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Le manque de pilotes expérimentés sévit à un moment critique pour l'armée canadienne

Un CF-18 des Forces armées canadiennes.
Le vérificateur général fédéral a signalé en novembre que l'armée ne disposait pas d'un nombre suffisant de pilotes et de mécaniciens pour piloter et entretenir les avions de combat CF-18 du pays. Photo: La Presse canadienne / Jason Franson
La Presse canadienne

Le manque de pilotes expérimentés oblige l'Aviation royale canadienne à faire preuve de discernement entre le maintien d'un nombre suffisant d'aviateurs chevronnés pour former de nouvelles recrues et la direction de missions dans les airs.

Commandant de l'armée de l'air, le lieutenant-général Al Meinzinger a décrit cet exercice délicat lors d'une récente entrevue avec La Presse canadienne, dans laquelle il a également révélé que de nombreux pilotes avaient aujourd'hui moins d'expérience que leurs homologues occupant des postes similaires il y a 10 ans.

Une grande partie du problème peut être attribuée au fait que des pilotes vétérans acceptent des emplois dans le secteur privé de l'aviation ou pour d'autres occasions en dehors de l'armée, obligeant les hauts commandants à jongler avec leurs effectifs d'expérience encore en uniforme.

M. Meinzinger a souligné qu'il y avait des choix difficiles à faire dans un contexte de réduction générale de l'expérience des effectifs, d'où l'importance, selon lui, « de retenir autant de talents que nous le pouvons ».

La résolution des problèmes créés par le manque deviendra particulièrement critique vu la nécessité pour l'armée de l'air d'être prête pour l'arrivée des avions devant remplacer les CF-18.

M. Meinzinger a expliqué que de telles transitions d'un aéronef à l'autre étaient particulièrement difficiles.

L'Aviation royale canadienne doit maintenir le même nombre d'avions dans les airs pour pouvoir exécuter des missions, demander à des aviateurs d'expérience de former de nouveaux pilotes, tout en envoyant ces pilotes chevronnés s'entraîner avec les nouveaux appareils.

Idéalement, vous voulez vous lancer dans ces transitions avec une équipe à 100 % et plus d'expérience que vous ne pouvez jamais imaginer.

Le lieutenant-général Al Meinzinger

Enjeux importants

Le lieutenant-général Al Meinzinger de l'Aviation royale canadienne. Le lieutenant-général Al Meinzinger de l'Aviation royale canadienne estime qu'il y avait des choix difficiles à faire dans un contexte de réduction générale de l'expérience des effectifs. Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Bien qu'il ait bon espoir que les forces armées pourront remédier à la pénurie de pilotes au cours des prochaines années, en particulier en ce qui concerne les responsables de la maintenance des avions de combat du Canada, les enjeux pour y parvenir sont extrêmement élevés.

Le vérificateur général fédéral a signalé en novembre que l'armée ne disposait pas de suffisamment de pilotes et de mécaniciens pour piloter et entretenir les avions de combat CF-18 du pays. Des responsables de l'armée de l'air ont révélé en septembre avoir besoin de 275 pilotes et de plus de mécaniciens et d'autres travailleurs qualifiés pour ses différentes flottes d'aéronefs.

Il est à craindre que le déficit ne s'aggrave en raison de la croissance explosive prévue dans le secteur privé, qui attirerait de nombreux pilotes militaires expérimentés.

L'armée travaille actuellement à un nouveau programme de formation qui permettrait à l'armée de l'air d'augmenter le nombre de nouveaux pilotes formés au cours d'une année donnée lorsque cela est jugé nécessaire, le programme actuel ne permettant d'ajouter qu'un nombre prédéterminé de pilotes.

De nouvelles stratégies de rétention sont en cours de déploiement, notamment un meilleur soutien pour les familles de militaires, une certitude accrue pour les pilotes en termes de progression de carrière et un effort concerté pour les garder dans la cabine de pilotage plutôt que dans les bureaux pour des tâches administratives.

D'autres armées, notamment aux États-Unis, qui sont aux prises avec un manque de pilotes, ont mis en place des primes et d'autres mesures pour conserver leurs effectifs. M. Meinzinger ne s'est pas avancé sur une telle initiative, mais a affirmé que rien n'était exclu.

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