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L’économie britannique minée par les inconnues liées au Brexit

Dans les bureaux des marchés IG à Londres, un moniteur montre la baisse de la valeur de la livre sterling alors que le Parlement avait voté sur le plan de Theresa May pour le Brexit.
L'économie britannique est fortement perturbée à cause de toutes les inconnues qui subsistent autour de l'accord du Brexit. Photo: AFP/Getty Images / PAUL ELLIS
Radio-Canada

Des données publiées lundi annoncent que la croissance en Grande-Bretagne est à son plus bas niveau depuis six ans, tandis que d'autres prévoient la perte d'un demi-million d'emplois en cas de Brexit dur, c'est-à-dire sans accord avec l'Union européenne (UE).

La croissance de la Grande-Bretagne s’élève péniblement à 1,4 % en 2018 et le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 0,4 % sur le seul mois de décembre, d’après l'Office national de la statistique (ONS) qui a publié ces données lundi.

Il s’agit du plus mauvais résultat depuis mars 2016.

L’ONS explique que les inquiétudes autour du Brexit ont découragé l'investissement des entreprises, tandis que le ralentissement économique mondial a freiné le commerce extérieur.

« Ce chiffre mensuel est très mauvais », commente Kallum Pickering, économiste qui suit le Royaume-Uni pour la banque d’investissement Berenberg.

Les données mensuelles peuvent être volatiles, mais c'est un mauvais signe à l'orée de 2019, avec l'incertitude autour du Brexit qui est à son pic et des signes de ralentissement de l'activité en zone euro et aux États-Unis.

Kallum Pickering, économiste

Lundi, le maire de Londres, Sadiq Khan, a lancé un message alertant sur les conséquences d’une sortie de l’Union européenne sans accord.

Il a commandé une analyse qui prédit une « décennie perdue », un marasme économique et de fortes pertes d’emplois en cas de Brexit dur.

Sadiq KhanLe maire de Londres, Sadiq Khan, a toujours soutenu le maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne. Photo : The Associated Press / Robert Stevens

L’analyse réalisée par Cambridge Econometrics évoque la perte d’un demi-million d’emplois dont 87 000 seulement dans la capitale.

Elle prévoit aussi une perte de près de 50 milliards de livres sterling d’investissements d’ici 2030.

La banque centrale prévoit elle aussi une baisse de l'investissement des entreprises et des ménages cette année, et une réduction de moitié de la croissance des exportations.

Il y a deux ans déjà, les calculs du Trésor britannique sur le coût immédiat de la sortie de l’Union européenne prévoyaient que le pays entrerait en récession et que 500 000 emplois seraient détruits.

« Si le gouvernement continuait à mal gérer les négociations, nous pourrions nous diriger vers une décennie perdue », a commenté M. Khan.

L'analyse conclut que plus le Brexit est dur, plus l'impact potentiel sur l'emploi, la croissance et le niveau de vie est important.

Sadiq Khan, maire de Londres

Le maire travailliste est connu pour être un fervent partisan de la campagne du « stay » et il a toujours défendu vigoureusement le maintien du Royaume-Uni dans le marché unique et l'union douanière de l'UE.

Les mauvaises nouvelles pour l’économie britannique ne s’arrêtent pas là, puisque d’après l’ONS, l'investissement des entreprises a également reculé de 3,7 % par rapport au quatrième trimestre 2017, sa plus forte baisse depuis les trois premiers mois de 2010, quand le pays sortait de récession.

Les derniers mois de l’année 2018 ont vu la croissance fléchir dans toutes les grandes économies, en partie à cause des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, mais le difficile divorce avec l'Union européenne a encore compliqué la donne pour le Royaume-Uni.

« Le PIB a ralenti pendant les trois derniers mois de l'année avec de fortes baisses dans la production de véhicules et de produits sidérurgiques et également un déclin dans la construction », a déclaré Rob Kent-Smith, statisticien à l'ONS.

La consommation des ménages, principal moteur de la croissance étonnamment forte en milieu d'année, a toutefois fait preuve de résilience avec une progression de 1,9 % sur un an.

Le ministre des Finances, Philip Hammond, a assuré que les derniers chiffres témoignaient d'une économie toujours « fondamentalement solide » et a ajouté que les prévisionnistes de l'État n'anticipaient pas une récession.

Avec les informations de Reuters, et The Guardian

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