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Violents combats dans l'ultime place forte de l'EI en Syrie

Un combattant de l'État islamique ouvre le feu contre des membres des Forces démocratiques syriennes.

Les Forces démocratiques syriennes livrent un assaut « final » contre les troupes de l'État islamique.

Photo : Associated Press

Agence France-Presse

De violents combats opposent dimanche en Syrie l'alliance arabo-kurde soutenue par Washington aux jihadistes du groupe armé État islamique (EI), au lendemain du lancement de l'assaut « final » pour mettre un terme au « califat » autoproclamé de l'EI.

Après une montée en puissance fulgurante en 2014 et la conquête de vastes régions en Syrie et en Irak, les jihadistes sont aujourd'hui acculés sur un territoire de quatre kilomètres carrés, dans la province orientale de Deir Ezzor.

La « bataille finale » a été annoncée samedi par les combattants kurdes et arabes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus par une coalition internationale antijihadiste emmenée par Washington.

Dimanche, des affrontements ont lieu dans cet ultime secteur, a indiqué à l'AFP un commandant des FDS sur le terrain.

Il y a de violents combats. Nous avons donné l'assaut et nos hommes avancent.

Un commandant des Forces démocratiques syriennes

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé l'existence de « violents combats », signalant des tirs d'artillerie et des raids aériens de la coalition contre des positions de l'EI.

Confrontés à cet assaut, les jihadistes – entre 500 et 600, selon les FDS – se retrouvent pris en tenaille près de la frontière irakienne, totalement bouclée.

Les combattants des FDS ont lancé leur offensive depuis le village syrien de Baghouz, repris quasi intégralement fin janvier. De l'autre côté de la frontière, des canons des artilleurs français sont prêts à tirer, l'armée française faisant partie de la coalition internationale.

Les derniers irréductibles de l'EI sont « principalement » des étrangers, a assuré à l'AFP un porte-parole des FDS, Mustefa Bali, ajoutant que plusieurs centaines de civils se trouveraient encore dans l'ultime réduit jihadiste.

La bataille sera terminée dans les jours à venir.

Mustefa Bali, porte-parole des FDS
Le général français Jean-Marc Vigilant (gauche) et la ministre de la Défense Florence Parly discutent avec des soldats français sur le terrain, en Syrie.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La France a dépêché des troupes pour vaincre les reliquats du groupe armé État islamique en Syrie.

Photo : AFP / Daphné Benoît

Une affaire déjà réglée?

Le dernier carré jihadiste représente désormais moins de 1 % du « califat » autoproclamé par l'EI, qui s'étalait autrefois sur une superficie similaire à celle de la Grande-Bretagne, a indiqué jeudi la coalition.

Le président américain Donald Trump a lui-même pronostiqué il y a quelques jours une victoire imminente contre l'organisation ultraradicale, estimant qu'une « annonce formelle » pouvait intervenir « dès la semaine prochaine ».

Anticipant déjà en décembre une défaite de l'EI, M. Trump avait annoncé le retrait à venir des quelque 2000 soldats américains déployés en Syrie.

Au sein de la coalition internationale, des troupes françaises sont à l'œuvre de l'autre côté de la frontière, en Irak.

Au pied des trois canons Caesar bariolés de vert et noir, d'une portée de 40 km, sont alignés 180 obus de 155 mm prêts à l'emploi (explosifs, fumigènes, éclairants), a pu observer une journaliste de l'AFP.

« La fin est proche », a lancé samedi la ministre française des Armées, Florence Parly, en déplacement auprès des troupes françaises.

« Les terroristes sont sans chef, sans communication, dans le désordre de la déroute. Alors, achevez ce combat », a-t-elle lancé à la quarantaine de militaires français cohabitant avec une centaine de soldats américains sur ce petit poste avancé, à proximité de la ville-frontière d'Al-Qaïm.

Un mystère n'a toutefois toujours pas été percé, alors que l'EI est sur le point d'être rayé de la carte : où est son chef, le « calife » Abou Bakr al-Baghdadi?

Donné pour mort à plusieurs reprises, un message audio qui lui a été attribué a été diffusé en août dernier sur la messagerie Telegram via des comptes pro-EI.

« Jusqu'à maintenant, nous n'avons pas d'informations sur une présence de Baghdadi en Syrie, et nous ne pensons pas qu'il se trouve en Syrie », a déclaré samedi M. Bali à l'AFP.

Un groupe toujours dangereux

Malgré les revers, le groupe ultraradical, responsable de multiples exactions, parvient toujours à mener des attentats meurtriers, dont des attaques suicide. Il a également revendiqué des attentats à l'étranger, notamment en Occident.

Les FDS avaient lancé en septembre leur offensive contre la dernière poche jihadiste, prenant les unes après les autres les localités tenues par l'EI.

Les combats ont tué plus de 1200 jihadistes, contre plus de 670 combattants des FDS et plus de 400 civils, selon l'OSDH.

Plus de 37 000 personnes ont en outre fui le secteur depuis décembre, principalement des familles de l'EI, mais aussi environ 3400 jihadistes ayant rendu les armes, d'après l'ONG.

Désormais, des centaines d'étrangers, dont des femmes et des enfants, se trouvent aux mains des FDS. Ces derniers réclament leur rapatriement vers leur pays d'origine, mais les pays occidentaux sont réticents.

Outre son ultime réduit dans l'Est syrien, l'EI n'a plus que des combattants dispersés dans le vaste désert qui s'étend du centre du pays à la province de Deir Ezzor.

Selon des experts, l'EI a entamé sa mue en organisation clandestine en se cachant dans le désert ou en développant des « cellules dormantes ».

Déclenché en 2011, le conflit en Syrie a fait plus de 360 000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

Syrie : l'engrenage de la guerre

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