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Les forces arabo-kurdes poursuivent l'offensive contre le dernier bastion de l'EI en Syrie

Un soldat pointe son arme vers une ville.
Un combattant de l'alliance arabo-kurde en position sur un toit à Bagouz, en Syrie. Photo: Getty Images / Chris McGrath
Agence France-Presse

Appuyées par les tirs d'artillerie de la coalition internationale, les forces arabo-kurdes poursuivent lundi leur assaut « final » contre l'ultime poche du groupe État islamique (EI) en Syrie, où quelques centaines de djihadistes opposent une résistance acharnée.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la proclamation d'un « califat » sur de vastes régions conquises en Syrie et en Irak voisin, les djihadistes, affaiblis par de multiples offensives, sont aujourd'hui acculés dans une petite poche de la province orientale de Deir Ezzor, près de la frontière irakienne.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont lancé samedi leur « bataille finale » contre ce secteur, où sont retranchés entre 500 et 600 djihadistes, selon l'alliance arabo-kurde soutenue par Washington.

« Les FDS progressent lentement dans ce qui reste de la poche de l'EI », a indiqué lundi l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

« Il y a des frappes aériennes sporadiques, mais il y a surtout des tirs d'artillerie de la coalition internationale », emmenée par Washington, a souligné le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

Les tireurs d'élite, les mines enfouies et les tunnels creusés par les djihadistes ralentissent les opérations, d'après la même source.

L'OSDH rapporte qu'au moins 16 civils, dont 7 enfants, ont été tués lundi dans ces raids aériens.

Lente progression

Depuis le lancement de leur offensive en septembre, les FDS ont essuyé plusieurs contre-attaques meurtrières menées périodiquement par les djihadistes.

L'EI retient également « des dizaines d'otages des FDS », a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole de la force arabo-kurde, Mustefa Bali.

Des dizaines de milliers de personnes, principalement des familles de djihadistes, ont fui les combats ces deux derniers mois pour se rendre dans des secteurs aux mains des FDS.

Près du village de Baghouz, les enquêteurs des FDS procèdent à des fouilles et à des interrogatoires poussés pour identifier les potentiels djihadistes qui tentent de fuir parmi les civils.

Environ 600 personnes ont quitté dimanche le réduit djihadiste, selon l'OSDH. Parmi elles se trouvaient 20 membres présumés de l'EI, notamment deux femmes françaises, sept Turcs, et trois Ukrainiens, a précisé l'Observatoire.

Dimanche, M. Bali a rapporté une progression des FDS sur le terrain lors « d'affrontements directs à l'arme légère », tandis que les djihadistes ont cédé des dizaines de positions et vu leurs « fortifications » détruites.

Dernier bastion

Une colonne de fumée s'élève sur une ville de SyrieUne frappe aérienne laisse une colonne de fumée sur la ville de Bagouz où les derniers combattants de l'EI sont retranchés. Photo : Getty Images / Chris McGrath

Le dernier carré djihadiste représente moins de 1 % du « califat » autoproclamé par l'EI, qui s'étalait autrefois sur une superficie comparable à celle de la Grande-Bretagne.

Alors que l'EI est sur le point d'être défait, le sort de son chef, Abou Bakr Al-Baghdadi, demeure par ailleurs inconnu.

Donné pour mort à plusieurs reprises, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier sur la messagerie Telegram via des comptes pro-EI.

« Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas d'informations sur une présence de Baghdadi en Syrie, et nous ne pensons pas qu'il s'y trouve », a affirmé le porte-parole des FDS.

Le président américain Donald Trump a récemment pronostiqué la « libération » imminente de « 100 % » des territoires autrefois contrôlés par l'EI, ajoutant qu'une « annonce formelle » en ce sens pourrait intervenir très rapidement.

Une défaite de l'EI ouvrirait la voie au désengagement, annoncé en décembre par M. Trump, des quelque 2000 militaires américains déployés en Syrie pour lutter contre les djihadistes.

Mais en l'absence d'un engagement antiterroriste soutenu, il ne faudrait à l'EI que 6 à 12 mois pour entamer une « résurgence » et « reconquérir des territoires restreints », a mis en garde l'armée américaine dans un rapport publié ce mois.

Hormis son ultime réduit en déliquescence dans l'est syrien, l'EI n'a plus que des combattants dispersés dans le vaste désert s'étendant du centre du pays à Deir Ezzor.

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers, dont des attaques suicides. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

Selon des analystes, l'EI a entamé sa mue en organisation clandestine en se cachant dans le désert ou en développant des « cellules dormantes » dans les territoires qu'il a perdus, mais où il continue de sévir.

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts. L'assaut final contre l'EI représente aujourd'hui le principal front, alors que les combats ailleurs ont fortement baissé en intensité.

Le régime de Bachar Al-Assad, soutenu par la Russie, contrôle désormais près des deux tiers du pays, après avoir enchaîné les victoires face aux rebelles et djihadistes.

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