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L'Union paysanne veut faire pousser la relève agricole

Un homme ramasse des légumes dans un champ.
L'Union paysanne est constituée en tant que syndicat agricole citoyen. Photo: Radio-Canada

Difficile pour ceux qui rêvent de démarrer une exploitation agricole de réaliser leurs ambitions. La valeur des terres, les règles gouvernementales et l'omniprésence de l'agriculture industrielle découragent bon nombre d'agriculteurs de se lancer dans l'aventure, déplore l'Union paysanne, réunie en congrès, samedi, à Québec.

« La question de l'accès à la terre, c'est majeur », lance le président de l'Union paysanne, Maxime Laplante, en marge du congrès.

Selon lui, la difficulté d'acheter une propriété agricole prend de l'ampleur. Il cite de nombreux cas entendus lors du congrès.

On aimerait avoir une terre, mais on n'a pas le droit parce qu'on n'est pas agriculteur à temps plein, donc on nous interdit d'acheter une terre. Ou encore: on a une terre et on n'arrive pas à construire notre maison dessus, parce qu'on n'a pas encore l'agriculture comme occupation principale. Moi, je travaille à telle place, mon épouse aussi. On voudrait commencer tranquillement, mais c'est interdit, affirme M. Laplante, en rapportant les paroles de plusieurs aspirants-agriculteurs.

Ce que veulent les gens, c'est l'accès à la terre, l'accès au droit de produire et l'emploi. Que ce soit au Brésil, en Asie ou ici, ce sont les mêmes demandes.

Maxime Laplante, président et cofondateur de l'Union paysanne

Le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) semble pourtant avoir des objectifs semblables à ceux de l'Union paysanne.Attirer et consolider une relève agricole compétente, soutenir l’établissement de la relève, mettre au point de nouveaux modèles pour y arriver et développer l’entrepreneuriat chez les jeunes constituent des défis identifiés par le MAPAQ pour les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et de la Côte-Nord.

Production industrielle

Selon le maraîcher Gabriel Leblanc, de Rimouski, les règles gouvernementales en vigueur ont tendance à favoriser la production à grande échelle, au détriment des plus petits producteurs.

Il faut qu'il y ait un appui des gouvernements pour nous permettre nous, en tant que maraîchers, de vendre à des prix qui sont abordables, suggère Gabriel Leblanc.

Selon lui, les politiques agricoles favorisent la grande exploitation. Or, les investissements requis pour satisfaire les exigences de modèle découragent bon nombre d'agriculteurs.

On se retrouve confronté à un système industriel de production qui, avec des économies d'échelle, se permet de vendre des produits à des prix vraiment bas.

Gabriel Leblanc, maraîcher

La gouvernance, c'est une trame de fond, ajoute Maxime Laplante, qui croit lui aussi que les politiques agricoles pourraient être améliorées.

Les récoltes sont au rendez-vous des maraîchers du Bas-Saint-Laurent.Les récoltes de maraîchers du Bas-Saint-Laurent Photo : Radio-Canada

Produire plus, payer moins

L'Union paysanne milite aussi pour le droit de produire davantage sans devoir payer pour des quotas.

En octobre, l’Union demandait à la Régie des marchés agricoles qu’un agriculteur puisse élever 2000 poules, 300 dindons et 300 poules pondeuses sans avoir à payer un droit de produire. Actuellement, les productions artisanales, hors quota, doivent se limiter à 24 dindons, 100 poulets et 99 poules pondeuses.

Cette nouvelle approche permettrait, selon Maxime Leblanc, de fournir un revenu d'appoint aux agriculteurs débutants.

Le Québec est absolument restrictif, infiniment plus que partout dans le reste du pays, déplore-t-il. Les filières de l'UPA contrôlent les quotas de production pour le lait, les œufs, la volaille, le lapin, le sirop. Tout est fermé pour la relève.

La Régie des marchés agricoles répondra aux suggestions de l'Union paysanne d'ici quelques semaines, selon M. Leblanc.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Agriculture