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Gilets jaunes : Paris veut réviser sa doctrine de maintien de l’ordre

Un membre des forces anti-émeutes portant un lanceur de grenades de gaz lacrymogène à Paris lors d'une manifestation des gilets jaunes.
Un membre des forces antiémeutes portant un lanceur de grenades de gaz lacrymogène à Paris lors d'une manifestation des gilets jaunes. Photo: AFP / ZAKARIA ABDELKAFI
Reuters

Les autorités françaises envisagent de changer la doctrine de maintien de l'ordre face à l'« ultra-violence », à la suite du treizième acte des gilets jaunes samedi à Paris, marqué par de graves blessures de manifestants.

La journée de hier a été marquée par une baisse de la mobilisation des gilets jaunes, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, avec quelque 51 400 personnes en France, dont 4000 à Paris, contre 58 600 et 10 500 respectivement samedi dernier.

Un manifestant a eu quatre doigts sectionnés, semble-t-il par l'explosion d'une grenade, lors de heurts avec les forces de l'ordre devant l'Assemblée nationale en milieu de journée.

« Je sais que l'opération a été longue ce matin, parce c'est un travail très méticuleux, et c'était une blessure grave qu'évidemment je regrette; je pense d'abord à lui », a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner aux journalistes de France Inter, Franceinfo et Le Monde.

« On a déclenché immédiatement une enquête judiciaire pour comprendre ce qui s'est passé », a-t-il ajouté.

« Les gendarmes se sont retrouvés encerclés face à une foule très hostile, et ils ont voulu se désencercler et un manifestant [...] a voulu prendre dans la main cette grenade et elle a explosé », a-t-il dit.

Reconnaissant des « anomalies », le ministre de l'Intérieur a souligné que 133 plaintes avaient été déposées pour des incidents impliquant les forces de l'ordre.

Il y a 133 enquêtes précises qui sont placées sous l'autorité d'un magistrat, qui sont conduites, je souhaite qu'elles aillent vite.

Christophe Castaner, ministre français de l'Intérieur

Changer la doctrine

Le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner. Le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner. Photo : Getty Images / LUDOVIC MARIN

Christophe Castaner s'est par ailleurs prononcé pour une éventuelle révision de la doctrine nationale d'emploi des forces de l'ordre dans les manifestations, à l'image du changement de stratégie opérée à Paris après le saccage de l'Arc de Triomphe le premier décembre.

Depuis quelques années, l'ultra-violence entre dans toutes les manifestations [...]. Cette violence-là nous amène à reconsidérer notre doctrine.

Christophe Castaner, ministre français de l'Intérieur

Le ministre a défendu par ailleurs l'adoption cette semaine à l'Assemblée nationale de la loi « anticasseurs » jugée liberticide par ses détracteurs, pour laquelle cinquante députés de la majorité se sont abstenus et qui instaure notamment une interdiction administrative de manifester.

« Ça n'est pas une loi de circonstance », a dit M. Castaner au sujet du texte. « Je préfère avoir des contradicteurs plutôt que des casseurs dans la rue », a-t-il ajouté.

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