lignes directrices et les conditions de rapatriement », a-t-elle déclaré.

De plus, la municipalité offrira des outils de formation à son personnel concernant les Autochtones. On parle ici d’un jeu en ligne de type interactif et de journées de formation données en salle qui incluent conférences et ateliers.

« Ce sont deux types de formation, auxquelles les employés de la Ville de Montréal auront accès, qui permettront de donner les compétences concernant les réalités des peuples autochtones », a précisé Mme Bordeleau.

La commissaire aux relations avec les peuples autochtones à la Ville de Montréal n’a pas été en mesure de nous dire où en est rendu le projet de musée Autochtone et le processus visant à renommer la rue Amherst.

Avec la collaboration de Laurence Niosi

Autochtones

Société