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SNC-Lavalin : Scheer presse Trudeau de lever le secret professionnel

M. Scheer est vu de profil.

Le chef du Parti conservateur Andrew Scheer souhaite que toutes les communications concernant les poursuites au criminel engagées contre SNC-Lavalin soient ouvertes à l'examen du public.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Les allégations d'ingérence du gouvernement fédéral libéral dans les poursuites contre SNC-Lavalin continuent de faire des remous. Le chef conservateur Andrew Scheer a appelé le premier ministre Justin Trudeau à renoncer au secret professionnel, afin que l'ancienne procureure générale Jody Wilson-Raybould puisse s'exprimer publiquement sur cette affaire.

Comme procureure générale, Mme Wilson-Raybould était l’avocate en chef du gouvernement et première conseillère juridique de l’État, qui représente symboliquement le gouvernement dans toutes ses poursuites.

Ayant fait l'objet d'une rétrogradation de ses fonctions le mois dernier, elle a déjà déclaré qu'elle était tenue au silence dans cette affaire par le secret professionnel.

M. Scheer souhaite également que toutes les communications avec le premier ministre ou les membres de son personnel concernant les poursuites au criminel engagées contre SNC-Lavalin soient ouvertes à l'examen du public.

Même son de cloche du côté du chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, en campagne électorale dans la circonscription de Burnaby-Sud.

« Les Canadiens veulent savoir toute la vérité. Je demande à M. Trudeau de renoncer au privilège avocat-client dans le dossier SNC-Lavalin », a-t-il déclaré par communiqué.

Cette demande fait suite à un article du Globe and Mail selon lequel des membres du bureau de M. Trudeau ont exercé des pressions sur Mme Wilson-Raybould pour que les procureurs fédéraux négocient un accord de poursuite suspendue (APS) avec la firme, afin de lui éviter un procès - une requête à laquelle elle aurait refusé d'accéder.

Le géant montréalais de l'ingénierie et de la construction a eu des ennuis en justice en raison d'allégations selon lesquelles il aurait versé des millions de dollars en pots-de-vin pour obtenir des contrats auprès du gouvernement en Libye, ce qui serait un crime aux termes du droit canadien.

Des responsables au sein du gouvernement Trudeau ont reconnu que Mme Wilson-Raybould avait participé à des discussions internes sur SNC-Lavalin, mais ils affirment qu'il n'y a pas eu faute et que M. Trudeau a nié que lui-même ou quiconque dans son bureau ait pu influencer la ministre sur cette question.

En entrevue au Toronto Star, un haut responsable aurait également affirmé que le gouvernement ne plierait pas relativement aux demandes de l’opposition pour que le comité de la justice de la Chambre des communes se rencontre d’urgence pour entendre l’ancienne ministre Wilson-Raybould et des membres du personnel du premier ministre.

« J'ai l'intention de déterminer de façon indépendante si l'étude en comité sur la question serait utile pour les Canadiens [et] les collègues feront de même », a écrit sur Twitter le député libéral Anthony Housefather, président du comité.

De son côté, le nouveau ministre fédéral de la Justice, David Lametti, a jugé qu’il n’était pas nécessaire que le comité procède à ces audiences.

« Tout ce que nous avons entendu, ce sont des allégations dans un journal, a dit M. Lametti au réseau CTV. Le premier ministre a déclaré que ces allégations étaient fausses. Nous n'avons aucune preuve corroborante à ce sujet. Je n'ai rien vu qui puisse justifier une enquête du comité. »

Andrew Scheer a discuté avec SNC-Lavalin

Dans son édition de dimanche, le Toronto Star rapporte que le chef Andrew Scheer a rencontré, il y a huit mois, Neil Bruce, président et chef de la direction de SNC-Lavalin, pour discuter des poursuites qui pèsent sur l'entreprise.

Le chef conservateur a été informé d'un possible APS au cours de cette rencontre qui a eu lieu le 29 mai dernier, indique Brock Harrison, directeur de communication du bureau de M. Scheer, dans un courriel transmis au journal.

Selon lui, SNC-Lavalin cherchait à l'époque à « rencontrer tous les chefs de partis durant les débats sur le budget ».

Dans la mesure où SNC-Lavalin serait reconnue coupable d'une infraction criminelle devant un tribunal canadien, l'entreprise serait bannie pendant au moins 10 ans des appels d'offres fédéraux, ce qui pourrait inciter l'entreprise à s'installer dans un pays où elle aura de nouveau accès à des contrats.

Avec les informations de La Presse canadienne

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