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Chine et États-Unis reprennent les négociations avant la « tempête » annoncée par le FMI

Les présidents chinoix Xi Jinping et américain Donald Trump
La perspective d'une aggravation de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis pèse sur les marchés financiers mondiaux, qui redoutent ses conséquences pour l'économie mondiale. Photo: Reuters / Thomas Peter
Agence France-Presse

Chinois et Américains ont repris lundi leurs négociations commerciales alors que le FMI a mis en garde contre une « tempête » sur l'économie mondiale liée, en partie, aux hausses de droits de douane décidées par les deux géants mondiaux.

À moins de trois semaines de l'échéance fixée par le président américain, Donald Trump, et donc avant une nouvelle salve de sanctions commerciales contre la Chine, le représentant adjoint au Commerce, Jeffrey Gerrish, a entamé à Pékin des discussions préliminaires.

M. Gerrish, qui avait déjà engagé des négociations début janvier dans la capitale chinoise, a quitté son hôtel de Pékin en début de journée, sans aucune déclaration à la presse.

Ces tractations doivent précéder des discussions jeudi et vendredi à Pékin avec les hauts responsables de la négociation : le représentant pour le Commerce, Robert Lighthizer, et le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, côté américain et, côté chinois, le vice-premier ministre, Liu He, et le gouverneur de la banque centrale, Yi Gang.

Ces discussions font suite à celles organisées le mois dernier à Washington, qui ont donné lieu à un entretien entre Liu He et Donald Trump.

Après un regain d'optimisme à la suite de ces négociations, l'administration Trump était moins positive la semaine dernière, assurant qu'il y avait « encore beaucoup de travail » avant que les deux premières puissances économiques du monde ne parviennent à surmonter leurs multiples différends.

Un porte conteneurs en cours de déchargementLa Chine dégage de ses échanges bilatéraux un énorme excédent commercial. Photo : Getty Images / AFP/Getty Images

Donald Trump, qui avait annoncé une réunion avec le président chinois Xi Jinping « dans un avenir proche », a même indiqué qu'il n'avait pas prévu de le rencontrer avant l'échéance de début mars.

Lors d'un entretien début décembre en Argentine, les deux présidents se sont fixé cette échéance pour parvenir à un règlement négocié.

Passé cette date, des droits de douane frappant l'équivalent de 200 milliards de dollars d'importations chinoises annuelles aux États-Unis seront portés de 10 % à 25 %.

Outre l'énorme excédent commercial que la Chine dégage de ses échanges bilatéraux, Washington exige qu'elle mette fin à ses pratiques jugées déloyales telles que le transfert forcé de technologies américaines, le « vol » de la propriété intellectuelle américaine, le piratage informatique, ainsi que les subventions massives accordées aux entreprises publiques pour en faire des champions nationaux.

Car dans ce conflit se joue la position dominante des deux pays dans les hautes technologies de demain.

La technologie est l'avantage le plus important dont disposent les Américains. Nous sommes innovants, nous sommes excellents sur le plan technologique.

Robert Lighthizer, représentant pour le Commerce

La perspective d'une aggravation de la guerre commerciale pèse sur les marchés financiers mondiaux, qui redoutent ses conséquences sur l'économie mondiale.

Situation électrique

Elle inquiète aussi Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qui a lancé une mise en garde dimanche à Dubaï contre une éventuelle « tempête » économique mondiale.

Mme Lagarde a évoqué ce qu'elle a appelé les « quatre nuages » qui menacent la planète : les tensions commerciales, le resserrement des taux d'emprunt, le Brexit et le ralentissement de l'économie chinoise.

Selon elle, les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis ont commencé à influer sur l'économie mondiale.

« Quand il y a trop de nuages, il suffit d'un éclair pour déclencher la tempête », a averti Mme Lagarde, qui a appelé les gouvernements à s'y préparer et à éviter le protectionnisme.

Dans une note, les économistes de la banque française Société Générale estiment que les discussions de cette semaine « pourraient déboucher sur des progrès à l'approche de l'échéance du 1er mars », même s’ils ne s'attendent toutefois pas à « une percée ».

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