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Une « petite séduction » à Cowansville pour accueillir des demandeurs d’asile africains

À leur arrivée au Canada, Tracy Akpojotor, son mari et leurs trois enfants se sont tout d’abord installés à Montréal après avoir fui le Nigeria.
À leur arrivée au Canada, Tracy Akpojotor, son mari et leurs trois enfants se sont tout d’abord installés à Montréal après avoir fui le Nigeria. Photo: Radio-Canada / Guylaine Charette
Radio-Canada

La communauté de Cowansville s'est mobilisée pour accueillir une trentaine de demandeurs d'asile – principalement originaires du Nigéria – venus travailler dans la région. L'expérience sera utile pour la suite des choses, car la MRC Brome-Missisquoi espère attirer 10 000 nouveaux résidents au cours des 10 prochaines années.

À leur arrivée au Canada, Tracy Akpojotor, son mari et leurs trois enfants se sont tout d’abord installés à Montréal après avoir fui le Nigéria.

C’est une décision de famille, essentiellement pour notre sécurité, explique la mère de famille, aussi avocate.

Il y a six mois, ils ont pris la direction de Cowansville pour se rapprocher de leur nouveau lieu de travail, chez KDC ONE, à Lac-Brome.

C’était difficile avec la distance, les allers-retours tous les jours de Montréal. On nous a suggéré de déménager dans un petit village plus près du travail. On a fait nos petites recherches dans les environs et on a choisi de s’installer à Cowansville, raconte Mme Akpojotor.

Amandine Nasagarare, originaire du Burundi, a dû elle aussi s'expatrier pour des raisons de sécurité.

On était considérés comme des ennemis de la nation. C'est le nom qu'on donne aux défenseurs des droits de l'homme. On est plus visés, plus menacés, dit-elle.

Amandine NasagarareAmandine Nasagarare Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Mobilisation pour leurs « nouveaux voisins »

Si le déracinement reste douloureux, l'accueil réservé au groupe de demandeurs d'asile, formé de 23 adultes et 11 enfants, a facilité la transition tant au travail qu’au sein de la communauté.

C'est comme une thérapie pour moi. Ça m'aide aussi à oublier toutes les choses que j'ai traversées, avoue Amandine Nasagarare.

La Ville de Cowansville, les organismes, la MRC Brome-Missisquoi ont réagi rapidement quand KDC One a annoncé la venue de ses nouveaux travailleurs.

On n’était pas encore tout à fait organisés pour recevoir des demandeurs d’asile, avoue l’agente de développement à l’immigration à la MRC, Catherine Lizotte.

Avec l’aide de l’organisme SERY, on a ouvert une classe d’accueil pour les enfants. Ensuite, on a contacté différents organismes pour obtenir des meubles. On a reçu énormément de dons, ajoute-t-elle.

J'ai été épatée par la générosité des résidents de Cowansville.

Catherine Lizotte

Un processus d'apprentissage

La Ville de Cowansville a lancé un appel aux propriétaires pour trouver rapidement des logements et a fourni une remorque pour les dons de meubles, mais le défi était de taille

Cette expérience nous a appris qu'on n’a pas les infrastructures, qu’il faut planifier ça, avoir un espace pour les meubles, avoir des listes de loyers vacants, soutient la mairesse de Cowansville, Sylvie Beauregard.

Ils ont un permis de travail, mais ils sont dans une situation très précaire, ajoute Mme Lizotte. Comme c’est le gouvernement fédéral qui s’occupe de ce statut, il n’y a pas vraiment d’argent transmis aux organismes. C’est assez difficile et c’est pourquoi la région s’est organisée. 

Les citoyens ont aussi joué un rôle important dans l'effort d'intégration. Trois bénévoles de l'Église Emmanuel de Cowansville disent déjà apprécier ceux qu'ils appellent leurs nouveaux voisins.

Notre rôle, c’est seulement d’être accueillants, amicaux et ouverts à de nouvelles expériences, estime Gail Mc Ewen, une autre bénévole.

Ils sont adorables, chaleureux. J’ai envie de les serrer dans mes bras et d’ailleurs, je le fais, tous les dimanches, raconte en riant Vicky Duke.

Gail McEwen, Vicky Duke et Margaret Marshall, bénévolesGail McEwen, Vicky Duke et Margaret Marshall, bénévoles Photo : Radio-Canada / Guylaine Charette

Pour Tracy Akpojotor, cet accueil amical lui a donné l'envie de redonner à sa nouvelle communauté.

Nous voulons rendre à la société ce qu'elle nous a donné. Nous voulons faire partie de la société. L'avenir est prometteur, assure-t-elle.

D’après les informations de Guylaine Charette

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