•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Adapter la médecine aux changements climatiques

De la pluie, du verglas, du grésil et de la neige tomberont sur l'est du pays jusqu'à mercredi. Photo: getty images/istockphoto / nemar74
Marie-Laurence Delainey

Écarts de températures, précipitations extrêmes... Les changements climatiques peuvent entraîner une augmentation du nombre d'hospitalisations et même, parfois, de décès. L'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) veut sensibiliser les professionnels de la santé aux impacts du climat sur leurs patients.

Selon un sondage réalisé en 2015 par l'INSPQ et l'Université Laval, 65 % des médecins affirmaient que leur formation ne les avait pas préparés aux changements climatiques.

Radio-Canada a obtenu copie d’un document qui vise à les sensibiliser. Changements climatiques et santé : prévenir, soigner et s’adapter a été rédigé par quatre médecins et chercheurs de l’INSPQ et sera bientôt disponible pour les médecins et infirmières, mais aussi pour la population en général.

La responsable scientifique du programme Changement climatique et santé de l’INSPQ, Céline Campagna, précise que la question de l’environnement a déjà été abordée, mais cette fois-ci, l’approche est différente.

Plutôt que parler des impacts des changements climatiques selon leurs effets directs, comme les inondations, la chaleur ou le froid, on s'est demandé quels sont leurs effets sur le système respiratoire, sur le système cardiovasculaire, explique Céline Campagna.

Par exemple, les inondations peuvent avoir des effets sur la santé mentale, les vagues de chaleur augmentent le nombre de décès ou de maladies rénales, la glace sur le sol augmente le nombre de fractures.

Les changements brusques de températures en hiver augmentent aussi les risques pour la santé, ajoute Mme Campagna.

Notre corps n'est pas capable de s'ajuster à un changement de 10-15 degrés en quelques jours. Pour les personnes déjà fragilisées, c'est encore plus difficile.

Céline Campagna, responsable du programme Changement climatique et santé de l’INSPQ

L'importance de former la première ligne

Selon l’INSPQ, une diminution de la température hebdomadaire moyenne de 10 degrés Celsius augmente le risque d'hospitalisation ou de décès de 7 %. Une autre étude (Analitis et collab., 2008), citée dans le document, révèle qu'une diminution d'un degré augmente le nombre de décès par maladie respiratoire de 3,3 %.

« Les médecins, mais aussi les infirmières, ce sont les personnes qui sont en première ligne. C’est eux qui doivent informer les patients des précautions à prendre lors de vagues de chaleur ou de périodes de verglas », dit Mme Campagna.

L’Institut recommande donc aux professionnels de la santé d’évaluer l'environnement de leurs patients. Est-ce qu'ils travaillent à l'extérieur? Est-ce qu'ils demeurent dans un logement, près d'une usine, dans un îlot de chaleur? Mme Campagna cite l’exemple de Paul Poirier de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

Lorsqu’il rencontre ses patients, le cardiologue questionne leurs habitudes de vie, mais aussi l’endroit où ils demeurent et dans quel environnement ils travaillent.

Si je travaille dans un environnement où il n’y a pas de fenêtre, c’est bien prouvé qu’il y a plus de signes de dépression. C’est prouvé aussi que si je vais marcher dans un environnement qui est agréable, cela aide à avoir un esprit sain dans un corps sain.

Paul Poirier, cardiologue

Une formation en ligne offerte par l’INSPQ sur le sujet sera par ailleurs lancée à compter du 18 février.

Santé publique

Santé