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Les libéraux tirent à boulets rouges sur la réforme caquiste de l'immigration

Un travailleur immigrant
Le gouvernement de la CAQ veut, lui aussi, mieux faire correspondre les nouveaux arrivants aux emplois disponibles. Photo: iStock

« Amateur », voire « inhumain » : les libéraux ne mâchent pas leurs mots lorsque vient le temps de décrire le projet de loi 9 du gouvernement caquiste sur l'immigration, qui a entre autres fait passer à la trappe pas moins de 18 000 dossiers d'immigration en attente.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

Lors d'un point de presse donné dimanche en matinée, la porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière d'immigration, Dominique Anglade, soutient avoir reçu « des centaines » de messages de gens inquiets à la suite de l'annonce de l'annulation de ces milliers de dossiers en attente.

Au total, 40 000 personnes seraient touchées par cette décision du gouvernement Legault.

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), on stipule que la réforme doit permettre de mieux faire correspondre les candidats à l'immigration aux postes disponibles dans les entreprises québécoises.

Le gouvernement espère également pouvoir accélérer le traitement des futures demandes.

« On sous-estime l'impact que cela a sur leur vie aujourd'hui. [...] Est-ce que c'est la meilleure manière de faire? Quand on dit "on veut en prendre moins, mais en prendre soin", comme dit la CAQ, est-ce que c'est vraiment ça, prendre soin du monde? », s'est interrogée Mme Anglade.

Des ressources existent

Par ailleurs, le PLQ estime que le gouvernement a toutes les ressources nécessaires pour traiter les 18 000 dossiers en attente plutôt que de les faire disparaître.

D'autant plus, plaide-t-on, qu'il existe depuis l'été dernier un programme pour mieux jumeler candidats à l'immigration et emplois offerts.

Mme Anglade a aussi invité le gouvernement du Québec à réaffecter les 19 millions de dollars prévus pour le traitement de ces dossiers et rembourser les demandeurs.

Un regroupement d'avocats dénonce également le projet de loi 9 qui permettrait, estime-t-on, de placer de nouveaux arrivants dans une situation « irrégulière ».

« La CAQ n'expulse pas, mais place les gens dans une situation d'irrégularité; 90 jours après cette irrégularité, une mesure d'expulsion peut être implantée, et là, le gouvernement fédéral et l'Agence des services frontaliers va expulser des doctorants, des gens avec des études, des permis? », se demande Guillaume Cliche-Rivard, président de l'Association québécoise des avocats et avocates en droit de l'immigration.

« Vraiment, je pense que cela n'a aucun sens », ajoute Me Cliche-Rivard.

Une « campagne de peur » selon la CAQ

Dimanche après-midi, le ministre québécois de l'Immigration, Simon Jolin-Barrette, a voulu offrir une réponse aux dénonciations du PLQ.

« Cette campagne de peur du PLQ est indigne, a déclaré à Radio-Canada le porte-parole du ministre Jolin-Barrette. Il est malhonnête et mensonger de laisser sous-entendre que des gens devront quitter le Québec à la suite de l'adoption du projet de loi 9. »

Le porte-parole a souligné que le projet de loi ne modifie pas le statut des personnes vivant au Québec avec un permis de travail fédéral.

« Ce qui a manqué d'humanité, c'est l'inaction libérale », ajoute-t-il.

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